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Caméras et lieux publics à Bruxelles

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Caméras et lieux publics  à Bruxelles

1.365 caméras identifiables dans l?espace public bruxellois en 2014, sans compter les 1.800 caméras de la Stib.

Dans un monde où les enjeux de sécurité sont de plus en plus importants, la vidéosurveillance représente aujourd'hui à l'échelle mondiale un marché de plus 13 milliards d'euros, avec un taux de croissance à deux chiffres.

Les caméras se sont immiscées dans le paysage urbain de bon nombre de villes européennes, Bruxelles ne faisant évidemment pas exception. Présentes depuis 1968 dans le prémétro, elles se sont multipliées à partir des années 1990, en lien avec les innovations technologiques, à l'occasion de grands événements internationaux, mais aussi dans le cadre de la diffusion de théories urbanistiques prônant de remédier (ou d'«invisibiliser») certains problèmes sociaux par des mesures techniques et architecturales.

?On assisterait souvent à un déplacement spatial des délits, plutôt qu?à une baisse généralisée de la criminalité.?

L'utilisation de caméras pour surveiller les espaces publics a souvent fait l'objet de travaux par les chercheurs, que ce soit du point de vue juridique, criminologique, sociologique, philosophique ou éthique. En revanche, malgré une large diffusion de ces caméras sur le territoire, les études géographiques sur ce sujet sont peu nombreuses. Or, seule une approche empirique spatialisée permet d'examiner leur répartition et dès lors d'identifier les sites et intérêts protégés, voire les groupes sociaux ciblés.

Le numéro 104 de Brussels Studies dresse tout d'abord une cartographie des 1.365 caméras identifiables dans l'espace public bruxellois en 2014 (sans compter les 1.800 caméras de la Stib). Ensuite, les auteurs, Pauline De Keersmaecker et Corentin Debailleul, géographes de l'Université libre de Bruxelles, ont examiné le contexte d'implantation de ces caméras. Enfin, ils ont mené de nombreux entretiens avec des représentants des autorités publiques et de la police locale pour compléter cette analyse spatiale.

Effet global non avéré

Leur analyse montre que tous les quartiers n?ont pas la même densité de caméras dans l'espace public et que cela n?est pas sans lien avec le niveau socio-économique des populations qui y vivent. En terme de typologie des espaces public, les plus surveillés sont les places communales, les parvis d'églises, les pôles commerciaux locaux et les principaux carrefours et axes de circulation, stations de métro comprises. Tout comme dans les gares, la circulation y est importante et la surveillance, de mise. Mais des lieux tels que les places, les bars, parcs et parkings, où la mobilité est très faible, sont aussi fréquemment surveillés électroniquement. Enfin, certains lieux nécessitent une protection du fait de l'intérêt qui leur est propre. C'est le cas des monuments et des sites touristiques (Atomium, Manneken Pis, Grand-Place), des sites d'intérêt national (ministères, Palais royal, symboles nationaux) et des sites d'intérêt communal (maisons communales, bibliothèques, mais aussi écoles et logements sociaux). Dans ce dernier cas, il semble que les sociétés de logements sociaux se comportent comme des propriétaires protégeant leurs biens.

Les auteurs soulignent également que des événements dramatiques servent systématiquement d'argument pour plaider en faveur de la mise en place ou du développement de réseaux de caméras de surveillance, empêchant ainsi souvent toute possibilité de débat. Pourtant, l'effet global de la présence de caméras de surveillance n?est pas avéré: on assisterait souvent à un déplacement spatial des délits, plutôt qu?à une baisse généralisée de la criminalité. La compétition interurbaine influence aussi le développement de la vidéosurveillance et expliquerait, en ce qui concerne Bruxelles, la prédominance des caméras dans le centre ville et dans les quartiers populaires proches, ainsi que dans le quartier européen, pour faire de Bruxelles une ville «sûre» et attractive pour les visiteurs et les investisseurs.

Entre gros intérêts économiques privés, foi dans les solutions technologiques, enjeux politiques ou sécuritaires locaux et globaux et logiques budgétaires, les caméras ne sont définitivement pas un objet anodin dans l'espace public.

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