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Les menuisiers bûchent mais manquent de main-d’œuvre

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Les menuisiers bûchent mais manquent de main-d’œuvre

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Deux menuiseries sur cinq cherchent de la main-d’œuvre qui reste quasiment introuvable. C’est ce qui ressort de l’étude sectorielle de la Bouwunie Schrijnwerkers & Interieurbouwers (l’union professionnelle flamande des menuisiers et ébénistes). Pour le reste, le secteur se porte bien: la plupart des entreprises ont suffisamment de travail et 38% en ont même nettement plus qu’en 2017.

La plupart des menuisiers et ébénistes se spécialisent dans plus d’un domaine, mais plus de la moitié sont actifs dans le placement et/ou la production de portes et fenêtres. Pour le reste, le top 5 est occupé par les menuiseries d’intérieur avec la fabrication de meubles sur mesure, de cuisines, d’ébénisterie et autres travaux de menuiserie (pose d’escaliers ou de parquets par exemple). Les travaux d’isolation et le revêtement de façade ont également la cote (plus de 25%) et le top 10 est complété par les terrasses, la menuiserie de toiture et la construction en (ossature) bois.

Après avoir baissé pendant quelques années, le nombre de menuisiers d’extérieur qui réalisent encore eux-mêmes leurs portes ou fenêtres a atteint moins de la moitié aujourd’hui. Parmi ceux qui proposent de la menuiserie extérieure en bois, 35% la réalisent encore eux-mêmes. Pour le Pvc, ils sont 8% à le faire et pour l’aluminium, 17%. 70% des menuisiers d’extérieur possèdent leur propre atelier doté d’un parc de machines.

L’étude indique également que 93% des entreprises interrogées sont directement actives sur le marché de la rénovation particulière, que 61% ont des clients dans la construction neuve et que 44% travaillent pour d’autres entreprises. Elles sont aussi 10% à travailler pour le secteur des soins de santé et scolaire. Par contre, elles sont à peine 2% à travailler directement pour les marchés publics. Enfin, dans 2 entreprises sur 3, la sous-traitance représente moins de 30% du chiffre d’affaires.

Une année faste

2018 est une année aussi bonne, voire meilleure que 2017 pour le secteur de la menuiserie: 90% des menuisiers ont suffisamment, voire beaucoup de travail (20%). Le carnet de commandes est donc bien rempli avec 47% des entreprises occupées à plein temps pendant 1 à 3 mois, 9% ayant du travail pour plus d’un semestre, tandis que 26% disent leur portefeuille de commandes plus épais aujourd’hui qu’il ne l’était l’année dernière.

31% des entreprises de menuiserie ont recruté cette année. Dans 57% des cas, il s’agissait d’un nouveau travailleur. 39% des entreprises sont à la recherche de nouveaux collaborateurs. Pour 61% d’entre elles, il s’agit de personnel supplémentaire, pour les 39% restants, d’un remplacement (licenciement, retraite, …). Trouver de nouvelles recrues s’avère toutefois extrêmement difficile. Deux répondants sur trois parlent d’une mission «quasiment impossible». Les autres parlent d’une quête «difficile».

Mais la concurrence n’en reste pas moins rude. C’est ainsi que quelque 58% des menuisiers-ébénistes disent souffrir de la concurrence déloyale qui s’est même accentuée par rapport à l’an dernier pour 27% d’entre eux. Si les travailleurs détachés restent les principaux concurrents, Cette concurrence déloyale adopte des formes diverses. Celle menée par les étrangers, les bricoleurs constituent eux aussi une menace grandissante.

«Cela fait d’autant plus mal qu’il s’agit souvent de concurrence déloyale légalisée. N’importe quel «bricoleur doué» peut, de nos jours, proposer ses services sur une plateforme d’économie partagée ou un service de bricolage, avec la bénédiction des autorités fédérales. Sans parler du Gouvernement flamand, qui abolira au 1er janvier 2019 la loi d’établissement dans le secteur de la construction. De quoi simplifier encore plus la tâche de toutes sortes de bricoleurs et cow-boys», déplore Bouwunie.

Numérisation à la une

Parmi les entreprises qui s’emploient à améliorer l’efficacité de leurs activités, 95% commencent par une étude critique de leur organisation. L’efficacité passe par le personnel, par l’achat de machines, la livraison et le traitement de matériaux, mais aussi par l’incontournable numérisation. C’est ainsi que 81% ont entamé un tel processus ou envisagent de le faire. De même, 63% réfléchissent concrètement aux possibilités de l’internet des objets et 62% ont automatisé certains processus ou comptent le faire.

Globalement, 85% des menuisiers-ébénistes possèdent un atelier équipé de machines, qui sont (partiellement) automatisées chez 65% d’entre eux. Chez 1 menuisier sur 5, ce parc est entièrement ou quasi entièrement automatisé.

Comme toute entreprise, les menuisiers-ébénistes produisent des déchets. A ceci près que leurs déchets sont largement recyclables. Le tri est donc pratiqué via diverses filières par 96% des entreprises interrogées. Quelque 8% d’entre elles distinguent plus de 8 groupes de déchets, 76% font appel à une firme spécialisée pour l’enlèvement de ces déchets et  35% se rendent au parc à conteneurs.

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