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HD54 donne une autre dimension à l’économie circulaire en construction

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HD54 donne une autre dimension à l’économie circulaire en construction

L’ancien bâtiment Rouge-Cloître va être totalement rénové selon les principes de l’économie circulaire. Un chantier-pilote suivi par de nombreux acteurs de la construction.

© architectesassoc

En entrant à Bruxelles par l'est, juste après avoir laissé sur sa droite les verts paysages de la Forêt de Soignes, le visiteur peut alors admirer une succession d’immeubles d’un goût douteux plantés au petit bonheur la chance.

Le premier d’entre eux, en quittant le viaduc Herrmann-Debroux pour pénétrer à Auderghem, est l’ancien bâtiment Rouge-Cloître, une hérésie architecturale et urbanistique datant des années 1990, en même temps qu’un des plus importants contributeurs bruxellois en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Bref, le genre de bâtiment dont on profite de l’obsolescence même pas programmée pour le détruire et reconstruire par-dessus à la première occasion. C’est d’ailleurs exactement ce que Axa Investment Managers-Real Assets, agissant pour le compte d'Axa Belgium, se proposait de faire dans un premier temps. Mais après études, il est apparu que la structure existante était parfaitement saine et les volumes étonnamment prometteurs. Le développeur, en concertation avec le bureau d’architecture architectesassoc, a donc décidé de rénover l’immeuble de pied en cap tout en conservant sa fonction initiale de bureaux pour proposer à terme plus de 9000 m2 hors sol.

Tant les autorités régionales que locales se sont félicitées du projet dans le cadre du périmètre Delta, l'un des 10 sites d'intervention prioritaires identifiés par la Région bruxelloise.

Pour ce projet de rénovation lourde, baptisé HD54,  architectesassoc a privilégié une approche d’économie circulaire en recyclant autant que possible les matériaux existants, ce qui permet de limiter drastiquement la production de déchets de construction. Une démarche dont la région bruxelloise veut faire sa marque de fabrique et dont elle se prévaut d’ailleurs régulièrement à l’étranger, mais qui n’en est pourtant qu’à un stade embryonnaire. Le projet HD54 est un des premiers exemples d’économie circulaire de cette taille. A cet égard, il mérite toute l’attention des professionnels de la construction. Car une chose est sûre: si on ne veut pas étouffer sous les monceaux de déchets générés par nos activités, l’économie circulaire apparaît comme une alternative incontournable.

Une rénovation complexe tout en simplicité

Pour ce projet, plutôt que de se focaliser sur l’esthétique, l’architecte a préféré centrer sa réflexion sur deux axes prioritaires: créer du lien avec le contextes environnant et être exemplaire en termes de durabilité via le recours à l’économie circulaire.

La part la plus importante du budget a été consacrée à faire de ce bâtiment un modèle d’efficience énergétique, tant pour satisfaire aux exigences de la région bruxelloise en la matière qu’aux souhaits du maître d’ouvrage. Pas une mince affaire s’agissant d’un immeuble de bureaux du début des années 1990, ce qui explique peut-être le coût relativement élevé de cette rénovation: 1140 euros/m2. Ceci dit, et ça mérite d’être souligné, le bâtiment atteint un niveau proche du passif sans avoir nécessité pour autant l’installation de triple vitrage et ce, grâce à la compacité du projet et à ses façades ultra-performantes.

L’ensemble des dispositifs mis en œuvre (intégration, luminosité, bien-être des occupants, aménagement des abords avec des essences locales, création de liaisons avec l’environnement naturel, etc.) a permis au projet d’obtenir la certification «Breeam Excellent» alors qu’à l’origine l’ambition des concepteurs était plutôt d’atteindre le niveau «Breeam Très bon».

Economie circulaire à grande échelle

Si le bâtiment satisfait à de nombreuses exigences écologiques, HD54 pousse les préoccupations environnementales un cran plus loin que d’habitude en y intégrant le processus d’économie circulaire à grande échelle. Les briques originelles ont été écrasées pour réapparaître sous forme de murets en briques sèches où on été intégrés des essences végétales indigènes qui créent un havre pour la faune et la flore locales. Quant aux cloisons meubles, luminaires,… ils se sont, depuis, réincarnés en aménagements divers avec l’aide de Recy K, le centre bruxellois de réemploi des déchets. Le reste a été précieusement stocké pour une utilisation future , par exemple dans le prochain FabLab de Greenbizz. Enfin, les 730 anciennes fenêtres en double vitrage «simple» ont été données gracieusement à Stephan Kampelmann, membre du collectif Osmos (un organisme actif dans l’utilisation durable des ressources locales) qui a a eu l’idée de récupérer ces doubles vitrages pour concrétiser un projet-pilote d’habitation sous serre en Pologne.

Par son ampleur inédite, ce projet est suivi attentivement par beaucoup d’acteurs, qu’ils soient mandataires publics, professionnels de la construction ou économistes, qui attendent d’avoir confirmation de la viabilité économique de ce modèle – pourtant déjà attesté ailleurs en Europe – pour le reproduire ailleurs.

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