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La santé des dirigeants des Pme du bâtiment sous la loupe

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La santé des dirigeants des Pme du bâtiment sous la loupe

Le premier facteur de risque pour la santé des dirigeants de Pme est le stress dû à une surcharge de travail, des horaires bien au-delà de l’acceptable, le sentiment d’être seul face aux décisions à prendre, sans compter l’incertitude du marché…

Depuis plusieurs années, le burn-out fait quotidiennement parler de lui. Maladie de notre époque, il affecte de plus en plus souvent (et gravement) de nombreux travailleurs. Mais, même si on en parle moins, les dirigeants d’entreprise ne sont pas à l’abri des conséquences du stress.

Que du contraire. Détail aggravant, les chefs d’entreprise sont tellement préoccupés par leur société qu’ils ont tendance à oublier le lien incontestable qui existe entre leur santé et leur entreprise.

C’est en tout cas ce qui ressort d’une enquête menée en France par l’observatoire Amarok, en partenariat avec la Ffb (Fédération Française du Bâtiment), BTP Banque, l’Oppbtp (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics), Pro Btp (groupe de protection sociale du bâtiment et des travaux publics) et la Smabtp (assureur de référence des métiers du bâtiment).

L’objectif de cette vaste recherche qui s’est déroulée de 2015 à 2017, est de combler l’insuffisance de statistiques et de connaissances sur les conditions de travail et l’état de santé des dirigeants de Pme du bâtiment en France. Mais, au-delà, il s’agit aussi de construire un pont entre les sciences de l’entrepreneuriat et la santé au travail afin de mieux répondre aux attentes de cette population spécifique et aux difficultés qu’elle rencontre.

L’enquête a porté sur le comportement de 317 dirigeants de Pme du BTP (256 hommes et 61 femmes. Age moyen: 49 ans).

«Le stress, facteur de risque» est le premier thème traité par l’observatoire Amarok sur ce que vivent et ressentent les dirigeants du BTP au quotidien. Trois autres dossiers relatifs à cette étude seront publiés par la suite.

Le stress, un tueur sournois et efficace

C’est tout sauf un scoop, le premier facteur de risque pour la santé des dirigeants de Pme est le stress dû à une surcharge de travail, des horaires bien au-delà de l’acceptable, le sentiment d’être seul face aux décisions à prendre et aux difficultés rencontrées, sans compter l’incertitude du marché.

Ceci posé, il est intéressant d’évaluer l’intensité quotidienne, les sources (les «stresseurs professionnels», selon le jargon en vigueur) et surtout la durée d’exposition au stress.

Les différentes mesures opérées ont ainsi permis de montrer clairement que le vecteur le plus nocif n’est pas tant l’intensité ponctuelle du stress que la durée d’exposition à celui-ci.

Les dirigeants du BTP travaillent en moyenne entre 50 et 60 heures par semaine (41,1%). C’est très largement au-dessus de la moyenne nationale. 34,2% ont même travaillé en moyenne plus de 60 heures par semaine au cours du suivi. À l’inverse, seuls 24,7 % d’entre eux laissent entendre qu’ils ont travaillé moins de 50 heures.

Ce résultat confirme que les dirigeants de Pme et Tpe sont, de très loin, les plus gros travailleurs de France. Une manière de travailler et de vivre (si tant est qu’on puisse encore parler de vie dès lors qu’on aligne des semaines de travail aussi intenses…) qui n’est évidemment pas sans conséquences pour la santé; 73,5% des dirigeants du BTP déclarent ainsi ressentir un stress professionnel fort, voire très fort. Et ils ne sont que 7,1% à affirmer qu’ils ne ressentent que peu de stress.

Le dirigeant de Pme ne craint pas la solitude

Cette partie de l’étude montre que les dirigeants de Tpe et de Pme du BTP sont vulnérables à certains facteurs de stress, tels que surcharge de travail, amplitude horaire du travail importante et stress professionnel. En revanche, ils semblent nettement moins impactés par le sentiment de solitude et le manque de soutien social.

D’une manière générale, les dirigeants du BTP ne se sentent ni particulièrement isolés ni particulièrement entourés (40,4%); 22,2% des responsables interrogés déclarent cependant éprouver plus de solitude que de soutien dans le cadre de leur fonction.

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