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L'eau: la note s'annonce salée '

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Qui dit été, dit soleil, sécheresse et eau. Si l'accès à l'eau potable est un problème pour près de la moitié de la population mondiale depuis belle lurette, il ne coule plus de source, si on peut dire, dans les villes des pays développés. «Les villes de la zone Ocde sont en train d'aborder une nouvelle ère d'incertitude en termes de services liés à l'eau et de sécurité de l'eau», avertissait le secrétaire général de l'Ocde, Angel Gurria, lors du dernier Forum mondial de l'eau. Autrement dit, l'abondance, la qualité et le prix relativement abordable de l'eau ne seront plus des acquis dans nos agglomérations. En Europe, les zones et populations frappées par les périodes de sécheresse ont crû de quelque 20% entre 1976 et 2006 tandis qu'en Australie ou aux Etats-Unis, cette menace est devenue permanente. Et la croissance démographique urbaine prévue dans les pays de l'Ocde (86% de la population de la zone devrait être citadine en 2050) ne fera qu'exacerber le problème vu que les réserves d'eau souterraines diminuent à un rythme croissant. De plus, les incertitudes liées au changement climatique apportent, elles aussi, leur «eau au moulin» aux défis qui se posent. Parmi eux, il s'agira pour les villes d'aller chercher leur eau de plus en plus loin, d'en partager l'usage avec d'autres gros consommateurs comme le monde agricole, mais aussi de rénover les réseaux d'égouts qui sont parfois de véritables passoires. Bref, il s'agit de repenser la gestion globale de l'eau (voir aussi notre article en page 26) pour en sécuriser l'approvisionnement.

Certains ont pris les devants et adopté des mesures chocs. La Californie, par exemple, a imposé une réduction de 25% de la consommation d'eau dans tout l'Etat, à charge pour les 400 sociétés de gestion de l'eau de distiller une stratégie dans ce but. Les greens des nombreux golfs et les jolies pelouses arrosés quotidiennement n'ont qu'à en prendre leur parti. San Diego, toujours en Californie, s'est tournée vers la mer toute proche. Elle inaugurera une usine de désalinisation à la fin de l'année qui lui permettra de produire 200 millions de litres d'eau potable par jour' soit 8% de ses besoins quotidiens. Une solution contestée cependant car onéreuse, nuisible à l'environnement et qui ne fait que déplacer le problème.

Ce dernier est aussi vaste qu'il nécessite partout des changements de mentalité et des modes de consommation. Plus que jamais, l'eau porte bien son nom d'or bleu.

Françoise Genicot

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