Suivre La Chronique

Les 8 dossiers (très) chauds de la construction wallonne

Sujets relatifs :

, ,
Les 8 dossiers (très) chauds de la construction wallonne

Avec plus de 3.000 postes vacants, le taux de pénurie dans les métiers de la construction atteint des records.

Depuis deux  ans, le secteur de la construction se porte mieux en Wallonie, dans la foulée de la bonne conjoncture belge et européenne, mais aussi grâce aux programmes wallons d’investissements publics. Ce qui ne signifie pas que tout va bien: la CCW identifie ainsi huit priorités pour 2019 et demande aux partis politiques francophones de les intégrer dans leurs programmes électoraux. En tête de liste: pénurie de main-d’œuvre, transition énergétique, digitalisation et circuits-courts.

1) Pénuries de travailleurs qualifiés: former d’urgence les demandeurs d’emploi

Avec plus de 3.000 postes vacants, le taux de pénurie dans les métiers de la construction atteint des records. Les entreprises de construction ont besoin de recruter et la CCW veut renforcer la collaboration avec le Forem pour l’activation, la formation et l’insertion des demandeurs d’emploi vers les métiers en pénurie, notamment via l’opération «coup de poing pénuries» et le nouveau PFI. En outre, la CCW s’alarme de la désertion des jeunes dans les filières de formation menant aux métiers techniques et prône une campagne urgente de valorisation de l’image de ces métiers, en particulier via l’alternance, un mécanisme très apprécié par les entreprises.
Par ailleurs, la Confédération wallonne plaide pour une simplification du paysage de la formation et de l’enseignement qui permettrait une meilleure visibilité de l’offre de formation.

2) Urbanisme: accompagner intelligemment le «stop à l’étalement urbain»

La CCW salue l’arrivée du CoDT, tout en réclamant de nouveaux correctifs techniques, notamment pour renforcer le respect des délais de rigueur par les communes ainsi que pour mieux encadrer l’usage (trop contraignant) des charges d’urbanisme. Par ailleurs, le «stop à l’étalement urbain» peut constituer, selon la CCW, une opportunité pour densifier et revaloriser le cadre bâti, à condition de refinancer la revitalisation urbaine, stimuler la démolition/reconstruction et définir une batterie de mesures d’accompagnement.

3) Transition énergétique: accélérer la rénovation et le renouvellement du bâti

Notre parc bâti, vétuste et énergivore, constitue un des principaux émetteurs de CO2.  Dans le cadre de l’urgence climatique, la CCW prône un grand plan «isolation», à savoir la rénovation énergétique du bâti vétuste existant. «La réforme annoncée des prêts à taux zéro et des primes logement/énergie constitue, certes, une étape dans la bonne direction, mais la CCW veut aussi une fiscalité immobilière plus incitative pour l’efficacité énergétique», insiste Francis Carnoy, directeur général CCW.

Par ailleurs, pour la construction neuve, les exigences de performance énergétique (déjà élevées) doivent rester réalistes afin de préserver l’accès au logement pour les ménages à faible revenu. Par contre, les autorités publiques doivent se montrer plus volontaristes pour la qualité énergétique de leurs propres bâtiments.

4) Investissements publics: poursuivre et optimiser les grands programmes

Tous les experts ont démontré la nécessité de poursuivre le rattrapage des investissements publics, structurellement insuffisants en Belgique et en Wallonie. La CCW insiste donc pour la poursuite des grands programmes régionaux d’investissements publics (routes, logements, piscines, patrimoine…) sous la prochaine législature. Elle demande aussi une meilleure programmation des travaux pour permettre aux entreprises de planifier leurs recrutements et achats de matériel.

Le recours aux modes de financement alternatifs (dont les partenariats public-privé) doit être développé dans une optique d’efficacité économique où le secteur privé intervient dans une logique de valeur ajoutée (avec retour sur investissement), afin d’amener des projets supplémentaires par rapport aux budgets classiques, sans se substituer à ceux-ci.

Enfin, sachant que les marchés publics wallons sont plus perméables à la concurrence extérieure que ceux des régions et pays voisins, il importe de préserver l’accès aux marchés publics pour les Pme wallonnes et d’optimiser les retombées régionales des travaux via, entre autres, la stabilité des investissements, l’application du guide anti-dumping du Spw et les circuits courts.

