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L’employeur adapte le salaire pour 1 chômeur temporaire sur 10

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L’employeur adapte le salaire pour 1 chômeur temporaire sur 10

Un travailleur en chômage temporaire sur dix reçoit, en plus de son allocation de chômage temporaire, une partie de son salaire définie par l’employeur. C’est ce que constate Acerta en se basant sur les calculs des salaires pour le mois de mars de plus de 20.000 employeurs.

Pour plus de huit ouvriers sur dix, le complément va de 5 à 20 euros par jour. En ce qui concerne les employés, six sur dix reçoivent un montant entre 5 et 20 euros, alors que le montant varie davantage pour les cadres, allant de 1 à 100 euros/jour.
Comme tous les travailleurs ne doivent pas être mis en chômage temporaire au même rythme, le complément pour cause de force majeure n’est pas uniforme non plus. Ainsi, les personnes dont le travail est moins susceptible de basculer en chômage temporaire reçoivent plus vite un complément pour compenser la perte de salaire. À titre d’exemple, cette crise du coronavirus fait que les employés tombent moins vite et moins souvent que les ouvriers en chômage temporaire. Mais parmi ceux qui passent bel et bien à ce régime, un plus haut pourcentage reçoit un complément : 11,9 % pour les employés (17,5 % chez les cadres), contre 5,5 % pour les ouvriers.

Les PME n’ont pas les moyens de suivre le mouvement

Plus le chômage temporaire est exceptionnel, plus le complément est fréquent : c’est aussi ce qui est constaté dans les grandes entreprises où 45 % des chômeurs temporaires reçoivent un complément. Ces dernières ont généralement davantage de réserves pour ne pas devoir recourir directement au chômage temporaire en cas de circonstances externes défavorables. 
A l’inverse, la Banque nationale confirme que les PME sont plus impactées par la crise actuelle : 50 % des entreprises connaissent des problèmes de liquidité ce qui ne permet qu’à une seule PME sur dix d’octroyer un complément à l’allocation de chômage. Il est donc logique de ne pas voir les petites entreprises suivre ce mouvement.

Un test de flexibilité pour les entreprises

Il se peut que les employeurs qui prévoient aujourd’hui un complément pour cause de force majeure temporaire n’aient pris cette décision que récemment. Mais il est également possible que des discussions à ce sujet aient déjà été menées par le passé. Ou que la commission paritaire ait conclu une CCT qui prévoit aussi, pour cette situation, l’obligation de payer un complément en cas de chômage temporaire pour force majeure. 
Olivier Marcq, juriste chez Acerta : « Il est essentiel que les employeurs informent leurs travailleurs de manière rapide et claire sur d’éventuels compléments, ainsi que sur les modalités et les montants. L’essence même de toutes les mesures exceptionnelles en cette période exceptionnelle est de faire en sorte qu’après la crise, nous soyons tous en mesure d’être en bonne condition pour nous remettre le plus vite possible au travail. Ce que nous vivons actuellement est aussi un test de flexibilité, tant pour les entreprises que pour la population. »
 

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