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Anciens entrepôts urbains à Bruxelles, plus que des lieux de stockage

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Anciens entrepôts urbains à Bruxelles, plus que des lieux de stockage

La façade de l’entrepôt de textile des Etablissements I. & M. Blum en cimorné, un mot-valise pour ciment et orné. Ce revêtement de l’entre-deux-guerres et typiquement belge est un enduit au ciment sur lequel on projette, alors qu'il est encore frais, de la marbrite concassée.

© Eberlin - Brunetta MRBC-MBGH

Si Bruxelles apparaît aujourd’hui comme une capitale administrative peuplée de bureaux, elle fut longtemps la première ville industrielle de Belgique. En témoignent nombre d’entrepôts urbains remarquables, anciennes «cathédrales de la modernité», et indispensables au commerce et à l’industrie.

Malgré leur robustesse architecturale, ils constituent aujourd’hui un patrimoine fragile. A l’instar d’autres villes européennes, la Région bruxelloise est en effet marquée par la désindustrialisation de sorte que de nombreux entrepôts ont perdu leur fonction d’origine et ont souvent subi d’importantes transformations au cours du XXe siècle. Certains ont disparu ou sont menacés, notamment en raison de la pression démographique et de la rapidité et de l’intensité avec lesquelles s’opère le réaménagement urbain. En dépit des démolitions, il subsiste néanmoins à Bruxelles un ensemble riche et diversifié d’anciens entrepôts.

Remise en lumière

Heureusement, ces bâtiments commencent à susciter l’intérêt des architectes et ingénieurs. Le numéro 117 de Brussels Studies présente le résultat des investigations menées à Bruxelles par Marianne De Fossé, ingénieure civil et architecte au Département de Génie architectural de la Vrije Universiteit Brussel (Vub). Un examen fouillé de documents d’archives et des observations inédites sur le terrain, portant sur des entrepôts du XIXe et du XXe siècles situés dans le centre historique de Bruxelles, là où furent implantées les premières zones industrielles aux alentours de la Senne et des quais, ont permis de remettre en lumière 80 entrepôts démolis ou existants.

Bière et textile

Il ressort clairement de l’analyse que ces entrepôts n’avaient pas tous une apparence ordinaire. Ceux consacrés à la bière et au textile, par exemple, étaient spécialement conçus pour représenter l’entreprise. Le choix des matériaux de construction utilisés ne tenait pas uniquement à des considérations économiques et aux nouvelles tendances technologiques, mais était en lien étroit avec la nature de la marchandise vendue. La connaissance des logiques constructives et du mode d’utilisation de ces bâtiments est donc un préalable indispensable à leur préservation, rénovation et reconversion.

L’étude aussi intéressante que complète se trouve sur le site https://brussels.revues.org.

 

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