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Des façades vertes peuvent réduire la gêne acoustique dans les bâtiments et à l’extérieur

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Des façades vertes peuvent réduire la gêne acoustique dans les bâtiments et à l’extérieur

La végétation sur un bâtiment peut s’enraciner dans le sol ou sur la façade elle-même. (© photos: N. Oldenhove)

Les toitures, parois ou écrans écologiques entrent désormais dans les stratégies de développement urbain durable. Ils contribuent à accroître la qualité de l’air, à limiter le réchauffement climatique, à créer des réserves d’eau supplémentaires et à développer la biodiversité de nos villes. Ils peuvent aussi être utilisés pour améliorer l’acoustique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des bâtiments, comme l’a encore tout récemment testé le Centre Scientifique et Technique de la Construction (CSTC).

Comment les façades vertes absorbent-elles le bruit? Dans «Les Dossiers du CSTC 2016/2.6», le CSTC (centre de recherche sectoriel) distingue déjà deux types de végétation pour les façades et les écrans végétalisés.

Végétation enracinée au sol ou sur la façade elle-même?

La végétation enracinée dans le sol est nourrie par la pleine terre au pied de la façade.

La végétation ancrée dans la façade est nourrie par le substrat fixé à la façade ou à l’écran et dans lequel elle vient prendre racine.

Les substrats utilisés ont toujours une structure poreuse (terreau, sphaigne, laine minérale, granulés de lave ou matière textile, par exemple) et c’est cette porosité qui parvient à atténuer efficacement les ondes sonores. Ajoutons le fait que certaines plantes peuvent présenter elles-mêmes une telle porosité. C’est notamment le cas de certains types de mousses ou de certains réseaux de racines denses. Sans oublier le système de fixation qui, lui aussi, peut être constitué d’un matériau poreux; le géotextile en est un exemple. Plus une onde sonore entre en contact avec un matériau poreux, plus elle est absorbée. Notons qu’une couverture végétalisée ou un (géo)textile peuvent généralement être considérés comme acoustiquement transparents en ce sens qu’ils n’empêchent pas les ondes d’arriver au substrat.

Le pouvoir acoustiquement absorbant du substrat est principalement favorisé par trois facteurs: son épaisseur, sa porosité et son taux d’humidité réduit. L’épaisseur du substrat favorise notamment l’absorption des sons de basse fréquence, tels que ceux du trafic urbain lent.

La porosité du substrat est le second facteur absorbant. Il faut donc qu’il soit le moins compact possible, de manière à ce qu’il conserve le maximum de sa porosité.

Le taux d’humidité réduit joue aussi: un substrat complètement gorgé d’eau absorbe beaucoup moins de sons qu’un substrat sec.

L’épaisseur et la densité de la couverture végétalisée, l’épaisseur et la taille des feuilles, ainsi que le taux de recouvrement de la façade ont en revanche peu d’influence sur la performance acoustique.

Détermination in situ de l’absorption acoustique d’une façade verte.

Façades vertes et écrans antibruit

Le CSTC (cf. figure ci-dessus) a mesuré que la réflexion des ondes acoustiques sur la végétation ancrée dans la façade ou sur les écrans antibruit peut entraîner une réduction sonore de 5 dB ou plus. En ville (cf. figure ci-dessous), les systèmes ancrés dans les façades permettent également d’atténuer le bruit extérieur. Par rapport aux résultats obtenus avec des façades non végétalisées, la réduction peut avoisiner 2 à 3 dB dans les rues «canyons» (A), 4 dB dans les cours intérieures (B) et 3 dB dans les espaces ouverts urbains (C). Étant donné la limitation pratique de l’épaisseur du substrat, cette réduction s’applique ici surtout dans les fréquences élevées plutôt que dans les basses fréquences du trafic urbain lent. De son côté, la végétation qui - comme le lierre - s’enracine dans le sol et pousse le long de matériaux durs (brique ou béton) n’absorbe qu’assez peu le bruit.

Parois végétalisées à l’intérieur des bâtiments

Elles ont la cote! Particulièrement dans les locaux plus vastes comme les atriums et bureaux paysagers où l’on souhaite limiter le temps de réverbération et réduire les nuisances sonores. Le CSTC a mesuré que ces parois, du fait de leurs substrats poreux, atténuent bien le bruit: en absorbant environ 70 % de l’énergie sonore, elles peuvent rendre le local moins bruyant, comme peuvent également le faire les plafonds constitués de plaques de plâtre perforées et de laine minérale. En plaçant ces parois vertes au centre du local, les ondes sonores seront alors absorbées à la fois à l’avant et à l’arrière de la paroi.

Références: Compilation libre de l’article paru dans «Les Dossiers du CSTC 2020/5.3» (voir www.cstc.be) et signé par L. De Geetere, chef de la division «Acoustique, façades et menuiserie» au CSTC. Seul ce texte original peut être cité en référence.
Victor Vicour

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