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Mieux valoriser les patrons formateurs

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Mieux valoriser les patrons formateurs

Il faut développer une filière de formation qui réponde aux besoins de main-d'œuvre des entreprises et fournisse un emploi quasi assuré aux apprenants. Mais cela a un coût. (© IFAPME)

Le 12 février a lieu au Palais royal, en présence du Roi, un symposium sur l'avenir de la formation en alternance. L'UCM (Union des classes moyennes et des indépendants) était de la partie.

Le but de ce symposium, organisé sous le haut patronage royal, était de dresser un état des lieux et d'explorer des pistes afin de développer une filière de formation qui réponde aux besoins de main-d'œuvre des entreprises et fournisse un emploi quasi assuré aux jeunes et demandeurs d'emploi.

Pour ce faire, l'Ucm a consulté les entrepreneurs de Wallonie et de Bruxelles sur le sujet. Ils expriment deux préoccupations majeures: 1) il faut leur garantir que les apprenants disposent des prérequis nécessaires pour se former sereinement à leur futur métier; 2) ils doivent être capables de respecter les règles du milieu du travail et de comprendre et suivre les instructions.

La formation a un coût pour les entreprises

Au-delà du profil du stagiaire, l’accueillir dans l’entreprise a un coût conséquent. Il y a une rétribution et des avantages sociaux qui doivent être octroyés, mais aussi une myriade de coûts indirects qui viennent s’y ajouter (assurances, médecine du travail, frais de formation, etc.). La facture totale est considérable pour une entreprise formatrice: il faut en effet compter au moins 12.000 euros par an et par apprenant en contrat d’alternance (et jusqu’à 18.000 euros pour une convention de stage chef d’entreprise).
Pour 3 à 4 jours en entreprise par semaine, 9 à 10 mois de formation sur l’année (soit entre 950 et 1.300 h de formation par an), cela représente un coût horaire brut d’environ 10 euros. C’est proche du coût d’un salarié classique dans certains secteurs, qui est plus opérationnel et peut parfois même bénéficier d’un plan d’embauche comme Activa ou Impulsion. Une indemnisation financière est donc indispensable si l’on veut davantage développer l’alternance en entreprise.

Combien cela coûterait?

L’Ucm a essayé de chiffrer ce que cela pourrait coûter. «On compte actuellement un peu plus de 18.000 apprenants en formation en alternance en Belgique francophone. Imaginons un objectif très ambitieux d’augmentation de 5.000 places de formation (du jamais vu dans les politiques actuelles), nous arrivons à un coût brut d’environ 234 millions d’euros. Auxquels il convient maintenant de retrancher tous les effets retours et réallocations budgétaires. Et il y en a beaucoup.»

Le financement serait à amortir par différents canaux, perçus à différents niveaux de pouvoir.
L’Ucm cite notamment:

  • les économies liées à la mise à l’emploi. Une (re)mise à l’emploi d’une personne est estimée à 34.000 euros par an par la Fédération européenne des services à la personne. Cela concerne les apprenants, mais aussi les emplois qui peuvent être créés pour les «salariés formateurs» ou pérennisés par des reconversions de fin de carrière;
  • l’économie d’autres subventions entourant l’enseignement et la formation des demandeurs d’emploi;
  • la diminution des dépenses en allocations sociales induite par le cumul limité entre allocation et rétribution de stage. Une formule d’amortissement est prévue pour que l’allocation de chômage soit partiellement réduite suivant la rétribution perçue. Au plus il y a de demandeurs d’emploi en alternance, au plus leurs coûts en allocations de chômage diminueront.


Ne manque plus qu’une réelle volonté politique pour mettre ce programme en œuvre et ainsi aiguiller de nombreux apprenants vers des filières dispensatrices d’emplois.
 

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