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Les «petits travaux» complémentaires, une nouvelle concurrence déloyale

Les «petits travaux» complémentaires, une nouvelle concurrence déloyale

Les petits travaux complémentaires exonérés d’impôts, une nouvelle tuile pour le secteur.

Depuis le 15 juillet 2018, les travailleurs occupés à au moins 4/5e, les pensionnés et les indépendants peuvent gagner jusqu'à 500 euros complémentaires par mois sans devoir payer d'impôts et ce, dans plusieurs domaines, dont la construction. Les chiffres de l'Onss révèlent qu'entre la mi-juillet 2018 et la fin mai 2019, 251 personnes ont ainsi arrondi leurs fins de mois via de petits travaux dans la construction. Cela peut sembler négligeable, mais cette mesure est encore récente et va donc prendre de l’ampleur, selon Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction.

Le problème est que beaucoup de travaux d'entretien normalement effectués par les entreprises de construction sont permis dans le cadre de ce régime. En d'autres termes, cette absence d'imposition génère une concurrence déloyale.

Des effets négatifs

Cette possibilité commence néanmoins à poser des problèmes aux entreprises de construction. En effet, nombre d'entre elles éprouvent depuis des mois des difficultés à pourvoir les postes vacants. On sait que la construction en compte actuellement 12.600, allant de pair avec un départ important de baby-boomers et un afflux insuffisant émanant de l'enseignement construction. Avec ces petits travaux exonérés, on note déjà que les travailleurs des entreprises de construction sont désormais moins enclins à faire des heures supplémentaires en cas d'afflux de travail additionnel chez leur employeur. En d’autres termes, pour ces travailleurs, il est plus avantageux d'effectuer certains petits travaux de construction pour des particuliers d'une manière fiscalement avantageuse et de façon indépendante par rapport à l'employeur. Et ce, alors que le secteur de la construction déplore un manque criant d'effectifs.

De plus, suivant la Confédération Construction, ce régime des «petits travaux» n'offre pas de garanties suffisantes sur le plan de la sécurité, faute de compétences requises pour les particuliers qui effectuent ces prestations. Voilà qui fait tache à l’heure où le secteur mène une campagne Safety My Priority pour plus de sécurité et moins d’accidents sur les chantiers.

Face à cette situation, la Confédération Construction plaide pour que ces «petits travaux» ne fassent plus partie des revenus complémentaires non imposables. Certes, ils permettent à certains retraités, notamment, de mettre du beurre dans les épinards en compensant une pension anémique, mais le secteur doit-il pour autant en faire les frais? Question purement rhétorique.

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