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La gestion des feux tricolores, un des enjeux de la mobilité

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La gestion des feux tricolores,  un des enjeux de la mobilité

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Quoi de plus banal qu'un feu tricolore dans le paysage urbain' Pourtant, il régule l'usage de l'espace et donc, la place de l'automobile et des transports publics.

A Bruxelles, la régularité et la vitesse constituent deux enjeux majeurs pour la Stib. Diverses mesures tentent d'augmenter la vitesse moyenne des véhicules en surface. Ces solutions passent à la fois par des mesures infrastructurelles (sites propres) et par des mesures comportementales (respect des sites et arrêts par les automobilistes). La troisième piste réside dans une répartition temporelle de l'usage de la voirie en faveur du transport public, via la gestion des phases de feux. Pour comprendre cette troisième piste, il faut ouvrir la boite noire du système de télécommande des feux utilisé par les bus et trams bruxellois.

Le numéro 103 de Brussels Studies vise à rendre ce dispositif technique intelligible à tous, mais aussi à mettre en lumière les enjeux «politiques» qui le sous-tendent. On retrouve évidemment au cœur des discussions sur la télécommande des feux la question de la place respective du transport public et de l'automobile (mais aussi de la marche et du vélo) dans le contexte d'un encombrement généralisé. La démarche des chercheurs rend également visible le travail discret de l'administration Bruxelles Mobilité et sa capacité à créer des compromis, avec tous ses avantages et inconvénients, pour qu'un projet fonctionne au sein du complexe écosystème bruxellois.

Télécommande des feux, oui mais'

Le regard de la politologue Céline Brandeleer et du géographe Thomas Ermans, qui œuvrent pour l'Observatoire de la mobilité de la Région de Bruxelles-Capitale au sein du Centre d'Etudes sociologiques de l'Université Saint-Louis, est ici particulièrement pertinent et didactique. Leur analyse montre que le dispositif de télécommande de feux a permis de réels gains de vitesse commerciale sur certaines lignes relativement bien protégées, mais il est inopérant sur d'autres et manque d'efficacité en tant que solution globale. Si la télécommande des feux devenait un facilitateur global de la circulation du transport public en Région bruxelloise, il faudrait que quasiment l'ensemble des feux de la Région soient équipés et opérationnels. Mais, même dans ces conditions idéales en termes d'équipement, la congestion du réseau routier en surface atteint ponctuellement des niveaux tels que l'usage du système s'avère contre-productif. L'allègement de la charge automobile globale reste donc indispensable.

Processus de «petits pas»

La télécommande est régulièrement présentée comme un dispositif technique innovant, conciliant vitesse commerciale élevée pour le transport public et amélioration de la fluidité automobile. Une solution win-win, donc. Dans la pratique, les principaux défis techniques ont pu être résolus relativement rapidement, mais dès que la mise en service comporte une interaction plus directe avec les multiples acteurs bruxellois, elle se fait plus laborieuse.

'L'allègement de la charge automobile globale reste donc indispensable.'

Chaque réaménagement de l'espace public fait l'objet de tractations dans le cadre des procédures de permis (notamment pour l'installation des quais après les feux), ce qui a pour effet de postposer la programmation des feux. De plus, la reprise par la Région de certains feux gérés par les communes s'apparente, pour certaines d'entre elles, à la perte d'une maîtrise de l'espace public et continue, à ce titre, d'engendrer des réticences. Et si le système est rodé sur le plan technique, la programmation des phases de feu, qui traduit l'arbitrage entre les modes de déplacement, continue d'être discutée, au cas par cas, carrefour après carrefour, entre la Stib et la Région, voire avec certaines communes.

Dès lors, la recherche d'un compromis favorise des solutions autres que l'optimum technico-économique. L'efficacité du système reste contrainte par la préservation de la capacité automobile de la voirie, l'Administration respectant en cela les balises politiques prônant un système de télécommande des feux «dans les limites de l'acceptable» pour le transport public sans être contre la voiture' Selon les auteurs, avec la télécommande de feux, on est donc, pour résoudre les problèmes de la mobilité bruxelloise, davantage dans un processus de «petits pas» que dans le cadre d'un engagement politique net en faveur du transport public, qui passe par la réduction de l'emprise de l'automobile dans l'espace public.

Cette étude est développée de manière extensive dans le Cahier 5 de l'Observatoire de la mobilité de la Région de Bruxelles-Mobilité consacré au «Partage de l'espace public en Région de Bruxelles-Capitale» qui paraîtra le 18 octobre à l'occasion d'un workshop et d'une présentation organisés par Bruxelles Mobilité en collaboration avec ]Pyblik[.

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