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Interview

«Nous voulons maintenir notre empreinte écologique au plus bas»

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«Nous voulons maintenir notre empreinte écologique au plus bas»

Charlotte Fleerackers, gérante de Stabco Foundations et lauréate du prix de la Constructrice de l'Année aux Belgian Construction Awards 2020.

© Stabco Foundations

Chaque semaine, La Chronique donne la parole à un(e) CEO ou dirigeant(e) actif/ve dans le secteur belge de la construction au sens large. Cette semaine, c’est au tour de Charlotte Fleerackers, gérante de Stabco Foundations mais aussi Constructrice de l’Année, de répondre à nos cinq questions.

1. Intelligence artificielle, réalité virtuelle, énergie issue de l’hydrogène, drones, big data, impression 3D, etc. Quelle est, selon vous, la nouvelle technologie qui aura le plus grand impact sur votre entreprise dans les années à venir ?

Les nouvelles technologies et l’entrepreneuriat socialement responsable deviendront, à terme, incontournables. Notre entreprise doit tout mettre en œuvre pour maintenir son empreinte écologique aussi faible que possible. Une ambition qui est loin d’être évidente à l’heure où elle nécessite encore de sérieux investissements. Ce serait fantastique si demain, nous pouvions utiliser de l’hydrogène comme carburant et des drones pour les analyses de sols. Nous devons poursuivre nos efforts en ce sens. La numérisation a bien sûr accompli de réels progrès sur le pan administratif. Il y a cinq ans, elle en était encore à ses balbutiements. Au-delà des nouvelles technologies, il est important que le développement de nouvelles techniques de fondations soit également attentif à l’environnement afin de réduire l’utilisation de matières premières. Je pense notamment à la congélation de sol comme alternative à la stabilisation en béton. Du moment que tout le monde prend conscience que les nouvelles technologies doivent progresser et nous amener à changer nos mentalités, nous aurons déjà fait un grand pas dans la bonne direction.

2. Vers quel métier de la construction les jeunes doivent-ils, aujourd'hui, orienter leur formation pour s’assurer une carrière intéressante et bien rémunérée dans le secteur de la construction : coffreur, menuisier, plombier... ou plutôt planificateur ou ingénieur ?

Cette question pourrait faire croire que le salaire est l’un des principaux critères guidant le choix d’une carrière. Les jeunes doivent avant tout choisir une carrière qui les rende heureux et leur fasse tout simplement aimer leur travail. Le secteur de la construction a constamment besoin de profils très variés. Chez Stabco, nous sommes continuellement à la recherche de chefs de chantier sympas, de bons grutiers et de techniciens compétents. Autant de profils importants et intéressants. Une chose est sûre : un bon ouvrier ne sera jamais sans travail. Ceux qui en veulent et qui travaillent dur sont de toute façon voués à une belle carrière dans le secteur de la construction. 

3. La crise du coronavirus vous a-t-elle appris quelque chose que vous ignoriez sur votre entreprise ? 

«Structure» a été le maître mot de 2020 ! Un défi tel que le Covid nous a fait prendre conscience que le télétravail de nos employés et le changement d’organisation du travail sur les chantiers avaient rapidement imposé la nécessité d’une structure solide doublée d’une communication optimale. Stabco a très vite grandi en cinq ans, d’où l’importance d’améliorer continuellement notre structure. Durant le premier confinement, nous n’avons pas tardé à ressentir le besoin de développer davantage encore cette structure. Maintenant qu’elle est tout à fait au point, nous voyons que l’efficience de notre entreprise s’en trouve nettement améliorée. L’expérience la plus positive que nous en retirons, c’est que la famille Stabco est plus soudée que jamais. Nos collaborateurs ont uni leurs forces et sont venus travailler tous les jours avec beaucoup de courage, ce qui nous a permis de traverser la crise dans les meilleures conditions.

4. Quelle est, selon vous, la plus grande menace pour votre entreprise/secteur ? La concurrence étrangère, la pénurie de personnel qualifié, les coûts salariaux ? Autre chose ?

En tant que starter, nous sommes moins confrontés à des menaces qu’à des défis.
Nous remarquons depuis quelque temps que les assureurs-crédit acquièrent beaucoup de pouvoir et que leurs notations ne se basent pas uniquement sur de bons chiffres. Même une notation injustement mauvaise aura un impact négatif sur l’activité quotidienne de l’entreprise. Il faut savoir par ailleurs qu’il est difficile, pour une entreprise qui démarre, de faire face aux obligations contractuelles des grandes entreprises de travaux généraux. Les garanties, les délais de paiement et les responsabilités, par exemple, restent toujours de gros points de discussion. Mais ce n’est pas insurmontable et nous savons bien sûr que cette situation s’améliorera au fil des ans. 

5. Les bâtiments sont-ils encore construits pour l'éternité ou leur attribuera-t-on bientôt une date d'expiration ?

Les techniques de fondations que nous appliquons reflètent évidemment notre volonté de construire pour l’éternité. Les techniques utilisées aujourd’hui font des fondations de véritables fondements. C’est d’ailleurs nécessaire pour pouvoir construire de la façon la plus écologique possible, finalité vers laquelle nous devons tendre.
 

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