5) Clauses sociales en marchés publics: à réorienter comme outil d’insertion

Les clauses sociales ont été conçues en période de chômage élevé. Mais aujourd’hui, beaucoup de profils de stagiaires ne sont plus disponibles. La CCW souhaite que la clause sociale soit mieux adaptée aux réalités de terrain et vise davantage l’insertion des demandeurs d’emploi dans les métiers en pénurie.

6) Circuits-courts et économie circulaire, des leviers de développement durable

«Via la valorisation des déchets de construction pratiquée actuellement, la construction wallonne est déjà pionnière en matière d’économie circulaire. Il reste toutefois un important potentiel de développement dans ce domaine  pour stimuler non seulement les Pme locales, mais également les matériaux et les travailleurs locaux», souligne Luc Mohymont, président de la CCW. «Pour y parvenir, le secteur est ouvert à promouvoir, en partenariat avec la Région wallonne, des critères de qualité et de durabilité au niveau des produits et systèmes constructifs.» La CCW veut aussi renforcer le tissu de fournisseurs wallons en amont du secteur. Pour certains produits dont la construction a besoin, il n’existe, selon l’Iweps (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique), pas assez de fournisseurs wallons. «il faut donc pouvoir identifier et combler ces lacunes pour renforcer le maillage économique en amont du secteur, réduire nos importations et maximiser l’effet d’entraînement régional.»

7) Accompagner la transition technologique et numérique des PME

La construction est en pleine transition technologique: préfabrication, industrialisation, robotisation, numérisation, réalité virtuelle, objets connectés, smart buildings,…
Si la CCW se réjouit de la création du démonstrateur numérique Construction 4.0 avec l’appui du gouvernement wallon et du Cstc, elle appelle la Wallonie «à renforcer le soutien aux Pme via la recherche collective et une formation de qualité, de manière à permettre à chaque profil d’entreprise de trouver un appui adapté à ses besoins et ses capacités.» Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, la numérisation du secteur public s’avère également indispensable, «notamment en digitalisant les procédures administratives (permis, aides, cahiers des charges de référence CCT-Bâtiments 2022 et Qualiroutes...) et en intégrant progressivement le BIM dans les marchés publics.»

8) Accès à la profession: sa suppression en Flandre impacte directement la Wallonie

Le dispositif d’Accès à la profession, récemment régionalisé est supprimé en Flandre depuis le 1er janvier 2019, ce qui génère une situation kafkaïenne pour la mobilité interrégionale des entreprises. La CCW prône un moratoire durant lequel le maintien du dispositif en Wallonie doit permettre d’éviter que les entrepreneurs établis en Wallonie ne soient discriminés, tant dans leur mobilité interrégionale que dans leur position compétitive par rapport aux entreprises flamandes. En effet, le secteur wallon de la construction reste convaincu de l’importance et de l’utilité d’un système de garantie de la qualité via une vérification des compétences nécessaires pour exercer les métiers de la construction. Les conséquences juridiques de cette décision flamande restent aussi à éclaircir quant à l’avenir de l’agréation «travaux publics» au niveau fédéral dont l’accès à la profession est un préalable.

La CCW presse le gouvernement wallon de clarifier la situation pour éviter toute discrimination à l’encontre des entrepreneurs wallons.
 

Nous vous recommandons

Avec l’étude «Shaping the future of work», Agoria propose son Plan Marshall pour une révolution 4.0 réussie

Avec l’étude «Shaping the future of work», Agoria propose son Plan Marshall pour une révolution 4.0 réussie

Dans un récent communiqué, Agoria, la Fédération des entreprises de l'industrie technologique, a lancé un avertissement face à l'impact de la demande de main-d'oeuvre sans cesse croissante.[…]

28/09/2018 | Emploidigital
Formations en alternance enrichies à l’Ifapme

Formations en alternance enrichies à l’Ifapme

Formation professionnelle «Le confort acoustique dans les constructions en bois»

Formation professionnelle «Le confort acoustique dans les constructions en bois»

14 Volvo FH 420 pour le Fonds Social Transport et Logistique

14 Volvo FH 420 pour le Fonds Social Transport et Logistique

Plus d'articles