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La Belgique vise le Top 3 du classement numérique européen

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La Belgique vise le Top 3 du classement numérique européen

Le taux de création de start-ups constitue un bon baromètre du dynamisme entrepre­neurial et de la capacité d’innovation d’un pays. «Digital Belgium» ambitionne la création de 1.000 nouvelles start-ups d’ici 2020.

© Digital Belgium

Le SPF Economie vient de sortir son Baromètre 2017 de la société de l’information, lequel s’inscrit dans le plan «Digital Bel­gium» élaboré en 2015 par Alexander De Croo, Ministre fédéral de l’Agenda numérique.

Selon ce plan, la Belgique doit être en mesure de rencontrer trois objectifs phares à l’horizon 2020:

  • atteindre le Top 3 du numérique dans le classement Digital Economy and Society Index («Desi», l’indice européen relatif à l’économie et à la société numériques);
  • permettre la création de 1.000 nouvelles start-ups;
  • créer, via la révolution numérique, 50.000 nouveaux emplois dans tout un éventail de secteurs.

Dans ce contexte, le Baromètre du SPF Economie permet de jauger l’évolution de ces différents indi­cateurs et met en lumière les points forts et faibles de notre pays dans le monde numérique.

Et, précisément, qu’en est-il de nos forces et faiblesses en la matière?

La Belgique dans le haut du classement numérique européen

Une bonne nouvelle tout d’abord: la Belgique se classe à la sixième place (sur 28) du classement «Desi 2017» avec un score global de 0,61. Une performance qui lui permet de faire partie du groupe de pays européens «à performances élevées» (avec le Danemark, la Finlande, l’Irlande, l’Estonie, les Pays-Bas, le Luxem­bourg, la Suède et le Royaume-Uni).

Les points forts de la Belgique résident dans son excellente connectivité et dans la bonne intégration des technologies numériques au sein des entreprises. En revanche, sa principale faiblesse réside dans les services publics numériques où les performances ont stagné par rapport à l’année précédente.

Concrètement, la Belgique occupe la troisième place de l’UE28 en ce qui concerne le niveau de connectivité et elle se classe en cinquième position en matière d’intégration de la technologie numérique dans les entreprises. Nos points forts résident dans le pourcentage d’en­treprises qui utilisent l’échange électronique d’informations en interne via un logiciel de type Erp (Entreprise Resource Planning) et le pourcentage de Pme qui vendent en ligne, pour lesquels nous occupons respectivement les deu­xième et troisième place de l’UE28.

Par contre, en ce qui concerne les services publics on line, notre pays stagne à la treizième place de l’UE28. Il s’agit du domaine pour lequel la Belgique obtient les moins bons résultats.

La création de start-ups: un bon baromètre du dynamisme entrepreneurial

Le taux de création de start-ups constitue l’un des meilleurs baromètres pour juger du dynamisme entrepre­neurial d’un pays. En outre, il est étroitement lié aux capacités de Recherche & Développe­ment d’une économie, étant entendu qu’une part importante des start-ups créées repose sur des produits, services ou technologies innovants.

Le plan «Digital Belgium» prévoit ainsi la création de 1.000 nou­velles start-ups à l’horizon 2020.

Où en est-on?

Selon le SPF Economie, la Belgique comptait 3.119 start-ups en 2011 (derniers chiffres disponibles), une progression de 21% par rapport à 2008.

Sur cette base, et sachant que le volet numérique a connu un sérieux coup d’accélérateur depuis 2011, l’objectif des 1.000 nouvelles start-ups est parfaitement envisageable.

Quant aux secteurs les mieux représentés, il apparaît que 23,5% des start-ups en Belgique appartiennent à la branche d’activité «commerce; réparation d’automobiles et de motocycles». Avec les branches «construction» (9,4% des start-ups) et «activités juridiques, comptables, de gestion, d’architecture, d’ingénierie, de contrôle et d’analyses techniques», elles regroupent la majorité des start-ups de Belgique.

La Flandre loin devant, mais Bruxelles et la Wallonie réagissent

Un coup d’œil sur la répartition des start-ups existantes laisse toutefois apparaître une importante fracture géographique. En effet, 71,2% des start-ups actives en Belgique sont localisées en Flandre contre 19,2% en Wallonie et 9,7% pour la Région de Bruxelles-Capitale…

Un constat inquiétant qui a au moins eu le mérite de faire réagir les politiques wallons et bruxellois.

Au Sud du pays, on a assisté, début 2016, à la création de «Digital Wallonia», la stratégie numérique de la Wallonie dotée d’un budget de plus de 500 millions d’euros, qui incarne l’objectif du Gouvernement wallon de faire de la Région une terre d’excellence numérique. La Région bruxelloise a emboîté le pas à sa consœur wallonne un an plus tard en créant sa propre stratégie numérique sous le nom de «Digital.Brussels» qui a mené à l’élaboration du plan NextTech, lequel comprend vingt mesures concrètes visant à booster l’entrepreneuriat Tic à Bruxelles. Si Bruxelles a pris le train numérique plus tard que les deux autres régions et ne recense sur son territoire qu’une portion congrue des start-ups existantes, le terreau n’en est pas moins propice: le poids du numérique dans la capitale est en effet de l’ordre de 7,6% du Pib contre 1,7% en Wallonie.

Trop peu de spécialistes

Si l’objectif visant à créer 1.000 nouvelles start-ups d’ici 2020 paraît réaliste, qu’en est-il de l’autre grand dessein de «Digital Belgium»: la création de 50.000 nouveaux emplois?

Il semble, à première vue, que ce ne sera pas aussi facile.

En 2016, 26% des entreprises établies en Belgique avaient employé des spécialistes en Tic (Technologie de l’Information et de la Communication) contre 28% un an plus tôt. Mais six entreprises sur dix (59%) qui ont recruté ou essayé de recruter du personnel nécessitant des compétences de spécialiste en Tic, ont éprouvé des difficultés à pourvoir ces postes.

Les spécialistes en la matière ne courent pas encore les rues et ils sont très demandés. Qui plus est, ce secteur d’activité est en plein boom et évolue à une vitesse vertigineuse, ce qui rend une formation continuée impérative, faute de quoi le spécialiste d’aujourd’hui sera déclassé demain. 15% des entreprises organisent donc des formations pour leurs spécialistes en Tic afin de leur permettre d’améliorer leurs compétences.

La propension des entreprises à organiser ce type de formation varie toutefois selon leur taille. En Belgique, 70% des grandes entreprises ont organisé des formations pour leurs spécialistes en Tic, contre 34% des moyennes entreprises et à peine 10% des petites entreprises…

Mais il n’y a pas que les spécialistes qui comptent. En matière de Tic, certaines fonctionnalités d’usage courant doivent désormais faire partie du bagage des employés. C’est pourquoi on constate que de plus en plus d’entreprises organisent des formations pour développer les compétences en Tic de leur personnel: 34% ont organisé ce type de formation en 2016, contre 32% un an plus tôt. Là aussi, on remarque de très importantes disparités en fonction de la taille des entreprises: 29% des petites entreprises ont organisé des formations Tic pour leurs employés contre 54% des moyennes entreprises, et 82% des grandes entreprises.

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