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«Il est important de continuer sur la voie de l’habitat social»

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«Il est important de continuer sur la voie de l’habitat social»

© Société flamande de logement social des Ardennes

Jeanique Van den Heede, directrice de la Société flamande de logement social des Ardennes, nous livre sa vision du futur du secteur et évoque notamment sa digitalisation croissante, sa capacité d'adaptation vers une plus grande durabilité ou encore l'importance cruciale du logement social.

1. Intelligence artificielle, réalité virtuelle, énergie issue de l’hydrogène, drones, big data, impression 3D, etc. Quelle est, selon vous, la nouvelle technologie qui aura le plus grand impact sur votre entreprise dans les années à venir ?  

L’intégration des nouvelles technologies est déjà bien réelle. L’utilisation de drones sur les chantiers, la réalité virtuelle pour donner vie aux objets et la mise en œuvre de nouvelles sources d’énergie font désormais partie de notre paysage. 
Ces dernières années, la numérisation a progressé à grands pas dans notre secteur. D’une part, nous le ressentons au sein de notre organisation interne puisqu’elle améliore notre efficience, facilite la mise à disposition de nos données aux collaborateurs et favorise le processus de reporting. Les plateformes numériques visant à échanger des données, notamment avec les services publics, sont aujourd’hui monnaie courante. Nous évoluons vers un contexte où les contacts personnels cèdent de plus en plus le pas aux solutions digitales. Je pense par exemple à l’utilisation de biddit pour les ventes publiques. D’autre part, le service et la communication avec notre public cible évoluent également très vite. Les gens reçoivent de plus en plus souvent une aide à distance par voie numérique. La crise du coronavirus a indubitablement accéléré le mouvement. Sans compter que nous allons également évoluer auprès de notre public vers des systèmes d’enregistrement plus centralisés. Le défi consistera ici à maintenir l’accès aux informations et au support pour tous. La voie numérique n’est pas toujours aussi évidente et accessible aux publics plus fragiles.

2. Vers quel métier de la construction les jeunes doivent-ils, aujourd'hui, orienter leur formation pour s’assurer une carrière intéressante et bien rémunérée dans le secteur de la construction : coffreur, menuisier, plombier... ou plutôt planificateur ou ingénieur ?  

Je leur conseillerais avant tout de suivre et déployer leurs propres talents et passions. Une bonne équipe est composée d’une diversité de collaborateurs talentueux. Un bon ouvrier vaut de l’or, mais les ingénieurs, les architectes et les experts en construction sont également indispensables. Nous avons aussi besoin de collaborateurs formés aux compétences sociales, sociétales ou administratives pour nous aider à fournir le service et le support à notre public cible. Quant aux collaborateurs experts en chiffres et intéressés par l’innovation, ils jouent également un rôle crucial. Ce qui compte, c’est l’engagement, la motivation et la volonté d’œuvrer ensemble à la réalisation de l’objectif commun de l’organisation.

3. La crise du coronavirus vous a-t-elle appris quelque chose que vous ignoriez sur votre entreprise ?

La crise du coronavirus a démontré l’énorme capacité d’adaptation et de flexibilité de notre organisation et de ses collaborateurs. Très vite, nous avons réussi à transformer notre activité en formes de travail plus digitales. Chacun a aussitôt pris ses responsabilités et veillé à ce que l’organisation puisse continuer à atteindre ses objectifs. Je suis dès lors reconnaissante à mon équipe pour l’engagement dont elle a fait preuve. Le système du télétravail continuera à occuper une place permanente dans notre fonctionnement. Même si notre organisation doit également miser un minimum sur les contacts entre équipes, essentiels au fonctionnement optimal et au bien-être des collaborateurs.

4. Quelle est, selon vous, la plus grande menace pour votre entreprise/secteur ? La concurrence étrangère, la pénurie de personnel qualifié, les coûts salariaux ? Autre chose ?

Je parlerais moins de menaces que de défis. Notre secteur s’investit en permanence pour le développement du patrimoine. Et à raison ! Car la réalité, c’est que les listes d’attente continuent à s’allonger et que les besoins en logements de qualité augmentent. La crise du coronavirus aura certainement aussi un impact sur ce phénomène. De très nombreuses personnes se retrouvent dans une situation financièrement précaire. Le logement entame une grosse partie du budget familial. D’où l’importance de continuer sur la voie de l’habitat social ! Il est clair que la collaboration avec le secteur privé nous semble essentielle à cet égard. Elle nous permettra de réaliser conjointement des sites mixtes et d’offrir à tous une offre de logements adaptés.
Préserver la santé financière de notre secteur demeure un autre défi majeur. Nous dialoguons à cet effet avec les décideurs politiques pour évaluer le système de financement au sein de notre secteur et envisager les éventuelles améliorations à y apporter.

5. Les bâtiments sont-ils encore construits pour l'éternité ou leur attribuera-t-on bientôt une date d'expiration ? 

Rien n’est éternel. Ce qui ne nous empêche pas, en Flandre, d’axer la construction sur des produits qualitatifs, appelés à durer. Il s’agira surtout d’évoluer suffisamment en phase avec les nouvelles technologies et les systèmes de construction qui favorisent le développement durable. Il importera en outre de satisfaire aux normes énergétiques, qui évoluent très rapidement. Notre secteur a clairement la volonté d’apporter sa pierre à l’édifice, comme en témoignent les nombreux projets de rénovation et les niveaux E atteints dans la réalisation de constructions neuves. Notre secteur mise également sur l’énergie verte. Notre société de logement a notamment contribué à la fondation de la société coopérative ASTER. Son objectif : préparer les toits des logements sociaux de Flandre à accueillir des panneaux solaires. Nous voulons ainsi investir dans l’énergie durable et espérons influencer positivement la facture énergétique de nos locataires. 
Aux aspects climatiques s’ajoute un autre élément important : l’adaptabilité du logement à l’étape de vie ou à la situation du locataire. Nous devons proposer une offre de logements abordable et adaptée à divers publics (comme les seniors ou les personnes en situation de handicap) en proposant une offre de soins adaptés à proximité.  
 

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