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L’Espagne met un frein aux locations de résidences secondaires

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L’Espagne met un frein aux locations de résidences secondaires

En 2017, le taux d’occupation des résidences secondaires en Espagne a baissé de 3%; une première depuis 5 ans. (© Azull)

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Alors que l’Espagne continue à accueillir chaque année toujours plus de touristes étrangers –  près de 82 millions en 2017 – le marché de la location de résidences secondaires, lui, prend le contrepied de cette tendance.

Les Belges disposant d’une résidence secondaire en Espagne éprouvent désormais beaucoup de mal à la louer. En 2017, le taux d’occupation des résidences secondaires (maisons, villas et appartements confondus) en Espagne a ainsi baissé pour la première fois en 5 ans; une diminution qui dépasse les 3%, selon les statistiques officielles relayées par Azull, une agence belge spécialisée dans le marché immobilier espagnol.

Et il semble qu’il s’agisse d’une tendance lourde puisque, selon les premiers chiffres disponibles, une chute de 3,8% du taux d’occupation a été enregistrée au mois de juin 2018, comparativement à juin 2017. A en croire Azull, les prochaines années s’annoncent encore plus compliquées, dans la mesure où certaines régions expérimentent des législations limitant drastiquement les possibilités de location.

«Au premier abord, cela peut sembler étrange, voire paradoxal, mais c’est en fait une conséquence logique du succès de la destination», explique Marleen De Vijt, Ceo d’Azull. En effet, victime de son succès en tant que  destination pour y acquérir une seconde résidence, l’offre d’hébergement en Espagne croît simplement encore plus vite que le nombre de touristes…

L’offre d’hébergement en Espagne croît encore plus vite que le nombre de touristes. Au point qu’il devient de plus en plus difficile pour la population locale de trouver un logement à louer à prix décent. (© Azull)

D’autant qu’outre la mise en location de résidences secondaires appartenant à des étrangers – dont un solide contingent belge – il faut compter avec la concurrence des hôtels (dont les taux d’occupation augmentent), de même désormais qu’avec des plateformes comme Airbnb. «Il est donc tout à fait logique que les propriétaires belges de résidences secondaires éprouvent toutes les peines du monde à trouver des locataires.»

Réglementation «anti-locations»

L’offre excédentaire n’est pas le seul facteur. «Depuis peu, les autorités de plusieurs régions autonomes espagnoles tentent de limiter, voire d’interdire la location à des touristes. A Majorque, l'une des îles espagnoles des Baléares, c’est un véritable «blocus sur la location» qui a été mis en place cet été: la location à court terme – moins de trois mois – est purement et simplement interdite depuis le 1er juillet pour toutes les constructions neuves. Et dans la capitale, Palma, l’interdiction de louer à des touristes a été étendue à tous les appartements, neufs ou non, à moins de disposer d’une autorisation spécifique!»

Ces nouvelles réglementations répondent toutefois à des impératifs socio-économiques légitimes dans le chef des autorités espagnoles. «La hausse des prix provoquée par l’afflux de touristes a en effet atteint un tel niveau qu’il devient de plus en plus difficile pour la population locale de trouver un logement à louer à prix décent.»
Les propriétaires belges ne sont toutefois pas trop affectés par ce blocus dans la mesure où la plupart d’entre eux achète ce type de biens pour en profiter eux-mêmes et le mettre à disposition des membres de leur famille. Même s’ils considèrent souvent comme un plus appréciable la possibilité de louer leur bien quelques semaines, lorsqu’il est de toute façon inoccupé, ils n’ont pas pour autant besoin de ces substantielles rentrées estivales pour rembourser leur prêt.

«Et la période où le marché était surtout occupé par des investisseurs à la recherche de rendements rapides et élevés est déjà dépassée, dans la mesure où les affaires en or deviennent quasiment introuvables en Espagne», souligne Marleen De Vijt. «Certains acteurs de l’immobilier local évoquent encore un rendement de plus de 7%, mais c’est sans compter les coûts et autres taxes. En réalité, il faut plutôt compter sur un rendement net d’environ 2%.»

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