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Le Betonstop en Flandre, entre théorie et pratique

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Le Betonstop en Flandre, entre théorie et pratique

Investir dans l’avenir et donc aussi dans le maintien des espaces verts exige un regard ouvert et une vision à long terme.

L’acceptation du plan Betonstop (stop au béton) en Flandre passe par une réglementation locale mûrement réfléchie, ainsi que par une vision claire de l’aménagement spatial du centre des villes et villages. Or, les administrations locales comme les habitants manquent encore trop souvent de volonté pour concrétiser leur soutien à ce programme.

Une étude d’iVOX, menée à la requête de Cores Development, démontre que 66,6% des Flamands sont favorables au Betonstop, mais 70% ne sont pas prêts à vivre dans des espaces plus petits. C’est pourtant une nécessité si l’on veut préserver les espaces verts et exploiter au mieux les noyaux des villes et communes. Et Cores Development de conclure qu’oser investir dans le renforcement des noyaux urbains devrait occuper une place plus importante dans l’agenda politique.

Pour rappel, le Betonstop interdira toute construction neuve en dehors des centres urbains et communaux dès 2040 afin de mettre un terme au désordre dans l’aménagement du territoire en Flandre. Or, un rapport récent sur le béton établi par Natuurpunt révèle que cette mesure produit exactement l’effet inverse à certains endroits.

Un tiers des campagnes flamandes sont bétonnées ou dédiées à la mobilité et au divertissement, faisant de la Flandre le cancre de l’Europe en la matière. Le taux d’occupation des Pays-Bas, par exemple, ne représente que la moitié de celui de la Flandre, alors que ce pays est également très urbanisé comparé au reste de l’Europe. Apparemment, nos voisins du Nord gèrent plus intelligemment le rapport entre espaces publics et privés, ils construisent de manière plus compacte, plus regroupée et plus en hauteur qu’en Flandre.

La compacité faite loi

Et pourtant, habiter plus compact sera incontournable dans le futur. En effet, pour bâtir l’avenir au sens propre comme au sens figuré, il est nécessaire de penser aux habitants de demain. Aujourd’hui, les ménages deviennent en moyenne plus petits, surtout dans les villes, la population augmente et les surfaces résidentielles sont trop importantes. Une situation qui n’est plus tenable dans l’optique d’un avenir durable. Il convient donc de gérer plus efficacement l’espace occupé et d’exploiter plus intelligemment les surfaces d’habitation disponibles. Tout cela requiert des aménagements créatifs.

«Vivre plus petit ne signifie pas pour autant réduire sa qualité de vie: l’habitation compacte de demain doit pouvoir concurrencer la qualité de vie de l’habitation 4 façades. Il s’agit donc de miser sur la qualité de l’espace extérieur, de la vie privée et des infrastructures. Nous habiterons inévitablement plus proches les uns des autres et plus haut; c’est la seule manière de créer plus d’espaces verts autour de nous. Il s’agit d’un processus de sensibilisation intensif et lent, et nous voulons appeler tous les acteurs à se joindre à la démarche: les urbanistes, la politique et l’administration, mais aussi l’utilisateur final», insistent les commanditaires du rapport.

Intérêt particulier vs intérêt général

Alors que les villes doivent intégrer l’esprit de village dans leur développement urbain, les villages et les communes doivent oser innover et renforcer leurs noyaux urbains. Bon nombre de noyaux de taille plus petite sont bien dégagés et se prêtent parfaitement à un renforcement qualitatif sans devoir sacrifier de la verdure. Néanmoins, les politiques locales font parfois obstacle à la densification de qualité, comme la limitation stricte du nombre d’étages et l’imposition d’une superficie minimale pour l’offre résidentielle. Il n’est pas rare non plus que l’administration locale subisse la pression de groupes d’intérêts qui ne voient hélas que leur propre avantage au lieu de considérer la problématique dans son ensemble. On est alors dans le cas de figure classique de l’intérêt particulier vs l’intérêt général. 
De plus, le flou qui subsiste sur le sort réservé aux terrains libres dans le cadre du Betonstop incite bon nombre de Flamands à suivre leur instinct individualiste et à rentabiliser leur investissement en vendant ou en construisant. Ces constructions réalisées dans l’urgence, avant le couperet du Betonstop, hypothèquent l’offre résidentielle innovante. De nouvelles formes d’habitat et une répartition de qualité entre espaces résidentiels et verts s’imposent plus que jamais. Investir dans l’avenir et donc aussi dans le maintien des espaces verts exige un regard ouvert et une vision à long terme.
Le maître-architecte flamand Leo Van Broeck l’a bien compris en pointant déjà à maintes reprises les faiblesses de l’aménagement du territoire en Flandre. Il en appelle donc à une réglementation uniforme et encourage fortement les communes à se faire conseiller en matière d’utilisation durable du territoire.

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