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Les villes dopent leurs neurones

Les villes dopent leurs neurones

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Actuellement, il y a plus d'objets que de personnes connectées à internet. Le nombre des abonnements mobiles dépasse celui des connexions fixes. Les smartphones et autres terminaux nomades sont devenus l'interface dominante et ont généré de nouvelles pratiques et de nouveaux services, dans une logique de ville «intelligente». En termes d'utilisation, les calculs d'itinéraires et la consultation d'horaires en temps réel dominent. L'application mobile de la Stib par exemple est une des plus téléchargées à Bruxelles.

Si les autorités publiques sont très sollicitées dans le cadre du développement de l'internet mobile, elles le sont tout d'abord dans leur mission de régulation. On songe évidemment au dossier des normes environnementales d'exposition aux ondes électromagnétiques liées à la mise en place de la 4G par les opérateurs de téléphonie mobile. Mais, au-delà des aspects environnementaux et infrastructurels, où l'on peut actualiser des cadres préexistants, les applications elles-mêmes peuvent changer la donne. Le service de covoiturage Uber qui suscite la colère du secteur des taxis en est un exemple. Dans ce cas, ce sont des modes de régulation totalement nouveaux qu'il faut mettre en place.

Parallèlement, les applications mobiles peuvent aussi être des outils en faveur d'une gestion plus collaborative de la ville, notamment au travers d'une communication simplifiée entre les gestionnaires et les citoyens. C'est le cas du site FixMyStreet à Bruxelles qui permet de signaler toute défectuosité de l'espace public à l'administration communale ou régionale concernée.

Les nouveaux défis engendrés par les applications mobiles pour les pouvoirs publics font l'objet du n°88 de la revue Brussels Studies, évidemment consultable sur tablette ou smartphone! Nils Walravens y présente les résultats de son travail au centre de recherche iMind-SMIT (Studies on Media, Information and Telecommunication) de la Vrije Universiteit Brussel. Il s'y est spécialisé dans l'étude des services mobiles et des villes intelligentes et sur le rôle des organismes publics dans ces matières.

Autorités publiques: un rôle complexe

Son article se focalise sur les facteurs favorables ou défavorables qui constituent une première identification des domaines sur lesquels les villes en général, et Bruxelles en particulier, devraient concentrer leurs efforts en vue de devenir «plus intelligentes», en prenant comme point de départ la technologie mobile.

Les cas qu'il a étudiés indiquent qu'il n'est guère facile pour une autorité publique de jouer le rôle de plateforme d'innovation locale en matière de développement d'applications. FixMyStreet est le seul exemple qui s'en approche. Il est articulé autour d'une stratégie de montée en puissance qui illustre comment il est possible de (commencer à) rendre une ville plus intelligente grâce à une application mobile de qualité, bien conçue et surtout, permettant la participation des citoyens.

L'auteur constate aussi que Bruxelles progresse (trop') prudemment en matière d'applications mobiles, ce qui s'explique en grande partie par la complexité institutionnelle de la Région et par l'absence actuelle de stratégie coordonnée. Pour émerger en tant que ville «plus intelligente» qu'avant, il faudrait qu'une personne de contact ou institution clairement désignée propose une approche intégrée qui fasse appel à l'ensemble des parties prenantes de la ville.

Enfin, l'article souligne que le développement des applications mobiles dans une approche coopérative peut rapidement soulever des problèmes internes d'organisation, dans des domaines dépassant un cadre strictement technique: quel suivi apporte-t-on aux informations remontées via une application' Comment arbitrer les demandes d'intervention' Quelles données convient-il de rendre publiques' Comment collaborer avec les entreprises développant les applications' Comment en partager les coûts et les bénéfices' Bref, autant de question qui devraient trouver peu à peu une réponse, la notion de smart cities étant irrémédiablement en marche.

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