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Big is beautiful

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En matière d'habitat, le rêve absolu consiste pour la plupart d'entre nous à acquérir une maison individuelle, si possible 4 façades. Et, mieux encore, à la campagne ou, à tout le moins, à l'écart des centres urbains perçus comme pollués, embouteillés, dangereux,' Bref, peu agréables du point de vue de la qualité de vie. Logique' mais totalement aberrant dans le contexte de la crise énergétique et environnementale à laquelle nos sociétés doivent faire face. Par ailleurs, l'extension des lotissements n'est pas viable car trop coûteuse en terrains ' de plus en plus rares ' mais également en énergie. De fait, dès qu'on s'éloigne des villes, la quasi-totalité des déplacements nécessitent l'usage d'un véhicule. C'est ainsi que, pour de nombreux architectes et urbanistes, la solution la plus efficace et la plus économique passe par un retour' à l'habitat collectif et urbain.

Dans une tribune publiée le 6 octobre dernier dans le journal Libération, l'ingénieur-architecte français Cyril Hanappe affirmait que les «grands ensembles», si décriés, avaient toute leur place dans l'espace urbain du futur. Un fameux pavé dans la mare tant ces grands ensembles souffrent d'une mauvaise réputation. Moches, dégradées, mal conçues, déshumanisées,ure les grandes tours ou barres d'immeubles à appartements demeurent marquées par le poids des images et des stéréotypes. Il est un fait que la médiocrité de certains programmes immobiliers construits à la va-vite pendant les années 1960-1970 a longtemps provoqué le rejet indifférencié de tous les grands ensembles. Pourtant, ce serait sans doute la solution la plus adéquate pour faire face à l'essor démographique et résorber l'habitat insalubre, notamment à Bruxelles. En Europe, 73% de la population vit actuellement en milieu urbain. Une proportion qui ne devrait faire que croître dans les années à venir. Dès lors, nul doute que l'habitat urbain se déclinera en hauteur ' et en largeur. Pas nécessairement une mauvaise chose. A condition de redéfinir le concept. Bien pensés dès l'origine en termes d'orientation, d'exposition au vent et d'espaces, avec des appartements bien éclairés et fonctionnels, de grands ensembles pourraient non seulement satisfaire aux nouvelles exigences environnementales et énergétiques, mais également aux nouvelles formes de vie souhaitées par les populations urbaines en renouvellement. Les façades en béton lisse sont faciles à isoler et offrent un excellent support à des expressions architecturales renouvelées, les toitures-terrasses sont à même d'accueillir panneaux solaires et éoliennes domestiques, et on peut aussi envisager la création d'espaces communs pouvant permettre l'aménagement de jardins partagés. Des éco-quartiers urbains en quelque sorte.

Adie Frydman

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