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Le secteur de l’industrie extractive en ordre de bataille avant les élections

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Le secteur de l’industrie extractive en ordre de bataille avant les élections

L’industrie extractive génère un chiffre d’affaires annuel de 720 millions d’euros et est à l’origine de 4.000 emplois directs (plus 8.000 emplois indirects). (© Pierre bleue de Wallonie)

© Simon Schmitt - wwww.globalview.be

A l’approche des élections générales du 26 mai 2019, la Fediex (fédération belge de l’industrie extractive) a convié les têtes de listes des principaux partis politiques à l’occasion de son assemblée générale qui se tenait le 26 avril 2019. Objectif: mieux connaître les intentions des formations politiques à l’égard de plusieurs dossiers importants pour le développement du secteur carrier.

Les élections générales  au terme desquelles se dégagera – du moins on l’espère – une majorité qui donnera le tempo socio-économique du pays et de ses Régions pour les cinq prochaines années (du moins on l’espère…) revêt une importance fondamentale pour les grandes branches de l’industrie. Il n’en va pas autrement pour l’industrie extractive qui génère un chiffre d’affaires annuel de 720 millions d’euros et est à l’origine de 4.000 emplois directs (auxquels s’ajoutent 8.000 emplois indirects). Mais l’industrie extractive ne se résume pas à des chiffres. L’exploitation minérale se situe à la confluence de nombreux dossiers chauds: consommation énergétique, respect de l’environnement, gestion de l’eau, biodiversité, transport, rapports avec les riverains, formation et emploi, etc.
Les élections régionales constituent à ce titre une occasion unique de mettre en évidence le rôle du secteur ainsi que ses priorités et ses propositions pour les années à venir. C’est dans ce cadre que la Fediex a rédigé son mémorandum 2019-2024 dans lequel elle reprend les enjeux majeurs et spécifiques du secteur carrier à travers trois grands axes: compétitivité, économie circulaire et proximité.

Le secteur carrier a fourni de gros efforts pour réduire les nuisances liées à ses activités: bruit, gestion de l’eau, transport et respect de la biodiversité. Les carrières contribuent d’ailleurs de plus en plus au renforcement de la biodiversité. (© CBR Lixhe)

Modification de plans de secteur: on a dit 24 mois, pas 24 ans

«Le contexte dans lequel les entreprises du secteur peuvent exercer leurs activités va déterminer leur compétitivité et garantir leur pérennité», peut-on lire dans le mémorandum de la Fediex.
A cet égard, les dossiers les plus importants sont assurément ceux relatifs à l’accès au gisement et au suivi des dossiers. Or, le délai de 24 mois maximum prévu dans le nouveau CoDT pour toutes les demandes de modification du plan de secteur relève pour l’instant du vœu pieux… «On devrait plutôt parler de 124 mois», a ironisé Marc Lejeune, bourgmestre Cdh de Beauraing. En cause, un déficit chronique de personnel au sein de l’Administration où un seul engagement a été enregistré au cours des cinq dernières années… «Résultat: on a des dossiers qui traînent depuis 20 ans et même un qui attend une réponse depuis 29 ans!», a rappelé Michel Calozet, administrateur délégué de la Fediex.

Plaidoyer pour arrêter de travailler à l’aveuglette

Autre gros chapitre: l’inscription de l’industrie extractive dans le domaine de l’économie circulaire, désormais au cœur des grands enjeux environnementaux du 21e siècle. Le secteur a fait d’énormes efforts ces dernières années dans les domaines de la gestion de l’eau, de recyclabilité de ses produits, de préservation de la biodiversité, etc. Mais pour poursuivre dans cette voie, le secteur attend une transparence totale de la part des pouvoirs publics afin d’augmenter la prédictibilité d’utilisation des ressources (planning des travaux) et de promouvoir l’emploi d’une plus grande diversité de celles-ci. La Fediex prône également un cadre légal et scientifique strict en ce qui concerne le réaménagement des carrières en fin d’exploitation pour y permettre, si nécessaire, un apport de terres exogènes.

Une activité fortement ancrée dans son terroir

«Produire local pour consommer local», tel est le credo exprimé par les autorités wallonnes. Le secteur carrier entend bien s’inscrire dans cette démarche. Dans cette optique, la Fediex soutient l’inscription dans le cahier spécial des charges de critères qui mettraient en avant les producteurs locaux de manière à éviter que le réaménagement de places wallonnes soit effectué avec des pierres asiatiques de moindre qualité. Enfin, le secteur s’inquiète également du projet de Schéma de développement du Territoire (Sdt) qui prône notamment des objectifs de valorisation et de gestion durable des ressources minérales locales. «Ce faisant, il ne retranscrit pas l’ancrage territorial de proximité et de circuits courts existants au sein du secteur carrier», explique la Fediex. «Or, le Sdt doit parvenir à intégrer ces dynamiques économiques de proximité qui traduisent la diversité des productions et les spécificités sous-régionales, voire locales et qui contribuent de manière effective aux besoins de développement et redynamisation au niveau local.» C’est peu dire que, sur ce dossier en particulier, les responsables du secteur attendront les pouvoirs publics au tournant.
 

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