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Lancement d’un projet européen pour capter et stocker le CO2 à l’échelle industrielle

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Lancement d’un projet européen pour capter et stocker le CO2 à l’échelle industrielle

En 2017 déjà, Total, Equinor (la plus grosse compagnie pétrolière norvégienne) et Shell signaient un accord de partenariat pour développer un projet de stockage du CO2 sur le plateau continental norvégien. (© Total)

Un consortium réunissant 11 acteurs européens vient de lancer  un projet pilote de captage de CO2 d’origine industrielle. Ce projet baptisé «3D» s’inscrit dans une étude globale consacrée au développement du futur pôle européen de captage-stockage de CO2 de Dunkerque - Mer du Nord.

Le projet «3D» (pour DMXTMDemonstration in Dunkirk) fait partie du programme pour la recherche et l’innovation de l’Union européenne, Horizon 2020. Le projet dispose d'un budget de 19,3 millions d’euros sur 4 ans, dont 14,8 millions d’euros de subventions de l’UE. Coordonné par IFP Energies nouvelles (Ifpen), le projet «3D» regroupe 10 autres partenaires de la recherche et de l’industrie, issus de 6 pays européens: ArcelorMittal, Axens, Total, ACP, Brevik Engineering, CMI, DTU, Gassco, RWTH et Uetikon.
«3D» vise un triple objectif: démontrer l’efficacité du procédé DMXTM à l’échelle du pilote industriel.

Le futur pôle européen de Dunkerque-Mer du Nord s’appuierait sur les infrastructures de conditionnement et de transport pour le stockage du CO2 déjà mises en place en Norvège, par exemple. (© Total)

Le pilote, conçu par Axens, sera construit à partir de 2020 sur le site sidérurgique de ArcelorMittal à Dunkerque et sera capable, dès 2021, de capter 0,5 tonne par heure de CO2 issu du gaz sidérurgique.

Le procédé breveté DMXTM, issu de la recherche Ifpen et qui sera commercialisé par Axens, utilise un solvant qui réduit de près de 35% la consommation d'énergie du captage par rapport au procédé de référence. En utilisant, en complément, la chaleur produite sur le site, le coût du captage sera réduit de moitié, à moins de 30 euros par tonne de CO2.

Préparer la mise en place d’une première unité industrielle sur le site d’ArcelorMittal à Dunkerque
Celle-ci pourrait être opérationnelle à partir de 2025. Elle devrait capter plus de 125 tonnes de CO2 par heure, soit plus d’un million de tonnes de CO2 par an.

Concevoir le futur pôle européen de Dunkerque - Mer du Nord qui pourrait capter, conditionner, transporter et stocker 10 millions de tonnes de CO2 par an et verrait le jour à horizon 2035.

Ce pôle s’appuierait sur les infrastructures de conditionnement et de transport pour le stockage du CO2 en Mer du Nord mises en place via d’autres projets comme celui de Northern Lights (projet d’étude de captage, stockage et valorisation du CO2 en Norvège) dans lequel Total est d’ores et déjà engagé.

Total déjà fortement impliqué dans le captage-stockage

De manière générale, le projet «3D» a l’ambition de valider des solutions techniques duplicables et de permettre le déploiement industriel de la technologie du captage-stockage à travers le monde. Il devrait jouer un rôle majeur pour permettre aux industries, fortement consommatrices d’énergie et émettrices de CO2 telles que la sidérurgie, de réduire leurs émissions. Ce projet est un levier essentiel pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique.

«Des pilotes industriels, comme celui de Dunkerque, sont indispensables pour améliorer la compétitivité des technologies de captage, de stockage et d’utilisation du CO2 et permettre ainsi le développement d’une industrie bas-carbone»,  souligne Marie-Noëlle Semeria, directrice R&D de Total. A noter que Total consacre déjà 10% de son budget R&D aux technologies de captage-stockage et valorisation du CO2.

La filière Carbon Capture & Storage (CCS)

Le captage consiste à extraire le CO2 produit par les grandes unités industrielles émettrices, puis à le mettre sous pression avant injection dans un stockage géologique. Dans le captage en post-combustion, le CO2 est séparé des autres gaz par absorption dans un solvant chimique. Actuellement, l'enjeu des recherches est d'augmenter significativement les performances énergétiques de cette étape, la plus coûteuse de la filière CCS, pour rendre ce procédé compétitif.

 

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