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De Watergroep veut puiser de l’eau potable en mer du Nord

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De Watergroep veut puiser de l’eau potable en mer du Nord

© Jean Riguelle

De Watergroep lancera l’an prochain un projet pilote destiné à convertir l’eau de la mer du Nord en eau potable grâce à une technologie de désalinisation. Pour ce faire, l’entreprise souhaite combiner la technologie membranaire existante avec de nouvelles technologies. Une collaboration sera également mise en place avec d’autres compagnies de distribution d’eau.

De Watergroep n’est pas la première à expérimenter la désalinisation. L’intercommunale d’eau Farys planche sur une installation de désalinisation à Ostende qui convertirait l’eau saumâtre du canal en eau potable.
La désalinisation est une technologie qui ne date pas d’hier. Dans les années 1990, la Brasserie antillaise, sur l’île de Curaçao, brassait même de la bière (Amstel Bright) avec de l’eau de mer. De Watergroep, la principale société de distribution d’eau en Flandre, souhaite à son tour utiliser l’eau de mer comme source d’eau potable. Le dessalement est néanmoins énergivore et très coûteux. Les pays désertiques utilisent souvent l’énergie solaire; chez nous, De Watergroep envisage notamment de miser sur les éoliennes offshore existantes.

Les résidus, une opportunité économique ?

Le deuxième grand défi concerne les résidus du processus de désalinisation, à savoir le sel. Cette saumure concentrée ne peut être tout bonnement déversée, sous peine de mettre en péril l’écosystème marin. Dans la plupart des cas, elle est fortement diluée puis reversée en mer. Si ce processus est réalisé dans le respect des réglementations environnementales, il est toutefois nettement préférable d’extraire les matières premières des eaux résiduelles de manière à diminuer les quantités reversées.
La saumure peut notamment être utilisée pour la production d’électricité. Elle contient en outre diverses matières premières économiquement intéressantes: du sel, mais aussi du magnésium, chlorure de sodium, calcium, potassium, chlore, brome ou encore du lithium.

Les multiples avantages de la conversion de la saumure

La conversion de la saumure peut donc présenter des avantages aussi bien économiques qu’écologiques, surtout si l’industrie de désalinisation poursuit sa rapide croissance internationale. Les méthodes de conversion de la saumure en produits utiles ne sont pas neuves. Elles recourent à des processus chimiques connus, parmi lesquels une nanofiltration destinée à éliminer les résidus indésirables, suivie d’une ou plusieurs phases d’électrodialyse pour obtenir le produit fini désiré. Les technologies n’étant pas encore toutes au point, certains processus ne se révèlent pas encore commercialement intéressants.

Une technologie à la portée d’une minorité

Des études complémentaires sont nécessaires pour transformer ce qui est encore un problème environnemental en opportunités économiques. Les nouvelles technologies sont d’autant plus indispensables que l’on s’attend à une rapide percée des équipements de dessalement dans les années à venir. Nous manquons cruellement de technologies capables de rendre les équipements moins chers et accessibles à ceux qui en ont besoin, surtout dans les pays qui souffrent déjà de pénuries d’eau. À peine 3% de l’eau présente sur Terre est douce.
C’est surtout au Moyen-Orient que l’on extrait l’eau douce à partir de l’eau de mer. L’Arabie Saoudite tire même 70% de son eau potable de la mer. Israël a construit en 2011, dans la ville balnéaire de Hadera, la plus grande installation de désalinisation au monde. Dès la première année, 30% de l’ensemble de l’eau douce du pays provenait de ces installations. Depuis le lancement d’une usine encore plus grande à Sorek, plus de 40% de l’eau potable est puisée en mer.

16.000 installations de dessalement dans le monde

Actuellement, on dénombre près de 16.000 installations de dessalement actives dans le monde. Ensemble, elles puisent environ 95 à 100 millions de m³ d’eau potable de la mer, ce qui ne représente qu’1% de la production d’eau potable au monde. En revanche, elles produisent également d’énormes quantités d’eaux usées, estimées à près de 142 millions de m³ par jour. Pour chaque litre d’eau puisée, les installations de dessalement produisent donc en moyenne 1,5 litre de saumure. Ces installations sont pourtant en plein essor. Elles représentent une solution prometteuse pour les pays confrontés à la pénurie d’eau, d’autant que la technologie utilisée devient de moins en moins chère et de plus en plus efficace.
 

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