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«La maison du future pourra s’adapter de façon dynamique à nos besoins»

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«La maison du future pourra s’adapter de façon dynamique à nos besoins»

"Le bâtiment dans lequel nous vivons pourra également s'adapter de façon dynamique à nos besoins. Par exemple, en construisant de manière modulaire, une maison pourra grandir avec la famille lorsqu'il y aura des enfants ou être divisée en deux unités plus petites lorsque les enfants auront quitté le foyer."

© Inge De Lissnyder

Pour notre rubrique «Parole de CEO», Elisabeth Van Damme (Administratrice d'Elitis Real Estate) nous parle notamment des robots semi-automatique et de leur impact sur les prix immobilier, de l'importance de la formation continue ainsi que de la construction modulaire.

1. Intelligence artificielle, réalité virtuelle, énergie de l'hydrogène, drones, big data, impressions 3D, etc. Quelle nouvelle technologie influencera selon vous le plus votre entreprise dans les années à venir ?  

Je n'attends pas de changements majeurs dans les logements traditionnels et résidentiels au cours des prochaines années. Néanmoins, un certain nombre de choses seront encore plus automatisées ou préparées hors chantier, y compris via l'impression 3D. Le déploiement de la technologie d'impression à grande échelle n'est cependant pas encore pour demain. Pour la construction d'une habitation classique, avec de nombreux angles coins et côtés, portes et châssis, peu de choses changeront à court terme.
Pour les grands projets de bâtiments industriels ou les complexes d'appartements, en plus de la construction en béton existante, on utilisera plus souvent, par exemple, un robot de maçonnerie. C'est déjà le cas au Royaume-Uni. Un tel robot semi-automatique travaille jusqu'à 6 fois plus vite et peut surtout assurer un travail plus lourd.  
Pour le promoteur que nous sommes, il est important de savoir si ces technologies auront ou non un effet favorable sur le prix du produit.

2. Vers quel métier du bâtiment les jeunes doivent-ils aujourd’hui orienter leurs études pour s'assurer une carrière intéressante et bien rémunérée dans le secteur de la construction : le coffrage, la menuiserie, la plomberie... ou plutôt la planification ?  

On entend plus souvent dire qu'il y aura toujours du travail pour un bon artisan, et je le crois aussi. Il reste important de choisir une formation qui vous plaît et dont vous aimeriez faire votre métier. Toutefois, tenez compte de l'avenir et demandez-vous si une automatisation plus poussée pourrait constituer un danger pour votre profession. Il y aura toujours une demande pour les professions traditionnelles comme celles de plombier, plâtrier, parqueteur, carreleur, etc. L'avenir s'annonce également radieux pour les calculateurs et les chefs de chantier. Mais, quel que soit votre choix, le mot-clé pour le futur est «formation continue». La technologie progresse continuellement et il est de plus en plus important de suivre les évolutions dans votre domaine de connaissance.

3. Qu'est-ce que la crise du coronavirus vous a appris sur votre entreprise (que vous ne saviez pas déjà) ? 

La crise du coronavirus a clairement montré qu'il est non seulement important de réagir à une situation changeante par des mesures adéquates, mais aussi la rapidité avec laquelle vous le faites. Des informations claires, neutres et actualisées dès le premier jour permettent de s'assurer une association de tous les collaborateurs de l'entreprise afin de traverser ensemble une situation difficile et incertaine.

4. Quelle est selon vous la plus grande menace pour votre entreprise/secteur (la concurrence étrangère, la pénurie de personnel qualifié, les coûts salariaux, etc.) ? 

Comme nous sommes principalement actifs dans l'offre de biens d'investissement à nos clients, tout ce qui menace un rendement adéquat est un danger potentiel. La hausse du prix d'achat d'un nouveau bâtiment due, par exemple, à des investissements supplémentaires dans une faible consommation d'énergie, une augmentation du prix des matières premières, une diminution de la déductibilité fiscale, etc. L'incapacité à financer un projet de construction en raison du resserrement du secteur bancaire constitue à long terme un danger pour la réalisation de nombreux projets. 

5. Les bâtiments sont-ils encore construits pour un usage durable ou auront-ils bientôt une date d'expiration ?

Aujourd'hui, on ne construit déjà plus pour l'éternité. Les exigences techniques de plus en plus strictes, d'une part, et l'évolution des besoins des clients, d'autre part, feront que les maisons et appartements que nous construisons ne seront pas utilisés pendant plus de 50 ans. Le bâtiment dans lequel nous vivons pourra également s'adapter de façon dynamique à nos besoins. Par exemple, en construisant de manière modulaire, une maison pourra grandir avec la famille lorsqu'il y aura des enfants ou être divisée en deux unités plus petites lorsque les enfants auront quitté le foyer .
Le succès des « petites unités de construction » en est un premier signe, tout comme la mise en œuvre flexible des éléments de construction dans les établissements de soins.
 

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