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L'allocation universelle: une fausse bonne idée'

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Le nouveau Gouvernement finlandais, pourtant fortement marqué à droite, a décidé de tester le principe d'allocation universelle en proposant de verser à chacun de ses citoyens un revenu d'environ 1.000 euros mensuels. A vie, sans distinction d'âge, de sexe ou de revenus. Les Finlandais qui le désireront pourront compléter ce revenu par leur activité professionnelle. Les autres pourront s'en contenter. Cette mesure sera d'abord instaurée, à titre d'essai, dans des régions fortement impactées par le chômage et ensuite dans le reste du pays. Cette allocation minimum, commune à tous remplacerait alors toutes les aides sociales en vigueur dans le pays.

Si ce concept d'allocation universelle, dont on a beaucoup parlé au tournant des années 70 et 80, à la fin des Trente glorieuses et du plein emploi, refait aujourd'hui surface c'est tout sauf un hasard alors que l'Europe ' et le monde ' vivent une crise structurelle qui ne cesse de creuser les inégalités sociales et de précipiter des centaines de milliers de gens dans la précarité.

Mais est-ce bien réaliste alors que les finances publiques de tous les Etats européens sont dans le rouge' Et ce qui se passe en Finlande est-il transposable ailleurs, sachant que ce pays affiche un Pib par habitant d'environ 42.406 euros, soit un niveau plus ou moins équivalent à celui de l'Allemagne (43.910 euros)'

Le moins que l'on puisse dire est que les spécialistes sont partagés. Notamment en Belgique. Ainsi, Philippe Van Parijs, un des premiers économistes belges à avoir défendu cette l'idée, a effectué des calculs avec l'appui du ministère des Finances, à la fin des années 90. Il apparaissait alors qu'il était possible pour l'Etat de financer une allocation de 500 euros «moyennant un certain nombre de réajustements de notre système social et fiscal.» Mais, quinze ans plus tard, le contexte économique est loin d'être le même.

Le concept a aussi ses détracteurs. A droite, bien sûr, mais, plus étonnant, à gauche aussi. Si un Philippe Defeyt, économiste et président Ecolo du Cpas de Namur, est résolument pour, en revanche, Marc Goblet, secrétaire général de la Fgtb, et Michel Jadot, président de l'Union nationale des Mutualités socialistes, sont totalement opposés à l'idée. Le premier y voit «la fin de la concertation sociale» quand le second craint que l'allocation universelle «ne remette en cause les fondements de l'Etat providence.»

L'idée fait néanmoins son chemin. En Espagne, le mouvement Podemos qui vient d'enlever la mairie des deux plus grandes villes du pays ' Madrid et Barcelone ' a laissé filtrer l'idée de tenter le pari. Et un projet pilote est en cours à Utrecht, aux Pays-Bas, sur un groupe de 300 allocataires sociaux. Les Suisses eux-mêmes devraient organiser un référendum national sur la questions l'année prochaine.

Adie Frydman'

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