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Le BIM au service de la transition énergétique dans le bâtiment

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Le BIM au service de la transition énergétique dans le bâtiment

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La révolution numérique du bâtiment s'accélère en France, via la maquette BIM appelée à se généraliser dans les marchés publics à l'horizon 2017. Un outil qui présente des atouts pour une transition écologique et énergétique du secteur.

Le ministère du Logement a lancé en décembre 2014 un plan, doté de 20 millions d'euros sur trois ans, visant à accélérer l'utilisation par les acteurs du bâtiment de la maquette numérique, intégrée dans un processus BIM (Bâtiments et informations modélisés). Objectif «construire plus de logements, de meilleure qualité notamment environnementale et à moindre coût», a souligné Bertrand Delcambre, président du plan pour la transition numérique dans le bâtiment (PTNB).

Ce processus, répandu aux Etats-Unis et dans les pays anglo-saxons et scandinaves, se développe rapidement en France.

Un rapport «gagnant-gagnant»

Le BIM est un processus de travail collaboratif sur une maquette numérique, entre tous les intervenants d'un projet de bâtiment, de la conception à l'exploitation architecte, maître d'ouvrage, ingénieur, bureau d'étude, thermicien, économiste de la construction... La maquette numérique BIM préfigure le bâtiment et la gestion de la totalité de son cycle de vie. Elle contient une base de données et une représentation graphique en 3D de l'ouvrage. Elle permet ainsi de décrire les objets composant le bâtiment et sur lesquels sont attachées des données partageables entre les acteurs du projet. A chaque objet (murs, portes, gaines, ?.) peut être associé des caractéristiques techniques: taille, marque, modèle, données énergétiques, thermiques, résistance au feu, acoustique? Avec à la clef un meilleur partage de l'information.

«Avec la maquette numérique, la durée moyenne des chantiers est écourtée de 7%... Les dépassements budgétaires sont diminués de 40%! La marge d'erreur réduite à moins de 3%. In fine, la maquette numérique permet ainsi d'économiser jusqu?à 10% de la valeur des contrats», fait valoir le ministère sur le site dédié au PTNB.

Un outil pour une transition écologique et énergétique

Si les gains attendus par les acteurs du secteur sont principalement d'ordre économique, les gains environnementaux peuvent constituer un avantage collatéral. «Les enjeux de la transition énergétique et écologique vont potentiellement obliger tous les acteurs à revoir leur façon de concevoir, de réaliser et d'entretenir les bâtiments, mais aussi d'interagir entre eux. Ce que permet justement la maquette numérique», pouvait-on lire dans un rapport paru en mars 2014, dans le cadre du Plan bâtiment durable. L'utilisation du BIM modélise en effet le projet dans sa globalité, à l'aide de logiciels permettant de calculer l'impact environnemental du projet et d'améliorer ses performances énergétiques, tout au long de son cycle de vie.

A titre d'exemple, «Elodie», un outil d'analyse du cycle de vie développé par le Centre scientifique et technique du bâtiment (Cstb), est pourvu d'un module BIM. «Ce module permet d'analyser la maquette numérique (navigation 3D et manipulation), de l'enrichir et d'exporter les données dans l'outil métier Elodie», précise Elisa Rolland, ingénieure études et recherche à la direction des technologies de l'information au Cstb. Le projet BIM sera ainsi enrichi avec les fiches de déclaration environnementales et sanitaires de la base Inies (la base nationale de référence sur les caractéristiques environnementales et sanitaires pour le bâtiment). La qualité environnementale des matériaux et produits de construction peut être analysée extrêmement rapidement grâce à la quantité d'informations contenue dans le BIM.

La Belgique veut rattraper son retard

Et chez nous' Alors que nos grandes entreprises de construction sont actives au niveau mondial, le développement d'une pratique et expertise belge dans le domaine du BIM reste embryonnaire et la Belgique accuse un retard important par rapport à d'autres pays européens comme le Royaume-Uni, l'Allemagne, les pays scandinaves (où le BIM est obligatoire dans le cadre des marchés publics) ou encore les Pays-Bas et la France qui déploient d'importants efforts pour rattraper leur retard. Les choses devraient néanmoins bouger dans les prochains mois. Plusieurs projets sont actuellement menés ou en phase de développement tant au niveau des entités fédérées que du fédéral.

Au niveau fédéral, un projet d'étude prénormative (le CODeC - Communication Framework for Digital Construction) est mené en collaboration avec le SPF Economie et le Bureau de Normalisation. Ce projet s'étendra sur deux ans (du 1er septembre 2016 au 31 août 2018) et permettra, entre autres choses, d'améliorer la sécurité sur chantier, de développer les moyens de prédiction des performances du bâtiment et, last but not least, d'associer les objectifs environnementaux vers une économie bas carbone.

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