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BIM, Pme et Tpe, une valse harmonieuse en 3 temps?

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BIM, Pme et Tpe, une valse harmonieuse en 3 temps?

© Archipad

Le BIM égrène ses notes avec un tempo de plus en plus soutenu dans le monde de la construction. Mais aujourd’hui, seules les grandes entreprises sont-elles prêtes à entrer dans la danse ou les Pme/Tpe peuvent-elles, elles aussi, entamer un pas de deux avec ces logiciels qui peuvent s’apparenter à une partition d’orchestre?

BIM

Voici la 3e fournée de notre série de 4 articles consacrés au BIM, la maquette numérique pour les puristes, en lien avec le Meeting BIM que nous organisons le 8 juin prochain. Place, cette semaine, au point de vue des Pme.

Michel Koning, administrateur délégué de CBRS (Compagnie Belge des Revêtements de Sol), dont les Parqueteries Louis De Waele, à Bruxelles, a une approche pour le moins réaliste et lucide du duo BIM/Pme. Et pour cause, sa solide expérience à la tête d’une Pme et son Adn entrepreneurial, tout comme son implication dans la Fedecom, le cluster des entreprises complémentaires au sein de la Confédération Construction, lui permettent de poser les bonnes questions. En effet, la question n’est pas de savoir si oui ou non il faut prendre le train du BIM, mais bien de savoir comment ne pas rester à quai quand on fonctionne avec une petite, voire très petite structure. «Le BIM est une évidence aujourd’hui, plus personne ne nie qu’il est incontournable dans la construction, mais il s’agit d’accrocher son wagon à ce train car le processus du BIM va très loin dans la réalisation d’un bâtiment. Il faut donc les compétences humaines et techniques qui l’accompagnent», explique M. Koning. Sans oublier que les Pme doivent faire tourner leur outil et suivre des formations liées à leur métier proprement dit, ce qui prend déjà beaucoup de temps. Néanmoins, le succès du BIM repose, par essence, sur le partage des informations et donc, sur la participation de tous les acteurs d’un chantier. Il serait donc contre-productif de laisser les plus petits en rade. Compte tenu de leur structure, de leurs moyens et de leur environnement de travail, il s’agit de les aider et de les laisser avancer à leur rythme dans leur démarche «bimique».

BIM road-show

Cette aide ne viendra certes pas des grands acteurs du secteur, même si la maquette numérique fait partie de leur quotidien. Paradoxalement, en l’espèce, l’humeur n’est pas au «partage» pour diverses bonnes et moins bonnes raisons. Dès lors, les Pme se tournent vers les fédérations professionnelles ou autres organismes représentatifs. Et l’attente est bien réelle, confirme M. Koning. En tout cas, les choses bougent. M. Koning cite par exemple la mise sur pied d’une équipe BIM au sein de la Confédération Construction. Ce groupe de travail planche notamment sur la réalisation d’une feuille de route et sur des formations au digital, sur l’encadrement des utilisateurs, sur le coût, loin d’être anodin, et sur l’achat des programmes ad hoc. La Confédération Construction Wallonne (Ccw) a, elle, élaboré un plan d’actions en vue de sensibiliser les entreprises du secteur de la construction à la transition numérique (voir La Chronique n°18 en page 8). Parmi elles, un road-show Construction 4.0 à travers toute la Région. Le Cstc a également son comité BIM.

En amont

«Mais un travail en amont est aussi nécessaire, autrement dit, dans les écoles. Bon nombre de jeunes sont attirés par les métiers technologiques», le BIM offre une belle occasion de faire d’un clic deux coups: confirmer le virage et l’image technologiques de la construction et attirer les jeunes vers le secteur. Encore faut-il que les formations et les profs suivent.

Finalement, les petites entreprises éprouvent des sentiments mitigés par rapport au BIM. Tout en étant conscientes de son caractère inéluctable et en se montrant ouvertes d’esprit et curieuses de cette évolution, elles manifestent malgré tout une certaine crainte de rester sur la touche. Ceci dit, les apports positifs du BIM – gain de qualité, facilitation, communication, etc. -    l’emportent sur les craintes. Le passage au numérique suppose des changements d’habitudes et dope la capacité à se remettre en question. L’arrivée, en son temps, du télémètre laser, de l’ordinateur, du smartphone a eu le même effet, mais ils ont conquis le terrain aujourd’hui. Il en ira de même du BIM, selon M. Koning.

Son entreprise n’est pas encore directement concernée par des projets BIM, mais reste évidemment aux taquets. Et elle sait de quoi elle parle. Pour l’anecdote, les anciens racleurs de parquets utilisaient des tessons de bouteilles pour racler le bois. L’irruption des rabots et autres machines plus perfectionnées a, elle aussi, nécessité une remise en question qui s’est finalement soldée par l’adhésion générale.

Pour conclure, Michel Koning est bel et bien convaincu que le BIM est une évolution technologique majeure dans la construction. Encore complexe aujourd’hui, elle ne pourra que se simplifier au fil du temps. Et qui dit simplification, dit accès plus large. Bref, le BIM doit faire son chemin chez nous. Il sera sans doute plus ardu pour les Pme et Tpe, mais il importe que chacun ait la possibilité de le parcourir à son propre tempo. Et une fois dans le rythme, la flexibilité des Pme pourrait être un atout de taille.

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