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La valse fusionnelle

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Selon le récent baromètre d'EY, les projets de fusion-acquisition 'opèrent un retour en force au niveau mondial et atteignent même un pic depuis 6 ans. L'enquête, réalisée auprès de 1.600 dirigeants dans 53 pays, indique ainsi que six dirigeants sur dix envisagent un rachat au cours des 12 mois à venir. Les secteurs de l'énergie, des biens de consommation, des mines et métaux, les produits industriels et les services aux collectivités sont les plus convoités. Par pays, ce sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Chine et l'Inde qui sont les plus attractifs. Pour l'instant car le risque réduit dans la zone euro et le regain du dollar face à la monnaie européenne devraient stimuler les appétits pour l'Europe dans les prochains mois. Il s'agit en tout cas de profiter des taux bas pour s'offrir des actifs stratégiques. Car c'est là une différence avec l'autre période boulimique des fusions-acquisitions du début des années 2000, aujourd'hui, il s'agit de faire des choix qui collent avec une stratégie de croissance. On fusionne «plus rationnel» en quelque sorte.

Diverses raisons expliquent cet effervescence: la présence massive de liquidités due au bas niveau des taux d'intérêt, le potentiel de croissance qu'offre une fusion-acquisition dans un contexte économique plutôt déprimé, la volonté de défendre ses positions face à de nouveaux acteurs ou encore la pression des actionnaires.

Et si toutes les opérations n'ont pas l'ampleur ' près de 100 milliards d'euros - du rachat titanesque et récent du brasseur sud-africain SAB-Miller par le n°1 mondial AB InBev, elles devraient se multiplier dans les mois à venir. On se souviendra aussi de l'Opa réalisée par Vodafone sur l'opérateur allemand Mannesman en 1999 pour la somme astronomique de 202,8 milliards de dollars. Avec le rachat brassicole, le montant total des fusions-acquisitions depuis le début de l'année avoisine ainsi les 3.380 milliards de dollars. Une hausse de 35% sur un an et un record depuis 35 ans.

Mais, car il y a un mais, 40 à 80% des fusions ratent leur cible. Selon un consultant spécialisé, le succès dépendra des «compétences en leadership» des acquéreurs et de leur aptitude à motiver les troupes pour faciliter une intégration parfois difficile. L'importance accordée aux cadres moyens dans les entreprises rachetées serait une autre clé du succès.

Plus globalement, les cabinets d'audit et autres spécialistes évoquent d'une même voix une logique structurelle de recentrage des groupes sur les pays développés après certaines désillusions sur les marchés émergents. Sic transit gloria mundi'

Françoise Genicot

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