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Bois: tendances automnales

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Bois: tendances automnales

Les scieurs de chêne éprouvent des difficultés à trouver des lots de bois de sciage, dont les prix se sont envolés de plus de 50% en trois ans

Le baromètre de l’Office économique wallon du Bois fait régulièrement le point sur ce marché. Place aux évolutions automnales.

En matière de bois feuillus, le scénario des années précédentes semble se répéter: les exportateurs sont omniprésents alors que les scieurs de chêne éprouvent d’importantes difficultés à mettre la main sur des lots de bois de sciage, dont les prix se sont envolés de plus de 50% en trois ans. Une situation assez paradoxale pour les transformateurs locaux, puisque la demande en produits issus de scieries est soutenue. Mais il devient très difficile, voire impossible, pour les scieurs de compenser les prix d’achat de la matière première à la hausse par de nouvelles augmentations tarifaires sur les produits.

Par ailleurs, l’épizootie de peste porcine africaine qui frappe la province de Luxembourg a entraîné diverses mesures pour circonscrire le développement de la maladie, qui affecte les sangliers. Une de ces mesures prévoit l’interdiction d’accéder aux forêts pour éviter la dispersion des animaux et s’accompagne de la mise en place d’une clôture autour d’une zone noyau. L’accès à une zone tampon autour de cette dernière est quant à lui soumis à dérogation. Du coup, les quelques ventes réputées normalement organisées dans cette région riche en bois feuillus ont été soit reportées soit annulées, ce qui réduit d’autant le volume de bois disponible à l’achat.
Cette crise sanitaire engendre également un manque à gagner pour les entreprises actives dans la zone concernée: bûcherons, débardeurs, transporteurs et autres entreprises de travaux forestiers. Les ministres wallons en charge de la forêt et de l’économie étudient actuellement la possibilité d’apporter un soutien à ces entreprises et professionnels impactés par les mesures de confinement. Pour mieux connaître l’impact économique des mesures prises sur la zone, voir le document publié par l’Union Nationale des Entreprises du Bois (Unebo) sur http://www.unebo.be/images/Exploitation/181029_impact_zone_rouge_PPA_sur_filiere_foret_bois.pdf.

Situation délicate pour les résineux

Par ailleurs, les connexes de chêne sont peu courtisés par la trituration, trop riches en tannins. Le marché des sciures demeure stable. La demande en bois de chauffage ne décolle pas ou très peu malgré la montée des prix du mazout. La douceur de cet automne y est sans doute pour quelque chose.

En outre, les propriétaires privés continuent à marquer beaucoup de frêne en conséquence de la chalarose, ce qui profite surtout au marché de l’exportation, mais aussi aux scieurs locaux dans une moindre mesure.

En ce qui concerne les résineux, et plus particulièrement l’épicéa, la situation est également délicate. En effet, un phénomène de pullulation de l’Ips typographe ou scolyte touche cette essence et entraîne finalement la mort de l’arbre. L’été sec et chaud ainsi que les chablis de l’hiver dernier en sont les principales causes. Actuellement, le Département de la Nature et des Forêts estime le volume de bois atteints à 400.000 m³ pour toute la forêt wallonne. La France, l’Allemagne, la Suisse, notamment, sont aussi touchées. Les bois résineux arrivent donc en masse sur les marchés. En Belgique, la vidange sanitaire des bois scolytés est une obligation gérée par l’Afsca. Des informations complémentaires, des conseils de gestion de peuplements infectés, etc., sont disponibles sur le site Internet de la Cellule d’appui à la petite forêt privée (Capfp) sur http://www.oewb.be/la-cellule-d-appui-a-la-petite-foret-privee/sante-forets.
L’ips s’accompagne de champignons qui provoquent le bleuissement de la partie périphérique du bois. Ce bleuissement n’a pas de conséquence sur le comportement mécanique du bois, dont l’usage structurel reste tout à fait envisageable. Il est à noter que le champignon ne se développe plus lorsque l’humidité du bois descend en dessous de son point de saturation. Néanmoins, le bois se retrouve dévalorisé pour des raisons esthétiques et les produits de sciage qui en découlent se vendent fatalement moins cher. Ces sciages considérés comme «de qualité secondaire» risquent d’être présents en grosse quantité sur les marchés pendant un temps incertain. En plus de constituer une obligation sanitaire, la sortie rapide des bois scolytés revêt donc un intérêt économique. 
En corollaire du bleuissement, des phénomènes d’échauffures peuvent également intervenir, avec des conséquences nettement plus dommageables pour la valorisation du bois. L’échauffure est en effet proscrite de la plupart des normes de classement pour les usages en construction et en emballage-palette.

Un manque à gagner pour les entreprises actives dans la zone concernée par la peste porcine africaine.

Conséquence directe sur les marchés: une diminution du prix des bois sur pied en épicéa aux ventes publiques de l’ordre de 20 à 25% pour les bois sains à maturité et de 70 à 80% pour les bois scolytés. La priorité actuelle est à la vente et à l’exploitation des bois scolytés alors que l’exploitation des bois sains déjà vendus devrait faire l’objet d’un accord de report. Les ventes anticipées en gré à gré s’organisent en forêts soumises pour les bois scolytés. Beaucoup de lots de bois restent néanmoins invendus, les prix de retrait en vente publique restant supérieurs à ce que les acheteurs sont prêts à payer.

Sciage résineux soutenus par la construction

S’agissant de la demande en sciages, elle reste bonne et constante. Les conditions météorologiques exceptionnelles ont aussi joué en faveur du bon déroulement des chantiers de construction, grands consommateurs de sciages résineux. Les prix auraient pu être revus à la hausse, mais l’arrivée de grandes quantités de bois sur les marchés va finalement les orienter à la baisse, surtout dans les qualités secondaires (bois bleuis). Pour les produits connexes, le marché est constant avec des prix négociés sous contrat pour quelques mois.
Pour la production de panneaux Mdf, d’importants volumes de bois arrivent sur le marché, tant en connexes qu’en bois rond. Les prix restent cependant constants. On assiste en effet à une hausse des prix des transports, qui suivent assez logiquement les prix des carburants. Quant au marché du panneau Mdf, il est stable avec, malgré tout, des baisses de demandes pour certains produits.
Au niveau des pellets, l’offre en sciure est considérée comme stable. La demande en pellets était évidemment en trêve estivale.
Enfin, l’offre en billons à destination des palettes est également inchangée. La demande en palettes poursuit sa croissance, suivant la reprise économique globale. Ses prix sont stables.


 

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