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Centrale Biomasse: la Wallonie change de cap et privilégie les plus petites structures

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Centrale Biomasse: la Wallonie change de cap et privilégie les plus petites structures

La centrale biomasse des Awirs, la plus grande de Wallonie, génère une puissance de 80 MW. Le Gouvernement wallon entend désormais privilégier les plus petites structures.

Le 12 octobre dernier, le Gouvernement wallon a décidé de ne pas poursuivre la procédure d’appel à projets concernant l’implantation d’une unité centralisée d’une puissance supérieure à 20 MW alimentée par de la biomasse lancée en mai 2016.

Pourtant, en novembre 2016, deux candidatures ont été remises pour cet appel à projets et c’est celui de Bee Green Wallonia (BGW) situé à Visé qui a été proposé par l’Administration wallonne. «Or indépendamment de la qualité du projet, ce dossier soulève une série de sérieuses interrogations», pour reprendre les termes de Jean-Luc Crucke, nouveau ministre wallon en charge de l’Energie et du Climat.

La première est l’incertitude de la création même du projet suite à la modification de la directive européenne 2009/28/CE. La seconde concerne l'approvisionnement en biomasse à long terme. «Fondamentalement, il est problématique que les contrats d’approvisionnement n’atteignent pas une durée de 20 ans. Cela est d’autant plus vrai dans un contexte où le marché mondial de la biomasse pourrait connaître une explosion risquant de faire augmenter le prix de la matière première.» Enfin, la troisième a trait à l’absence de cogénération du projet, ce qui est regrettable puisque celle-ci permet une utilisation optimale de la ressource et un meilleur rendement énergétique. «Malheureusement, comme démontré, il n’est pas envisageable actuellement de l’intégrer dans le projet de BGW».

Trop de questions en suspens et pas assez de retombées locales

De plus, des questions environnementales se posent. En l’occurrence, «il subsiste un doute raisonnable concernant la capacité des fournisseurs à respecter à long terme les labels de certification prévus.  Pour ces projets de grande puissance, la neutralité carbone de la biomasse est surtout théorique: le gisement réside essentiellement ailleurs qu’en Wallonie tandis que les conséquences de sa combustion se concentrent sur notre territoire. Or, les retombées à long terme sont mal connues et la compensation en temps réel n’est pas assurée dans ce cas-ci», se justifie le ministre.

Enfin, dans un contexte budgétaire tendu, «il est difficilement envisageable d’engager le Gouvernement sur un soutien pouvant aller jusqu’à 1,3 milliard d’euros pour une durée de 20 ans afin de financer une technologie qui demande des subventions permanentes pour fonctionner.»

Des alternatives existent

Dès lors, les pouvoirs publics préféreraient favoriser les projets de biomasse de plus petite taille, incluant un volet «cogénération», avec un approvisionnement local et la création d’emplois locaux. Le Gouvernement, dans sa Déclaration de Politique régionale de juillet 2017, ne disait d’ailleurs rien d’autre: «La filière intégrée de biomasse, en lien avec le tissu économique et ses Pme, doit être soutenue. Aucun projet de biomasse ne pourra être autorisé sans que l’on ne s’assure de la maîtrise du coût et de l’impact sur l’emploi, de la performance environnementale et de l'efficience du soutien»

Jean-Luc Crucke annonce également qu’il se penchera sur le développement des alternatives aux grandes centrales biomasse que sont l’éolien, le photovoltaïque, la  biomasse de petite ampleur et le réseau de chaleur.

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