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Interview

«Il y aura toujours une place pour l’architecture et l’artisanat innovants de haute qualité»

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«Il y aura toujours une place pour l’architecture et l’artisanat innovants de haute qualité»

«Chaque métier du secteur de la construction et de l’immobilier remplit un rôle et est concerné par la digitalisation. La créativité remonte dans la plupart des cas à la surface. Quoi qu’il en soit, il y aura toujours une place pour l’architecture et l’artisanat innovants de haute qualité.»

© Ceusters

Cette semaine, Ingrid Ceusters (CEO de Ceusters) nous parle notamment de l'impact du big data sur le secteur, de l'importance de l'artisanat ou des efforts encore à faire pour rendre la construction durable. 

1.    Intelligence artificielle, réalité virtuelle, énergie hydrogène, drones, big data, impression 3D, etc. Quelle nouvelle technologie influencera selon vous le plus votre entreprise dans les années à venir ?

L’intelligence artificielle, la réalité virtuelle, les drones et l’impression 3D influenceront grandement le secteur de la construction, notamment en termes de service et d’efficacité. Prenez par exemple le Wijnegem Shop Eat Enjoy, qui a développé son propre «Waze» pour orienter les clients vers les différents magasins plus rapidement. La réalité virtuelle est également omniprésente. Aujourd’hui, vous pouvez voir et même aménager un appartement ou un bureau avant même qu’il ne soit construit. C’est un luxe qui ne disparaîtra pas et qui continuera d’évoluer. Mais selon moi, c’est le big data qui aura le plus d’impact. Mesurer, c’est savoir, surtout dans notre monde hautement connecté. Les données seront encore davantage utilisées pour accroître l’efficacité du secteur de la construction. L’immobilier s’apparentera de plus en plus à un service, en particulier dans le domaine de l’immobilier professionnel. Nous avions déjà fait les premiers pas en ce sens et le coronavirus a accéléré cette évolution. Je tiens à souligner que la technologie doit avant tout se mettre au service de l’homme/utilisateur et de l’entreprise, et non l’inverse. L’utilisation de la technologie doit contribuer à un meilleur fonctionnement. Elle ne peut pas être motivée par les réalités économiques des acteurs IT ou des phénomènes de mode souvent éphémères. 

2.    Vers quel métier du bâtiment les jeunes doivent-ils aujourd’hui orienter leurs études pour s’assurer une carrière intéressante et bien rémunérée dans le secteur de la construction : le coffrage, la menuiserie, la plomberie… ou plutôt la planification ?  Et pour quelle raison ? 

L’influence grandissante des technologies de l’information sur l’ensemble des professions - y compris en dehors du secteur de la construction - est indéniable. Et pourtant, l’humain continue de jouer un rôle crucial dans tous les secteurs. C’est peut-être cliché, mais je pense que les garçons comme les filles doivent choisir une direction qu’ils aiment et qui est à leur portée, même si une certaine part de défi reste importante. Ne laissez pas les modes ou l’appât du gain vous faire tourner la tête trop vite. Se constituer une base de connaissances plus large, apprendre à raisonner logiquement et développer ses talents sont les meilleures garanties d’une carrière intéressante. Chaque métier du secteur de la construction et de l’immobilier remplit un rôle et est concerné par la digitalisation. La créativité remonte dans la plupart des cas à la surface. Quoi qu’il en soit, il y aura toujours une place pour l’architecture et l’artisanat innovants de haute qualité.

3.    Qu’avez-vous appris sur votre entreprise grâce à la crise du coronavirus ? 

J’ai pu apprécier l’incroyable résilience de notre équipe. Il règne une grande solidarité entre les employés, une prise de conscience que nous pouvons nous en sortir ensemble, et c’est très important. Notre entreprise sera désormais mieux armée pour faire face à des crises inattendues à l’avenir. En tant que CEO, je retiens qu’en cette période de turbulences, marquée par des mesures changeantes et des points de vue parfois incohérents, une communication ouverte est le seul moyen de faire comprendre certaines décisions. Cette crise m’a appris qu’une vision réaliste et positive va de pair avec la motivation et le dynamisme de l’organisation.

4.    Quelle est selon vous la plus grande menace pour votre entreprise/secteur (la concurrence étrangère, la pénurie de personnel qualifié, les coûts salariaux, etc.) ? Et pour quelle raison ? 

La complexité de la législation du travail et la multiplication des règles juridiques constituent des entraves à l’entrepreneuriat dans notre pays. La priorité de tout chef d’entreprise est de parvenir à une croissance durable. Malheureusement, la législation complexe contraint souvent les entreprises nationales à s’incliner devant les grands groupes étrangers. Si j’en avais le pouvoir, je rendrais la Belgique plus accueillante pour les entrepreneurs.

5.    Les bâtiments sont-ils encore construits pour un usage durable ou auront-ils bientôt une date d’expiration ? Et pour quelle raison ? 

Les nouvelles constructions ont elles aussi une date de péremption. Il y a encore du pain sur la planche pour satisfaire aux objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU à l’échelle mondiale. Nous faisons actuellement de notre mieux pour gérer un patrimoine à la fois vieillissant et de grande valeur historique. Et je fais ici référence à la valeur de l’architecture contemporaine : chaque période a laissé des monuments de valeur, un héritage qui mérite aussi d’être reconnu. Il incombe aux pays riches de veiller à ce que les pays plus pauvres apprennent de nos erreurs afin de pouvoir prendre une longueur d’avance sur nous, ou du moins de combler leur retard. Je pense que l’Occident assume une grande responsabilité s’il veut léguer un monde vivable aux générations futures. Et cela vaut aussi pour l’agriculture durable, l’utilisation des sources d’énergie, etc.
 

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