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La gestion de l'eau à Bruxelles

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La gestion de l'eau à Bruxelles

Bruxelles est sujette aux inondations et autres débordements.

Bruxelles est une région sujette aux inondations et autres débordements. Sa topographie entrecoupée de vallées est évidemment en cause, mais l'imperméabilisation croissante des surfaces aggrave fortement la situation. Si aujourd'hui, moins de 50% de la superficie régionale est perméable, c'est essentiellement grâce aux vastes étendues de la forêt de Soignes. Mais au centre-ville et en première couronne, les espaces sont généralement imperméabilisés à plus de 80%. L'eau n'a alors comme seul exutoire que le réseau d'égouts, souvent ancien. Ce dernier a en outre le gros défaut de mélanger les eaux de pluie et les eaux usées, ce qui alourdit l'impact environnemental des éventuels débordements.

A Bruxelles comme dans de nombreuses grandes villes, la gestion des inondations reste marquée par une démarche fondée sur l'évacuation des eaux, que ce soit par l'augmentation de la capacité des collecteurs ou par la mise en place des dispositifs, comme les bassins d'orage, qui ont pour fonction de stocker temporairement les eaux afin de ne pas saturer le réseau d'égouttage. Mais ces infrastructures coûtent cher (la facture d'eau en témoigne), sont de plus en plus difficiles à insérer dans l'espace urbain et ne sont pas pertinentes dans toutes les situations.

'La multiplication des acteurs contribue à multiplier les conditions et formats d'accès. '

Une approche plus globale et interrégionale

On constate néanmoins l'émergence progressive d'une approche plus globale de la gestion de l'eau qui ne se concentre plus exclusivement sur les tuyaux d'évacuation, mais intègre aussi les éléments naturels et urbanistiques pouvant contribuer à retenir, à ralentir, voire à stocker les eaux dans la nappe phréatique par infiltration. Cette nouvelle approche nécessite de croiser les informations sur la nature du sol, le relief, l'occupation du sol, les réseaux d'égouts, à une échelle pertinente: le bassin versant. Dans le cas de la capitale, ces différentes portions de territoire dont l'ensemble des eaux convergent vers un même point, souvent la Senne, ne coïncident bien sûr pas avec les limites administratives de la Région. Cela fait de facto de la gestion de l'eau et des inondations une question interrégionale.

Cet aspect interrégional n'a pas facilité le travail des géographes et géologues qui ont écrit le n°89 de Brussels Studies sur la problématique de la gestion de l'eau à Bruxelles. A partir de cas pratiques comme la gestion de la vallée du Molenbeek à Jette, Tom Goose et Philippe Claeys (Vub) ont très vite été confrontés aux réalités institutionnelles belges. Et pas forcément au stade des décisions, du partage des coûts ou des aménagements concrets, mais bien dès la phase d'état des lieux et de diagnostic.

En dressant la carte de cette vallée à cheval sur deux Régions administratives dans une perspective de gestion intégrée de l'eau, ils ont tout d'abord dû faire face à un problème d'identification. De nombreux acteurs disposent de données pertinentes, mais les démarches de recensement et de mise à disposition se font essentiellement à l'échelle de chaque Région. La multiplication des acteurs contribue aussi à multiplier les conditions et formats d'accès. Pour les mêmes raisons, les données cartographiques sont parfois de plus en plus difficilement comparables, notamment en raison de la divergence progressive des nomenclatures et définitions utilisées.

Un salut partiel vient de l'Europe, qui force à un catalogage et à une diffusion des informations sur les données environnementales via la directive «Inspire» (Infrastructure for spatial information in Europe). Certaines agences européennes produisent aussi des banques de données couvrant de manière standardisée l'ensemble du territoire, quelle que soit la Région. Mais dès qu'il faut travailler avec plus de précision, il faut se résoudre à consolider des données régionales, voire locales, qui ne sont pas toujours construites de la même manière.

Dès lors, il faudra résoudre un paradoxe: les outils d'analyse et de traitement ne cessent de progresser, mais dès que l'on approche d'une limite administrative, on passe de plus en plus de temps à uniformiser les données. Le chantier de l'interopérabilité des données cartographiques et statistiques est donc aussi un discret mais important enjeu du fédéralisme de coopération. Surtout sur un petit territoire comme Bruxelles, où l'on n'est jamais loin d'une limite régionale. L'étude est disponible sur le site www.brusselsstudies.be'.

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