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Le photovoltaïque, pilier de la transition énergétique mondiale

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Le photovoltaïque, pilier de la transition énergétique mondiale

Les énergies renouvelables, et le solaire photovoltaïque en particulier, ont littéralement éclipsé, sur le plan des investissements, les moyens de production conventionnels, fossiles et nucléaire.

EurObserv’ER publie son baromètre photovoltaïque 2018. Il en ressort que, avec près de 100 GW de nouvelle capacité installée en 2017, le marché mondial du solaire photovoltaïque a, une fois de plus, battu un record. Et comme de bien entendu, la moitié de cette capacité a été réalisée en Chine (52,9 GW). L'UE a clôturé l'année 2017 avec un total de 106,6 GW de capacité cumulée connectée (+5,6 GW en 2017), soit une baisse de 10,8% par rapport à l’année précédente. L’Union européenne ne possède désormais plus le premier parc photovoltaïque de la planète, largement dépassée par la Chine qui a atteint 130,2 GW.

La croissance spectaculaire de l’électricité solaire, qui s’appuie sur des bases industrielles extrêmement solides, fait du photovoltaïque un des piliers de la transition énergétique mondiale. Si la production photovoltaïque peut encore paraître marginale au niveau mondial, représentant un peu plus de 2% du mix électrique en 2017, elle compte déjà pour près de 6% au Japon, et plus de 7% en Allemagne et en Italie.

Si le marché de la production de modules photovoltaïques est totalement dominé par les Chinois, l’Europe mise sur les onduleurs. (© CB Energy)
 

Selon les données du rapport Global Trends in Renewable Energy Investment 2018, les énergies renouvelables, et le solaire en particulier, ont littéralement éclipsé, sur le plan des investissements, les moyens de production conventionnels, fossiles et nucléaire. Les énergies renouvelables, hors grande hydraulique, ont ainsi représenté 61% de la puissance nette nouvellement installée dans le monde en 2017, et le solaire à lui seul, 38% (photovoltaïque et solaire thermodynamique confondus). 265 milliards de dollars ont ainsi été investis dans l’électricité verte dont 160,8 milliards de dollars dans le solaire. Ces chiffres sont à comparer aux 103 milliards de dollars d’investissement dans les centrales thermiques fossiles, 45 milliards de dollars dans les grands barrages hydroélectriques et 42 milliards de dollars dans les réacteurs nucléaires…

Autre constat relevé dans le rapport d’Eurobserv’ER: le processus de mondialisation de l’énergie solaire est en train de s’accélérer avec un poids relatif de plus en plus faible de l’Union européenne, tant au niveau du marché que du parc. Plus aucun représentant de l’Union européenne ne figure dans le top 5 mondial des principaux marchés. Derrière le trio de tête composé de la Chine (52,9 GW), des Etats-Unis (10,6 GW) et de l’Inde (9,6 GW), se placent le Japon (7 GW) et la Turquie (2,6 GW). Dans le top 10 ne figurent plus que trois pays de l’UE, l’Allemagne à la 6e place (1,7 GW), la France à la 9e (0,9 GW) et le Royaume-Uni à la 10e (0,9 GW).

Production de modules photovoltaïques: la Chine seule au monde

Il fut un temps où les fabricants européens de modules photovoltaïques dominaient le marché. Puis la Chine s’est éveillée… Et les mesures douanières mises en place par l’Europe et les Etats-Unis pour empêcher que les Chinois n’inondent le marché n’ont pas changé grand-chose au paysage industriel du photovoltaïque.

Le marché photovoltaïque belge a connu une belle reprise en 2017. Les petites installations (moins de 10 kWc) représentent 84% de la nouvelle puissance installée.
 

La partie amont de la filière, qui va de l’extraction de matières premières à la production de modules, est même plus chinoise que jamais.

Ainsi, sur les dix entreprises qui ont livré le plus de modules en 2017, neuf sont chinoises et une est coréenne. Les livraisons de ces dix entreprises représentaient 57 GW en 2017, soit 58% des installations réalisées au cours de l’année.

Face aux géants chinois, les entreprises productrices de modules du reste du monde peinent à exister.

L’Europe mise sur les onduleurs et les composants à haute valeur ajoutée

Tout n’est pas noir pour autant. Si le marché de la production de modules est difficile, d’autres marchés liés au photovoltaïque ont leurs champions. Et certains sont européens.

Ainsi, l’entreprise allemande SMA, spécialiste des onduleurs pour les projets photovoltaïques, représentait 14% des parts de ce marché en 2017.  L’entreprise espère augmenter ses ventes de 10% en 2018, tout en s’adaptant à un marché toujours plus orienté vers les technologies dites «intelligentes».

Le cabinet d’étude GTM Research a d’ailleurs remarqué qu’en Europe, les ventes d’onduleurs avaient crû plus fortement en 2017 que les capacités installées (34% contre 8%). D’après Eurobserv’ER, cela signifie que des porteurs de projets anticipent une croissance du marché européen et font des stocks d’onduleurs pour les années à venir.

Mais il convient de ne pas se reposer sur ses lauriers! Dans cette optique, le syndicat du photovoltaïque européen, SolarPower Europe, a mis en place une Industrial Competitiveness Task Force afin de relancer la machine industrielle. Parmi les objectifs de cette Task Force, il y a l’accompagnement de la R&D dédiée au photovoltaïque et la volonté affichée de maintenir 70% de la chaîne de valeur du photovoltaïque au sein de l’Union européenne.

Un objectif de 35% de renouvelables à l’horizon 2030 devrait permettre à l’industrie européenne d’atteindre une taille suffisante pour répondre aux enjeux de la filière solaire, et accessoirement assurer un vivier de 300.000 emplois.

Et en Belgique?

Sur base des chiffres officiels de l’année 2017 relevés par l’APERe (Association de promotion des énergies renouvelables), le marché photovoltaïque belge a connu une belle reprise avec 289 MWc de nouvelles puissances installées, soit une croissance annuelle 50% plus élevée qu’en 2016. Les petites installations (moins de 10 kWc) représentent 84% de cette nouvelle puissance.

En 2017, le marché des petites installations a clairement soutenu la croissance du solaire photovoltaïque en Flandre (+ 42.500 installations équivalent à 187 MWc supplémentaires). La communication positive du ministre flamand de l’Energie, Bart Tommelein, s’avère payante d’autant qu’elle est associée à une diminution des coûts d’investissement du matériel solaire sur le marché international.

Du côté Wallon, la reprise est moins impressionnante quoique réelle; elle doit aussi beaucoup aux petites installations (+ 8.550 installations équivalent à 75 MWc). Et à Bruxelles, le rythme d’installation reprend progressivement (+9 MWc en 2017).
Le parc photovoltaïque belge atteint ainsi une puissance installée cumulée de 3.877 MWc, soit l'équivalent de 29 km² ou la superficie de près de 4.000 terrains de football.
 

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