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Menuiseries extérieures en bois: les finitions qui durent

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Menuiseries extérieures en bois: les finitions qui durent

© Shutterstock

Pourquoi telle finition extérieure sur bois reste belle si longtemps après son application et pourquoi pas telle autre? Il y a de nombreuses explications à cela et le Centre Scientifique et Technique de la Construction (www.cstc.be) nous les analyse et nous les explique dans sa dernière édition du CSTC-Contact. La compatibilité entre le produit utilisé et le support est la première chose à vérifier. Mais d'autres paramètres jouent aussi, comme la teinte de la finition et son épaisseur initiale, qui va s'éroder au fil du temps. Une meilleure application permet d'espacer les entretiens…

Le CSTC et son Comité Technique «Peinture, revêtements souples pour murs et sols» nous expliquent que pour choisir une finition durable sur un support en bois, il y a d'abord trois questions à se poser:
 
1. Quelle est l'essence du bois à protéger?
2. Quelle est la composition de la peinture du bois?
3. Quel est le type d'élément à protéger?
 
Pour apporter les meilleures réponses à ces questions et confirmer les règles de l'art généralement admises, une étude prénormative a été menée au CSTC et au centre Wood.be (www.wood.be). Plus d'une vingtaine de finitions à l'usage du peintre (pas celles appliquées en atelier!) ont été testées, peintures et lasures. Elles ont été appliquées sur différentes essences de bois et soumises à un vieillissement extérieur. Les liants étaient surtout des résines alkydes et acryliques, ainsi que des mélanges alkyde-acrylique, PU-alkyde ou PU-acrylique.
 
Après un peu plus de deux ans, le CSTC a pu observer des changements significatifs et tirer quelques enseignements sur la longévité des finitions.

Le type du bois recouvert a son influence

L'essence du bois à protéger et la finition envisagée sont-elles compatibles? Certains bois contiennent des antioxydants qui empêchent le séchage et le durcissement des résines alkydes ou des huiles. D'autres libèrent des tanins ou produisent des exsudations de résine. Le CSTC a ainsi pu constater que l'essence de bois peut avoir une influence considérable sur la durabilité de la finition. Ainsi, pour quatre des peintures testées, des dégradations plus rapides ont été notées sur le chêne que sur l'afzélia et le sapelli (voir photo).
 

Après deux ans, la finition sur le chêne est plus dégradée que sur les autres bois.
Pourquoi cette différence de comportement? Difficile à dire, car les finitions concernées présentaient des performances normales sans risque particulier de dégradation prématurée. Les fiches techniques sont donc faussement rassurantes quand elles se contentent de garantir leur produit sur la seule année prévue par la série de normes NBN EN 927. Le CSTC a observé des différences de comportement sur plus de deux ans: quand un fabricant affirme que son produit est compatible avec tel ou tel type de bois, il ferait bien de le vérifier sur plus d'un an!

Influence de la couleur/teinte de la finition

Les teintes plus sombres s'échauffent davantage comme elles absorbent mieux le rayonnement solaire. Cette dilatation thermique du bois peut être la cause de dégradations. La présence d'humidité dans le bois peut, dans la foulée, entraîner un phénomène de cloquage.
 
Les lasures de teinte claire ne sont pas mieux protégées pour autant. Elles sont même davantage sujettes à des variations d'aspect, sans doute liées à des évolutions du bois.
 
L'étude montre aussi que les teintes naturelles protègent moins le bois des dégradations liées au rayonnement solaire. Celles-ci sont susceptibles de produire une photo-dégradation du bois qui s'accompagne d'un décollement de la finition et d'un développement de moisissures (bleuissement), créant alors des zones plus sombres à l'endroit moisi. Pour les lasures, les teintes intermédiaires peuvent être considérées comme les plus durables.

Variation d'épaisseur et exposition

L'expérience a aussi montré que la perte d'épaisseur de la finition a été très régulière au cours des deux années de vieillissement dans des conditions d'exposition sévères: zone ou élément non abrité, orienté au sud-ouest et exposé à l'horizontale ou jusqu'à 45°, par exemple.
 
Pour une peinture en phase solvant, la perte d'épaisseur a été la même que dans le cas d'une lasure et légèrement supérieure à la perte d'épaisseur d'une peinture en phase aqueuse, qui s'érode généralement moins vite.
 
Pour une même finition, la perte d'épaisseur était le plus souvent indépendante de l'essence de bois et de la teinte de la finition. En combinant ces données avec les épaisseurs initiales appliquées, on peut d'obtenir une première estimation de durabilité des finitions. En considérant une lasure de 75 µm d'épaisseur et une perte d'épaisseur de 15 µm/an, on voit que près de 40 % de la finition aura disparu après deux ans. En cas d'exposition moins sévère (zone verticale, abritée ou avec une exposition au nord, par exemple), la vitesse d'érosion sera évidemment moindre.
 
L'étude plaide aussi pour un entretien, bien avant la disparition complète de la finition. Pour les lasures qui se sont dégradées plus rapidement, le seuil peut être estimé à environ 40 µm. Des analyses complémentaires seront menées prochainement afin d'estimer des seuils pour les autres finitions et d'établir, à terme, des classes de durabilité pour les finitions extérieures. En tout cas, respectez bien les épaisseurs prescrites lors de l'application et évitez les arêtes vives, pour lesquelles les épaisseurs de peinture sont difficiles à respecter.
 

Références:

• Article paru en pp. 24 à 26 du CSTC-Contact 2021/2 et signé par E. Cailleux, chef adjoint du laboratoire «Chimie du bâtiment» au CSTC. Seul ce texte original peut être cité en référence.
• Normes NBN EN 927.
• Dossiers du CSTC 2018/4.8.
• Dossiers du CSTC 2020/4.8.
• NIT 249 et Dossiers du CSTC 2006/4.11.
 
Cliquez ici pour consulter les différents articles du CSTC.
 
 
Victor Vicour
 

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