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Finale 24: le photovoltaïque loin de la bulle spéculative

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Finale 24: le photovoltaïque loin de la bulle spéculative

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Après avoir connu un sérieux coup d'arrêt entre 2013 et 2015, particulièrement en Wallonie, le secteur photovoltaïque semble désormais reparti de l'avant. Et sur des bases à la fois plus claires et plus saines. Si des dizaines d'installateurs et de nombreux fabricants ont fait faillite au cours de cette période, il en est d'autres qui n?ont jamais cessé de travailler. Parmi ceux-ci: Finale 24, le seul fabricant installateur du pays. Sa recette? La qualité de ses produits et de ses installations, d'une part, la transparence et l'honnêteté de son discours, d'autre part.

2007 est une année charnière pour le photovoltaïque en Wallonie. C'est l'année où le Gouvernement wallon lance le plan Solwatt et innove avec le mécanisme des certificats verts. Dès l'année suivante, l'engouement est total. Alléchés par des temps de retour sur investissement qui battent tous les records boursiers, les particuliers se ruent en masse sur l'aubaine photovoltaïque. Sur la base de cette demande qui ne cesse de croître et embellir, des dizaines d'entreprises se créent du jour au lendemain. On s'improvise installateur; on importe des panneaux de Chine ou d'ailleurs par conteneurs entiers; les salons dédiés à la construction sont envahis d'exposants plus ou moins spécialisés et les médias n?en ont que pour le photovoltaïque. Bref, avec une croissance mondiale de l'ordre de 40%, le photovoltaïque fait tourner toutes les têtes

2007 est également l'année au cours de laquelle Finale 24 entame ses activités dans le domaine du photovoltaïque, mais avant que la machine ne s'emballe: «nous avons été dans les dix premiers inscrits à la Cwape (la Commission wallonne pour l'Energie, l'organisme officiel de régulation des marchés wallons de l'électricité et du gaz), souligne Philippe Leblanc, co-administrateur de la société avec Eric Franssen. Tous deux ingénieurs de formation, ils portent un regard quelque peu incrédule sur un marché qui ne cesse de s'emballer. «Tout allait beaucoup trop vite. Mais, dans ces conditions, comment travailler convenablement? Et, surtout, comment être certain de la qualité du matériel et donc des installations' En 2011, ils décident d'investir dans deux machines de contrôle: un Flash (qui permet de mesurer la puissance des panneaux) et un appareil d'électroluminescence (qui permet de procéder à une radiographie des panneaux et, ainsi, de vérifier qu?ils n?ont pas de défauts internes). Un «maître-achat», selon Philippe Leblanc. Finale 24 se met alors à analyser en profondeur, tant pour son compte que pour celui d'autres sociétés, les panneaux introduits sur le marché. «nous nous sommes aperçus que de nombreux panneaux étaient endommagés et que les performances n?avaient pas grand-chose à voir avec ce qui était annoncé par les fabricants. Partant de ce constat, nous avons décidé d'être totalement indépendants et de fabriquer nos panneaux nous-mêmes. Tout en continuant à les installer afin d'être sûrs de la qualité des installations propopsées à nos clients.»

Une entreprise bâtie pour durer

2013. Une autre année charnière pour le photovoltaïque en Wallonie. Après avoir atteint des sommets, la bulle du photovoltaïque wallon explose en plein vol. La puissance des installations photovoltaïques ayant quasiment doublé chaque année au Sud du pays, cela a eu pour conséquence de multiplier les certificats verts dont le prix de rachat, largement supérieur aux prix du marché, était garanti par le Gouvernement. Résultat: une facture proprement abyssale. Le Gouvernement wallon décide donc d'arrêter les frais. Le retour de manivelle ne se pas fait attendre: si au cours du 1er trimestre 2013, on enregistrait encore 12.000 ventes d'installations photovoltaïques en Wallonie, du 1er avril à la mi-juin, on en dénombre moins de 100! Et l'annonce du plan Qualiwatt ne change rien à l'affaire. Les particuliers ne veulent plus rien entendre et pour beaucoup c'est la mort pure et simple du secteur que le Gouvernement wallon a entériné en arrêtant les certificats verts.

Cette même année 2013, comme si de rien n?était, Finale 24 investit dans deux lignes de fabrication de panneaux photovoltaïques à Eupen et Baillonville en Province de Namur. Suicidaires, Philippe Leblanc et Eric Franssen? «Pas le moins du monde, mais nous n?avions pas construit notre force ni échafaudé notre business plan sur du pur spéculatif. Notre but n?était pas de rebondir sur une bulle en faisant du profit très rapidement. Nous croyons dur comme fer à la nécessité de développer les énergies renouvelables. Nous payons chaque année notre électricité un peu plus cher (ndlr: depuis 2007, année de la libéralisation totale du marché énergétique belge, la facture électrique a augmenté en moyenne de 20,78% pour un client domestique belge et de 14,26% pour les entreprises wallonnes) et le photovoltaïque constitue un des moyens les plus sûrs et les plus aboutis de se prémunir contre les variations du prix de l'électricité. Qui plus est, pour nous, l'énergie est un investissement à moyen ou long terme.

Des temps de retour sur investissement de moins de trois ans comme c'était le cas avec les certificats verts nous ont toujours paru aberrants, sans compter que c'est un modèle économique absolument intenable.» Dans l'intervalle, les temps ont changé. Avec l'introduction du plan Qualiwatt, le photovoltaïque reste un investissement intéressant puisqu?on peut récupérer sa mise dans un délai de 6 à 8 ans, soit ce qui se fait de mieux en Europe (en Flandre, où le Gouvernement régional a supprimé toutes formes d'aides, le temps de retour sur investissement est de 10 à 15 ans). «Mais même sans aide aucune, le photovoltaïque est rentable. Il ne faut pas oublier qu?on habite son bien pendant plus de 20 ans et que la durée de vie moyenne des panneaux photovoltaïques est de 25 à 30 ans. Cela représente 100% de bénéfice pendant 10 ou 15 ans!» Pour peu, bien sûr, qu?on opte pour des produits et une mise en œuvre de qualité.

On n?est jamais mieux servi que par soi-même

En fabricant ses propres panneaux, Finale 24 s'est donné la possibilité de contrôler la qualité de tous les panneaux qui sortent de ses lignes de production. «Sachant que nos panneaux vont rester pendant 25 ans sur le toit de nos clients, par tous les temps, nous devons être sûrs de leur fiabilité. En les fabriquant nous-mêmes, nous maîtrisons la totalité de la chaîne de valeur et, surtout, la traçabilité des produits qui, tous, ont leur carte d'identité. Par ailleurs, nous travaillons avec des fournisseurs qui partagent les mêmes valeurs que nous.

?En fabriquant nos panneaux nous-mêmes, nous maîtrisons la totalité de la chaîne de valeur et, surtout, la traçabilité des produits qui, tous, ont leur carte d'identité.?

C'est primordial. Et nous produisons aussi en quantité limitée, le but n?étant pas de faire du volume mais de proposer des panneaux à haute valeur ajoutée.» Message visiblement bien reçu puisque le carnet de commandes de Finale 24 est bien rempli. A ce jour, l'entreprise, qui emploie une douzaine de collaborateurs, a procédé à plus de 2.500 installations tant chez les particuliers (70% de la clientèle) que pour les entreprises.

Adie Frydman

www.finale24.com

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