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Les Belges de plus en plus séduits par les habitations «prêtes à l’emploi»

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Les Belges de plus en plus séduits par les habitations «prêtes à l’emploi»

Acheter et rénover n’a plus la cote pour beaucoup de gens. Parmi ceux qui s'orientent vers une habitation prête à être emménagée, 41% n'a pas envie de se coltiner un chantier de rénovation.

62% des jeunes préfèrent toujours une maison traditionnelle avec jardin. C'est ce qui ressort de la huitième édition du rapport Blavier des tendances du marché résidentiel.

Malgré la limitation des constructions immobilières, la rareté des terrains à bâtir et la densification urbaine dans les villes et villages, posséder sa maison avec jardin séduit toujours une majorité de jeunes candidats acquéreurs. Pour accéder à ce nirvana immobilier, beaucoup restent plus longtemps chez leurs parents, jusqu'à l'approche des 30 ans. Leur demeure de prédilection est une maison prête à l'emménagement, qui ressemble si possible à celle où ils ont grandi. L'achat d'une habitation à rénover est moins populaire et semble même les effrayer. Une tendance qui percole auprès du reste de la population belge.

«Deux jeunes sur trois reproduisent les désirs et aspirations immobilières de leurs parents. La moitié veut d'ailleurs une maison qui ressemble à celle des parents, et si possible dans un quartier similaire. C'est assez étonnant parce que cela ne cadre pas avec l'évolution du marché résidentiel. Il est donc important de corriger l'image idéale qu'ils imaginent pour un logement, entre autres en soulignant suffisamment les avantages de l'habitat compact en ville ou au cœur des villages», explique Stefan Hallez, directeur général de Blavier.
Les maisons et appartements prêts à l’emploi, sans travaux de rénovation, sont très prisés par les jeunes. Mais pour s’offrir ce phantasme, ils sont souvent obligés d'habiter plus longtemps chez leurs parents, même s'ils ont déjà un travail (75%). Un jeune sur deux a des projets concrets pour acheter cette année un appartement ou une maison prête à emménager, tandis que 38% s'orientent vers l'achat d'un logement existant à rénover et 19% pour une construction neuve. Et dans ce dernier cas, il s'agit le plus souvent d’une maison, un bien nettement plus recherché que les appartements (70% contre 11%).

Time is money

La préférence des jeunes pour les maisons ou appartements habitables, prêts à être emménagés, se constate également dans les autres groupes de la population belge. En général, les préférences y sont, dans l'ordre: l'achat d'une maison habitable (42%), une habitation neuve (32%) suivi par l'achat et la rénovation d'un logement (27%). Par rapport à l'an dernier, les répondants sont 8% de plus à avoir des projets concrets d'achat d'un logement habitable directement. Pour cela, ils sont disposés à payer entre 50.000 et 200.000 euros de plus que pour une maison existante moins chère, mais à rénover. Et dès lors, 7 candidats acquéreurs sur 10 n'hésitent pas à postposer l'achat jusqu'à ce qu'ils disposent du capital suffisant.

Acheter et rénover semble donc moins attrayant pour beaucoup de gens. Parmi ceux qui s'orientent vers une habitation prête à être emménagée, près de la moitié (41%) n'a tout simplement pas envie de se coltiner un chantier de rénovation. Ceci étant, le désir de se faire construire une habitation neuve demeure assez répandu: 32% de tous les répondants opteraient pour cette solution s'ils en avaient la possibilité, et 12% ont d'ailleurs des projets concrets en ce sens.

«Les gens hésitent de plus en plus face aux coûts et au temps nécessaire pour transformer un logement existant. Par contre, une maison ou un appartement en bon état, susceptible d'être occupé sans délai, exclut des frais éventuels pour des rénovations visant à économiser de l'énergie. C'est pourquoi cela représente, aux yeux de beaucoup de gens, la solution la plus économique», conclut Stefan Hallez.

Confiance en berne

Toujours selon le rapport Blavier, les Belges s'inquiètent surtout de la hausse récente des prix de l'immobilier (40%) et du coût des travaux de rénovation (35%). La situation (géo)-politique incertaine joue aussi un rôle (35%).

L'impact de cette baisse de confiance en un an sur le délai des projets de construction ou de rénovation immobilière des Belges est sensible. 21% des répondants reconnaissent vouloir postposer leur projet (contre 13% en 2017) et 7% envisagent de l'annuler purement et simplement (contre 4% un an plus tôt). Ceux qui prétendent ne pas être impactés par cette baisse de confiance et cette incertitude sont également moins nombreux qu'en 2017 (37 % vs 47 %).

A noter que la méfiance est bien plus grande côté francophone que flamand (60% contre 38%).

«La baisse de confiance des consommateurs et son impact sur les projets d'acquisition d'un logement sont inquiétants. Une information claire et transparente sur les primes et avantages fiscaux pourrait atténuer ou inverser cette tendance. C'est un défi important pour l'autorité publique et le secteur du bâtiment», commente Stefan Hallez.
 

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