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Bonus logement: chronique d'une disparition annoncée

Avec la 6e réforme de l'Etat, le bonus logement est devenu, comme bien d'autres, une compétence régionale. Et comme on pouvait s'y attendre, cet avantage fiscal est littéralement impayable pour les Gouvernements bruxellois et wallon qui ont donc décidé de le remplacer par d'autres systèmes. La Flandre elle-même a diminué d'environ un tiers le montant de la réduction d'impôt.

La Région bruxelloise, quant à elle, a annoncé un nouveau régime pour janvier 2017, basé plutôt sur une réduction de droits d'enregistrement à l'achat. Et la Région wallonne lancera en janvier 2016 son nouveau système: le Chèque Habitat, lequel prend la forme d'une réduction d'impôt convertible en crédit d'impôt dans le but explicite de soutenir davantage les personnes à bas et moyens revenus dans l'achat de leur logement (voir également La Chronique de la semaine passée).

Selon Test-Achats, le système initié par la Région wallonne est toutefois nettement moins avantageux que le bonus logement sauf pour ceux qui ne payent quasiment pas d'impôt ou qui ont une famille particulièrement nombreuse. Mais quand on ne paye presque pas d'impôts, c'est qu'on a très peu de revenus ' ou un truc qu'il conviendrait de communiquer au plus grand nombre ' et donc pas le profil type du candidat acquéreur. Et les familles très nombreuses sont rares en Belgique.

Pour Julien Manceaux, Senior Economist chez ING, la perte du bonus logement représentera à coup sûr un choc très important sur le pouvoir d'achat des candidats acquéreurs. En Région bruxelloise, par exemple, à partir du 1er janvier 2017, ceux-ci n'auront plus le bénéfice de quelque 3.300 euros/an pendant 20 ans (pour un couple qui travaille et qui a deux enfants), ce qui représente un capital de 50.000 euros emprunté sur 20 ans à 3%. Or, l'abattement supplémentaire promis sur les droits d'enregistrement sera de 14.400 euros, ajoute l'expert. Dès lors, globalement, la différence entre les deux mesures s'élèvera à quelque 35.000 euros. « Ce qui équivaut à 15% du prix d'un appartement moyen à Bruxelles ou 10% du prix d'une maison », détaille Julien Manceaux. Et ce dernier de craindre que le choc négatif sur le marché immobilier soit de la même ampleur que celui qui a secoué la Flandre où la perte de bonus équivalait aussi à 10-15% de la valeur d'une maison moyenne.

Par ailleurs, comme la Région bruxelloise a annoncé la suppression du bonus logement tellement en avance, l'autre crainte du secteur immobilier est que les candidats acquéreurs anticipent la fin de cet avantage fiscal. Conséquence: un marché du feu de Dieu en 2016 (où la croissance des transactions devrait mettre la pression à la hausse sur les prix) et un arrêt brutal en 2017.

Adie Frydman'

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