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1 journée de travail sur 5 en chômage temporaire

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1 journée de travail sur 5 en chômage temporaire

En mars 2020, une moyenne de 20% du nombre total de journées de travail ont été passées en chômage temporaire pour cause de force majeure. C’est ce que constate Acerta sur base du calcul des salaires de mars de plus de 20.000 employeurs.

Parmi les travailleurs mis pour cette raison au chômage temporaire, plus de la moitié n’ont même plus pu travailler une seule journée lors de la dernière semaine de mars. Chez les ouvriers placés en chômage temporaire, plus de 60% se sont retrouvés dans cette situation tous les jours de la semaine. Mais le chômage temporaire frappe aussi durement les employés : parmi ces derniers placés en chômage temporaire pour force majeure lors de la semaine 13 (du 23 au 29 mars), plus de 50% se sont retrouvés sans travail pendant toute la semaine. 
 
Amandine Boseret, juriste au sein du centre de connaissances d’Acerta : « Pour leurs ouvriers, les employeurs devaient déjà établir avant cela que leurs activités étaient entravées par la crise du coronavirus. Certains étaient déjà sur le chômage économique temporaire, qui est passé fin mars à du chômage économique temporaire pour cause de force majeure. Pour les employés, le processus a été différent : avant l’assouplissement des règles, l’employeur devait lancer une lourde procédure pour recourir au chômage temporaire pour ses employés. On voit d’ailleurs dans les chiffres que le nombre d’employés pour qui le chômage temporaire pour force majeure a été invoqué a doublé à partir de la semaine 13. Et les deux premiers jours de la semaine 14 (les 30 et 31 mars) laissent penser qu’on va recourir à ce régime pour encore plus d’employés, dans un avenir proche. »
 
Chômage temporaire Semaine 12 Semaine 13 Semaine 14
Tous 10,6%

20,6%

20,9%
Ouvriers 30% 51,9% 51,9%
Employés 6,3% 13,8% 14,8%
Tableau 1 : Pourcentage du nombre de journées de travail pour lesquelles le chômage temporaire est demandé

Les travailleurs de plus en plus concernés par le chômage temporaire pour force majeure

Alors que pour la semaine 12 (du 16 au 22 mars), 24 % des travailleurs ont été placés en chômage temporaire pour au moins une journée, cette proportion a grimpé à plus de 33 % lors de la semaine 13 (du 23 au 29 mars). Amandine Boseret : « Nous nous attendons même (surtout en ce qui concerne les employés) pour début avril à une nouvelle augmentation du nombre de travailleurs pour qui le chômage temporaire s’applique. »
 
Semaine Journées de chômage temporaires/semaine % de chômeurs temporaires % d’ouvriers en chômage temporaire % d’employés en chômage temporaire

12

12

12

12

12

1 jour

2 jours

3 jours

4 jours

5 jours

14,23%

25,59%

26,17%

13,08%

20,93%

13,31%

26,01%

23,52%

13,31%

23,85%

15,51%

24,99%

29,68%

12,87%

16,95%

13

13

13

13

13

1 jour

2 jours

3 jours

4 jours

5 jours

5,96%

9,34%

11,59%

15,80%

57,31%

4,60%

5,46%

9,59%

16,40%

63,95%

7,37%

13,33%

13,58%

15,22%

50,50%

Tableau 2 : Nombre de jours/semaine de chômage temporaire, semaines 12 et 13
Amandine Boseret : « Le pourcentage de travailleurs qui n’ont pas travaillé pendant toute la semaine à la fin mars pour cause de chômage temporaire est en réalité encore plus élevé que ce qu’indiquent les chiffres mentionnés. En effet, pour celles et ceux qui travaillent à temps partiel, un plus petit nombre de journées de chômage temporaire peut aussi signifier qu’ils n’ont pas pu travailler de toute la semaine. » 

Déséquilibre sur le marché de l’emploi

Pendant cette période exceptionnelle de force majeure liée au coronavirus, on constate également un déséquilibre sur le marché du travail. Amandine Boseret poursuit  : «  certains secteurs manquent de main-d’œuvre alors que d’autres se retrouvent au chômage temporaire. Cela donne aussi lieu à des initiatives exceptionnelles d’employeurs et de travailleurs qui évitent le chômage économique en essayant de rester actifs via une autre activité, par exemple en passant à une production de masques et de respirateurs. D’autres ‘partagent’ leurs travailleurs avec des employeurs qui ont besoin d’aide en raison d’un pic de travail. Ce dernier cas de figure est notamment possible au travers d’un contrat employeurs multiples. Des travailleurs ont alors l’opportunité de décider d’aller travailler de manière temporaire chez un autre employeur en mesure de continuer à produire. » 
 

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