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Le goût de l'avenir

La Belgique serait le 24e pays le plus riche du monde si on considère la valeur totale de l'environnement bâti (bâtiments et infrastructures, 1,4 billon de dollars). Sur la base d'un calcul par habitant, elle se classe au 10e rang des pays les plus riches en matière d'infrastructures et atteint même la 3e place en Europe derrière l'Italie et les Pays-Bas, dixit le Global Built Asset Wealth Index publié par Arcadis.

Toutefois, au cours des dix prochaines années, notre pays perdra des places dans ce classement, de la 24e à la 27e. Nous devrions aussi reculer de la 10e à la 13e place en ce qui concerne la richesse immobilière par habitant. Assez logiquement, les économies émergentes vont bouleverser cette liste vu qu'elles investissent davantage dans leurs bâtiments et infrastructures. C'est pour cette raison que la Chine occupe la première place du classement au détriment des Etats-Unis qui le dominaient en 2012. La Chine représentera même 33% de l'environnement bâti mondial en 2025.

La valeur des bâtiments et infrastructures d'un pays est un bon indicateur de sa prospérité. Luc Hellemans, Ceo d'Arcadis Belgique: «Sans routes bien entretenues, sans un approvisionnement fiable en énergie et sans un immobilier de qualité, une économie ne peut prospérer. Le rapport montre d'ailleurs que la richesse immobilière et le produit intérieur brut sont liés de façon indissociable.»

Or, le recul drastique des investissements dans les infrastructures et les bâtiments en Belgique depuis plusieurs années est de plus en plus sensible. Si des investissements ne sont pas rapidement effectués, nous risquons de devenir le «musée du monde», avance Luc Hellemans. Pourtant, malgré les économies réalisées par les pouvoirs publics et la stagnation du marché immobilier, des possibilités de croissance existent. Arcadis se fait ici le chantre des PPP pour les projets complexes et de grande ampleur. Les investisseurs privés en ont les moyens et recherchent une diminution des risques ainsi que du rendement à long terme. «Cela donne du grain à moudre aux pouvoirs publics qui prévoient souvent des projets sans disposer du financement nécessaire.»

Le Fmi et l'Ocde eux-mêmes ne disent rien d'autre en déplorant, pour le premier, que le volume de l'investissement dans les pays avancés est inférieur de 25% à ce qui était prévu avant la crise. Quant à l'Ocde, il relève que la faiblesse des efforts d'équipement des entreprises, des particuliers et des Etats pèse sur la productivité, la croissance future et l'emploi. Pour faire court: une reprise des investissements est largement souhaitable et soutiendrait à la fois la demande actuelle et l'offre de demain.'

Françoise Genicot

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