Suivre La Chronique

Comment peindre ou repeindre sur place des éléments en aluminium

Sujets relatifs :

Comment peindre ou repeindre sur place des éléments en aluminium

Dans le cadre de travaux de rénovation ou de réparation, on envisage quelquefois la (re)mise en peinture sur site d'éléments en aluminium. Très bien… mais il faut savoir que les couches d'oxyde naturellement présentes à la surface de ce métal peuvent nuire à l'adhérence du revêtement. On veillera donc à bien préparer la surface à peindre. Publié récemment, le dossier 2022-03.08 de Buildwise (nouveau nom du Centre scientifique et technique de la construction - CSTC) nous explique comment procéder en pareil cas.


Porte en aluminium dont le revêtement est endommagé.
Avec ses nombreuses qualités, l'aluminium est souvent utilisé dans le bâtiment. Portes, fenêtres, garde-corps, vérandas, volets et bardages peuvent être en alu. Ce métal ne se corrode quasiment pas, car il se couvre de façon naturelle d'une couche d'oxyde (alumine) très dense, qui protège le métal contre l'humidité. Bien qu'elle soit en général suffisante pour protéger l'aluminium des intempéries, cette couche peut se dissoudre dans certaines circonstances (contact avec le béton frais ou avec certains acides, humidité emprisonnée, …) et entraîner la corrosion du métal.

Traitements de protection

On peut améliorer la résistance à la corrosion de l'aluminium en y ajoutant des éléments d'alliage (magnésium ou silicium) ou en traitant sa surface en appliquant un coating (laquage) en atelier ou en usine: peinture en poudre ou liquide ou pré-laquage en bande (coil-coating) dans le cas de produits plats (tôles, bardages, …). D'ordinaire, le coating est mis en œuvre après l'application d'une couche de conversion qui se forme naturellement et permet d'améliorer l'adhérence.

Anodisation

L'anodisation est un traitement de surface amenant sur le métal une fine couche d'oxyde d'aluminium pouvant être colorée au moyen de pigments. Son épaisseur est fonction de l'environnement d'exposition et varie habituellement entre 10 et 25 µm. Ces traitements peuvent aussi avoir une fonction esthétique et bénéficier d'un marquage de qualité par l'intermédiaire des labels Qualicoat et Qualanod. Au fil du temps, la surface de l'aluminium peut se détériorer comme on le voit sur notre photo: piqûres, changement de teinte, surface ternie, ... On peut aussi vouloir changer la couleur. Donc, l'aluminium peut très bien se rénover!

Peinture sur site

Les éléments qui ne peuvent pas être enlevés pour être traités en atelier peuvent être peints sur site. Dans ce cas, il faut déterminer si la surface de l'aluminium est brute ou anodisée et si une ancienne peinture est présente. En présence d'une surface brute, exempte de peinture, la pellicule d'oxyde lisse et compacte, présente sur l'aluminium, peut empêcher la bonne adhérence des peintures appliquées. 
 
Il faudra donc, dans ce cas, préparer la surface à peindre. On commencera par la nettoyer avec un détergent neutre pour éliminer toutes les salissures et traces d'oxydation ou de corrosion. Il faudra ensuite rincer, dégraisser et poncer pour donner une rugosité qui va accroître l'adhérence de la peinture. 
 
En l'absence d'anodisation, un ponçage manuel à l'aide d'une brosse légèrement abrasive (de type Scotch-Brite) est généralement suffisant. En présence d'une couche anodisée, plus épaisse et plus dure, un ponçage mécanique au moyen de disques plus abrasifs est souvent nécessaire. Mais il faut le faire délicatement sans rayer ni endommager l'aluminium, car les détériorations pourraient rester visibles après l'application des nouvelles peintures. Les éventuels défauts du métal (coups, trous, fissures, …) peuvent être dissimulés à l'aide d'un enduit. Il s'agit en général de produits à base de résine polyester ou époxy qu'on évitera d'utiliser en extérieur, car les différences de dilatation thermique avec l'aluminium pourraient affecter la durabilité de ces opérations. 
 
Si la pièce en aluminium est très abîmée, il est préférable de la remplacer. Un primaire spécial pour l'aluminium doit être utilisé par la suite, en phase solvant ou aqueuse. Il s'agit habituellement d'une résine monocomposant de type acrylique, alkyde, ou encore d'un système époxy bi-composant. Ces produits contiennent en général des pigments à base de phosphate (phosphate de zinc, …) qui renforcent la protection contre la corrosion et remplacent les chromates, moins indiqués au niveau de la santé.
 
Pour les couches suivantes (intermédiaire et de finition), il est conseillé de poncer légèrement chaque couche précédente. Les peintures s'appliquent à la brosse, au rouleau ou au pistolet en fonction de la configuration du chantier (accessibilité, surfaces à traiter, …).

Surface peinte 

Sur un support déjà peint, on vérifiera d'abord l'état de l'ancien revêtement en vérifiant bien s'il n'y a pas de fissures, décollements, ... Des tests d'adhérence par quadrillage (voir photo 2) pourront être effectués dans différentes zones de sollicitations (traverses hautes et basses des châssis, par exemple).
 
Si les anciennes peintures montrent des défauts esthétiques, mais adhèrent encore solidement au support, on peut les conserver. Le nouveau système sera appliqué après ponçage de la surface (matage). Si la peinture présente des défauts locaux d'adhérence, les désaffleurements peuvent rester visibles au travers des nouvelles couches. Pour éviter cela, la zone de ponçage doit être étendue pour faire disparaître les différences de niveau. Après application des nouvelles peintures, on vérifiera leur adhérence au moyen d'essais de quadrillage.

Test d'adhérence alu
Si, en plus de présenter des défauts esthétiques, l'ancien revêtement est friable, cassant ou adhère mal au support, il faut alors l'éliminer intégralement et traiter les éventuelles parties corrodées (évaluation de l'ampleur des dégradations, estimation des réparations possibles, …). Un nouveau système de peinture pourra ensuite être appliqué.
 
Références:
Compilation libre de l'article «Comment (re)peindre sur site des éléments en aluminium?» paru dans le CSTC-Contact de mai-juin 2022 et signé par E. Cailleux, dr., chef du laboratoire «Chimie du bâtiment» chez Buildwise. Seul ce texte original, consultable via ce lien, peut être cité en référence.
 
Victor Vicour
 

Nous vous recommandons

Le CSTC change de nom et devient «Buildwise»

Le CSTC change de nom et devient «Buildwise»

Après plus d’un demi-siècle d’existence, le Centre scientifique et technique de la construction (CSTC) devient Buildwise. Ce nouveau nom est le fruit d’une triple mutation du centre, qui cherche à amplifier[…]

16/11/2022 |
Inflation et perturbations sur le marché des matériaux: que faire?

Inflation et perturbations sur le marché des matériaux: que faire?

Chaufferies utilisant des granulés et plaquettes forestières: nouveau règlement

Chaufferies utilisant des granulés et plaquettes forestières: nouveau règlement

Comment contrôler un vase d'expansion fermé à pression variable?

Comment contrôler un vase d'expansion fermé à pression variable?

Plus d'articles