Suivre La Chronique

Du bon usage d'une taxe

A partir d'avril 2016, les autorités wallonnes et flamandes appliqueront une taxe kilométrique pour tous les véhicules lourds empruntant les autoroutes et routes importantes. On songe en outre à étendre cette taxe à l'ensemble des voiries de la Région bruxelloise. Ce péage a certes l'avantage de taxer les transporteurs étrangers qui empruntent nos routes, souligne la Road Federation Belgium (RFB), mais il crée aussi des charges supplémentaires pour les entreprises belges, déjà lourdement grevées. Les usagers belges de la route versent ainsi plus de 14 milliards d'euros par an à l'Etat, dont seulement environ 1,5 milliard d'euros sont utilisés pour construire et entretenir les routes, selon la RFB. Il est donc important que des mesures d'accompagnement soient instaurées pour éviter de nouvelles charges aux transporteurs belges.

Les recettes du péage au kilomètre seront allouées aux 3 Régions. A quoi vont-elles servir' En Wallonie, elles devraient être affectées aux infrastructures, qu'il s'agisse des voiries ou des voies navigables. En Flandre, on compte utiliser 40% des recettes escomptées pour les dépenses d'infrastructure routière. A Bruxelles, rien ne semble encore décidé, mais la ministre précédente des Travaux publics, Brigitte Grouwels, avait déclaré en son temps qu'un éventuel péage à Bruxelles servirait avant tout aux transports publics. Pourquoi pas tant il est vrai que la Stib propose une alternative de plus en plus affinée, utilisée et efficace aux déplacements dans la capitale, tant au niveau du service que de la ponctualité, de la fréquence et de l'offre en général. Sans oublier le vaste projet de métro Nord qui se précise.

Quoi qu'il en soit, la Road Federation Belgium insiste pour que les recettes des taxes kilométriques, payées par des usagers de la route, soient, après déduction des compensations éventuelles pour les transporteurs belges, intégralement utilisées pour des travaux d'infrastructure, avec priorité pour les routes, tant régionales que communales, dont l'entretien est souvent retardé pour des raisons budgétaires. Avec comme conséquence, des situations dangereuses et des coûts de plus en plus élevés pour les travaux ainsi reportés.

Malheureusement, la crise a solidement déstabilisé les Etats de l'Ocde, quand elle ne les a pas rendus exsangues. Dès lors, le syndrome du «missing money» pour développer les infrastructures est général. Pourtant, selon les évaluations du FMI, l'effet de levier de ces investissements est indéniable: 1% du PIB consacré aux infrastructures génère 1,5% de croissance au bout de quatre ans.Or, qui dit infrastructures de qualité dit avenir, croissance à long terme et qualité de vie des citoyens.

Françoise Genicot

Nous vous recommandons

Jan De Nul franchit de nouvelles étapes pour le parc éolien en mer de TPC à Taïwan

Jan De Nul franchit de nouvelles étapes pour le parc éolien en mer de TPC à Taïwan

Le groupe Jan De Nul a installé quatre câbles d’exportation entre le parc éolien en mer et le rivage. Il a également modernisé la sous-station pour pouvoir connecter le premier parc éolien[…]

MariMatic remporte la mise à Amsterdam avec son système de collecte automatique des déchets

MariMatic remporte la mise à Amsterdam avec son système de collecte automatique des déchets

Les propositions de Build Europe pour stimuler la construction dans une Europe post-Covid

Les propositions de Build Europe pour stimuler la construction dans une Europe post-Covid

Marchés publics: trucs et astuces pour l’introduction de prix corrects

Marchés publics: trucs et astuces pour l’introduction de prix corrects

Plus d'articles