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Bim: nouvelles frontières

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Le Bim (Building Information Modeling ou, en français, la maquette numérique) a ceci de paradoxal que beaucoup de monde en parle (voir notre numéro spécial du 15 juillet dernier), qu'il fait l'objet d'une panoplie de colloques, conférences et présentations tout en restant une notion abstraite, voire floue pour bon nombre de professionnels de la construction. Le fait que le Bim soit porté aux nues par les uns ou suscite la méfiance des autres n'ajoute pas à sa limpidité. Pourtant, les acteurs informatiques s'activent à rendre leurs solutions plus conviviales, plus performantes et plus intégrées. De plus, les entreprises de construction travaillent avec des solutions informatiques 3D depuis belle lurette. La filière bois par exemple est rompue à l'exercice depuis longtemps. Dès lors, les réticences viendraient plutôt du fait que le Bim bouscule les méthodes traditionnelles de travail, change les outils et les processus, bref repousse les limites entre le numérique et le physique en faisant la part belle au tout connecté. En fait, le Bim est bien plus un processus collaboratif qu'une «simple» représentation tridimensionnelle étoffée d'un bâtiment, précise-t-on chez Autodesk. Qui ajoute qu'il permet de mettre à jour, simultanément pour tous les intervenants d'un chantier, les plans en temps réel et offre une quantité impressionnante d'informations qui permettent d'éviter des erreurs et de décider plus rapidement.

Un point que personne ne conteste, mais qui suscite justement le scepticisme de certains responsables de chantiers. Autrement dit, ces échanges permanents et intensifs ne sont pas toujours compatibles avec la vie du chantier. Les outils informatiques, les connexions, les serveurs risquent de ne pas suivre. L'immédiateté n'est pas toujours possible et la compatibilité entre les systèmes des différents intervenants n'est pas assurée. De plus, utiliser le Bim nécessite beaucoup de travail de formation, de coordination et de temps (même si c'est pour en gagner par la suite) et, donc, d'argent. Un surcoût qui doit être pris en charge par'' Les avis divergent.

A ce jour et chez nous en tout cas, le Bim a également une image d'outil élitiste réservé aux gros projets et cantonné à la conception-construction. Ce que nient ses défenseurs qui soulignent son utilité lors des phases d'exploitation et de maintenance d'un bâtiment ou d'une infrastructure.

Certains pays, comme la Grande-Bretagne, la Finlande, la Norvège, le Danemark ou les Pays-Bas, ont en tout cas une solide longueur d'avance en la matière, preuve que la maquette numérique doit être démystifiée. Il est vrai que ces pays sont également aiguillonnés par les pouvoirs publics qui encouragent, voire imposent, le recours au Bim pour leurs projets.

Qu'on le veuille ou non, le train de la digitalisation de la construction est lancé et semble inéluctable. L'important, pour les professionnels, sera de ne pas rester à quai.

Françoise Genicot

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