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Baromètre de la filière bois

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Baromètre de la filière bois

Les pellets en phase hivernale habituelle.

Chaque trimestre, l’Office économique wallon du bois publie son baromètre de l’activité au sein de la filière bois. Il propose un tableau récapitulatif par sous-secteur et des indications de conjoncture glanées auprès des professionnels wallons.
Quatre éléments ont marqué le 4e trimestre 2018: l’arrivée massive d’épicéas scolytés ayant perturbé le marché des résineux, l’accélération du phénomène de démondialisation, l’entrée en phase hiverbale des pellets, avec une demande et des prix à la hausse et enfin, l’impact persistant de la peste porcine africaine sur l’activité des entreprises dans la zone concernée. Aperçu des tendances.

Prix du chêne et produits de scierie

Le prix du chêne semble continuer sa progression sous la pression du marché interne et de la grande exportation. Cette tendance encourage maintenant les propriétaires particuliers à vendre davantage. L’offre privée est donc en augmentation et vient progressivement compenser une offre plus faible en forêts publiques. Néanmoins, la concurrence avec l’exportation fait grimper les prix. Et les lots de bois n’en restent pas moins difficilement accessibles aux scieurs locaux.
La demande en produits de scierie est stable. Les prix des sciages progressent encore, mais pas aussi rapidement que les prix de la matière première. Le marché des produits connexes se tasse en raison de la quantité de matière première offerte sur le marché, suite à l’arrivée des résineux scolytés et à la baisse notable de la demande des fabricants de panneaux, dont la production diminue. Le hêtre enregistre un léger regain de marché, sans doute à attribuer à une exportation soutenue.


Résineux

Pour les résineux, impossible d’ignorer les énormes perturbations de marché engendrées par l’arrivée massive d’épicéas scolytés. Le volume de bois scolytés en forêt wallonne atteindrait les 500.000 m³. Ces bois se vendent moins cher que les bois sains et ont entraîné ces derniers dans leur descente, puisqu’une baisse de l’ordre de 20 à 30% du prix est enregistrée pour les bois sains. Néanmoins, les scieries ont besoin de bois sains pour honorer certains marchés et les beaux gros bois ont vu leur prix se stabiliser, voire repartir à la hausse en fin de période de vente. Le principal souci réside dans le fait que les bois scolytés wallons ne sont pas les seuls sur le marché. C’est tout le marché européen qui est inondé de scolytés allemands, autrichiens et tchèques notamment, où les chablis ont été importants en 2018.


Gestion forestière

En matière de gestion forestière et de choix sylvicoles pour l’avenir, les conséquences du changement climatique, bien visibles dans nos forêts, rendent le travail des forestiers très difficile. Il n’est plus une seule essence courante qui ne soit accompagnée de son florilège d’organismes macro ou microscopiques ravageurs. A quelle essence se vouer pour envisager l’avenir et passer au travers des problèmes phytosanitaires des prochaines décennies? Une question qui reste malheureusement pour l’instant sans réponse et qui préoccupe nombre de professionnels du secteur, gestionnaires comme transformateurs.


Sciages résineux

La demande en sciage résineux local est stable et les prix se maintiennent pour les bois qui ne présentent pas de marques de bleuissement provoquées par des champignons accompagnant les scolytes. Ce qui est d’autant plus vrai pour les petites et moyennes scieries encore capables de scier des gros bois pour lesquels les rendements en bois sains (présentant uniquement du bleuissement sans échauffures) s’avèrent encore acceptables. La demande à l’exportation est stable, voire en léger recul, et les prix suivent la même voie. Le marché allemand montre quelques signes de morosité, tant en interne que vis-à-vis de ses clients extérieurs dans la zone euro. La politique économique des Usa et ses taxes douanières génèrent beaucoup d’incertitude de la part de la première puissance économique européenne. Même chose en France, où viennent s’ajouter les blocages et mouvements sociaux, la baisse des aides publiques dans la construction, notamment au niveau du Ptz (prêt à taux zéro), etc.

La guerre tarifaire entre la Chine et les Usa impacte également les marchés européens. Et la difficile parité dollar-euro complique la donne. En ces lendemains de crise, certains parlent déjà d’un phénomène de démondialisation, présent déjà depuis quelques années, mais qui aurait tendance à s’accélérer. Il trouve ses origines dans le manque de rentabilité des investissements à l’étranger (investissements dans les usines étrangères et implantation de filiales ou usines dans un autre pays que le sien), dans la réduction de certains avantages comparatifs, salariaux et/ou fiscaux, et surtout, dans les effets anticipés des mesures protectionnistes aux Usa, puis en réaction, en Europe et en Asie (Le Monde, 7 juin 2018). Plus près de chez nous, le Brexit et ses conséquences s’ajoutent à ces incertitudes auxquelles les entreprises et l’économie restent très sensibles.


Connexes, panneaux et pellets


La demande en connexes est stable, tout comme les prix, à l’exception de certains produits comme les sciures pour lesquelles le prix est à la hausse. Un scénario qui s’explique par la baisse d’activité hivernale des scieries, couplée à la demande accrue en sciure pour la production de pellets.
S’agissant des panneaux de fibres, l’offre en matière première en bois rond est à la hausse et les prix en baisse. En effet, beaucoup de bois scolytés sortent actuellement des forêts, dont une part importante de bois de trituration. Le marché du panneau est en baisse et plus particulièrement le panneau de fibres à haute densité. Les écorces sont difficiles à écouler en cette période hivernale au vu de leur qualité (humidité).

La demande en pellets et leur prix suivent leur tendance saisonnière à la hausse. La demande et le prix des écorces sont à la baisse.


Peste porcine

Impossible également de clôturer ce baromètre sans évoquer la crise de la peste porcine africaine qui touche le sud de la province de Luxembourg, à la frontière avec la France, ajoute l’Office économique wallon du bois. Des mesures ont été prises pour éviter la propagation du virus, entraînant des fermetures d’accès à la forêt pour les professionnels du secteur. Cette situation fragilise fortement les entreprises locales, voire d’autres, qui ont leur zone de chalandise en partie ou en totalité sur le territoire concerné. Inactivité, perte de matière sur pied en raison des scolytes, perte de matière sur coupes, immobilisation de cautions et frais bancaires, autant d’éléments qui mettent à mal les Pme locales. Des mesures de soutien devraient intervenir prochainement pour les entreprises du secteur concernées.
 

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