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Le nouveau village pénitentiaire de Haren officiellement inauguré

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Le nouveau village pénitentiaire de Haren officiellement inauguré

© SLRB

Le nouveau village pénitentiaire de Haren (Bruxelles) a été officiellement inauguré en présence du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, et du secrétaire d’État compétent pour la Régie des Bâtiments, Mathieu Michel. Le site de la prison offre une capacité d’accueil de 1.190 détenus et est constitué de plusieurs bâtiments et unités de vie à petite échelle, qui forment en quelque sorte un village.

Le complexe pénitentiaire a été construit selon une procédure DBFM –signifiant Design, Build, Finance & Maintain. Il s’agit d’un partenariat public-privé au sein duquel un partenaire privé prend en charge la conception, la construction, le financement et l’entretien de l’établissement pénitentiaire. Il a été réalisé par le consortium Cafasso, composé des principaux partenaires Denys, FCC Construcción et Macquarie Group. Les travaux à proprement parler ont débuté à l’automne 2018 et se sont achevés en septembre 2022. 

Une autre expérience que les prisons classiques

Le village pénitentiaire a été érigé sur un terrain de 15 hectares et est constitué de plusieurs bâtiments : 1 maison d’arrêt pour hommes, 1 maison de peine pour hommes, 1 centre fermé pour femmes, 1 centre ouvert pour femmes, 1 centre d’observation, 1 section psychiatrique, 1 centre médical et de vastes ateliers de travail.
 
Au centre se dresse ce que l’on appelle « l’hôtel de ville », qui donne sur une grande cour intérieure centrale. Il rassemble différentes fonctions communes telles que le complexe d’accueil et de visite, la salle de sports, le front office et le tribunal de l’application des peines.
 
En outre, un bâtiment d’entrée abritant les salles du conseil et un bâtiment administratif, situé à l’extérieur du mur périmétrique, sont également intégrés.
 
Les différents bâtiments forment pour ainsi dire un village en soi, ce qui concourt à une tout autre expérience que les prisons classiques en étoile (« concept Ducpétiaux »). L’absence de grillage aux fenêtres et le choix d’une nuance dégradée dans le revêtement de façade et dans les bâtiments amènent à une autre perception de la détention.
 
Les promenades (espaces extérieurs) ont été aménagées de façon pratique en une zone de détente et une zone verte. Le village pénitentiaire possède également un potager dans lequel certains détenus peuvent se mettre au vert.
 
Le centre fermé pour femmes se situe à l’intérieur du périmètre sécurisé et peut accueillir 100 détenues, réparties sur 3 unités de vie. Une unité de vie dispose de 5 chambres mère-enfant et d’une aire de jeu intérieure et extérieure.
 
Le centre ouvert pour femmes se situe à l’extérieur du périmètre sécurisé et peut accueillir 60 détenues, réparties sur 6 groupes de vie, dans lesquels elles préparent elles-mêmes leurs repas et jouissent d’une plus grande indépendance que dans la section fermée. Chaque unité de vie est dotée d’une terrasse et l’unité de vie mère-enfant est dotée d’un petit jardin. En outre, toutes les unités de vie donnent sur une place ou un jardin central. Certains détenus bénéficient de permissions de sorties leur permettant, par exemple, de quitter la section la journée pour aller travailler. L’accent est fortement mis sur la réinsertion par le contact social. Ainsi, les visiteurs auront accès à un café, et un atelier de repassage est présent.

Un village durable

Un « système de stockage géothermique par puits de forage » (champ BTES = pompe à chaleur sol-eau) a été installé, avec 250 forages d’une profondeur allant jusqu’à environ 90 mètres. Ce système de stockage géothermique par puits de forage est l’un des plus grands en Belgique. Il permet de refroidir ou de réchauffer les bâtiments avec l’énergie gratuite provenant du sol. Via un système de tuyaux souterrains, la fraîcheur est extraite du sol en été, puis utilisée pour refroidir les bâtiments. En hiver, la chaleur stockée peut être libérée afin de réchauffer les bâtiments. Le système de stockage géothermique entraîne des économies d’énergie primaire considérables et est donc positif tant pour le climat que pour la facture énergétique.
 
Une installation de cogénération est utilisée pour générer de l’électricité et la chaleur résiduelle dégagée sert à produire une partie de l’eau chaude pour la prison.
 
Les valeurs d’isolation des bâtiments (89 000 m² de façades et 50 000 m² de sols) sont plus performantes que ce qui est demandé dans la réglementation actuelle. Lors de l’introduction de la première demande de permis de bâtir en 2013, le projet atteignait un niveau K moyen de K18, alors que la législation en vigueur à l’époque prescrivait un niveau K maximal de K40. Le projet faisait donc plus de deux fois mieux que ce qui était prescrit. Aujourd’hui, quasiment 10 ans plus tard, la qualité d’isolation des bâtiments ne s’exprime plus en niveaux K, mais nous voyons que les coefficients de transmission thermique (valeur U) des différents éléments de construction sont toujours meilleurs que la réglementation actuelle.
 
Une attention particulière a été portée à l’acoustique, l’accent ayant été mis sur la prévention des bruits excessifs. Concrètement, il s’agit de la diminution de la propagation du bruit, des bruits constants et des bruits impulsifs à travers la structure en béton, de la recherche de finitions absorbant le bruit et résistantes au vandalisme, de l’aménagement de locaux spécifiques tels que des salles d’audience et des chambres à faible simulation et de locaux plus courants de vie – formation – travail tels que des salles de classe, des ateliers, des espaces de séjour et des cellules. Un défi supplémentaire pour le confort acoustique était la prévention des nuisances sonores des avions (l’aéroport national de Bruxelles-Zaventem se trouve à proximité).
 
Le village pénitentiaire arbore une certification « BREEAM Very Good ». BREEAM est une norme internationale qui évalue la durabilité des projets à l’échelle mondiale. Cette norme ne considère pas seulement les niveaux d’isolation et la performance énergétique d’un bâtiment, mais évalue également l’ensemble du processus de construction et la phase d’utilisation.
 
Afin de remédier à la surpopulation actuelle dans les prisons belges, trois ailes cellulaires de la prison de Saint-Gilles resteront encore opérationnelles jusque fin 2024. La prison des femmes de Berkendael sera transformée en maison de détention pour quelque 60 personnes condamnées à une courte peine (moins de 3 ans d’emprisonnement). Le déménagement des détenus se fera en plusieurs phases. Il est prévu qu’aux environs de la mi-octobre 2022, les détenues de Berkendael rejoignent la prison de Haren et qu'à la mi-novembre 2022, ce soit au tour des détenus de Forest.
 
 
 
Photos: SLRB

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