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Nouveau Comité Technique au CSTC: «BIM&ICT»

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Nouveau Comité Technique au CSTC: «BIM&ICT»

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BIM signifie «Building Information Modelling» et ICT «Information & Communication Technology». Le mot «information» se retrouve dans chacun de ces vocables désignant les nouvelles façons de travailler dans la construction. C'est la révolution de l'information numérique, à laquelle aucun des acteurs de notre secteur ne pourra se soustraire, à moins de vouloir s'exclure du marché faute de comprendre le langage des autres' À la clef, un sérieux gain de temps et d'efficacité pour ceux qui auront ainsi systématisé leur organisation. Pour les y préparer, le CSTC vient de créer le nouveau Comité Technique «BIM&ICT»; un Comité transversal, car tous les métiers sont concernés. Le président en est Thomas Vandenbergh, BIM manager chez BESIX.

Le secteur belge de la construction, plus fragmenté qu'ailleurs, doit apprendre à travailler davantage en synergie. Mais la caractéristique première du secteur, c'est qu'à chaque projet, il y a une nouvelle organisation à mettre en place, avec de nouveaux intervenants, à faire travailler ensemble pour un an ou deux. Cela demande une grande flexibilité et' un langage commun.

«L'info qu'il faut»

La technologie nous «sort» une avalanche d'informations. L'objectif du BIM n'est donc pas tant de créer encore plus d'information, mais plutôt d'être l'outil qui permette de faire un tri efficace pour ne sortir que l'info qu'il faut au moment où il faut (conception, construction, entretien, '). Par exemple, il est important que les intervenants en techniques spéciales connaissent dès le départ la hauteur et le matériau d'un faux-plafond, plutôt que son calepinage qui est moins important pour eux. Ils pourront ainsi savoir la hauteur dont ils disposent pour faire passer les gaines et en prévoir tout le parcours sans se retrouver sur chantier, comme cela arrive quelquefois, face à - ô surprise! - une poutre en béton impossible à percer.

Les quelques entreprises qui pratiquent déjà le BIM en tirent un avantage compétitif, d'autant que le marché lui-même va nous pousser dans cette direction. La culture BIM vient d'Europe, mais c'est ailleurs qu'elle s'est le plus rapidement imposée, comme dans les Emirats Arabes Unis ou à Singapore, toujours ouverts à toutes les nouveautés!»

Nos clients vont nous le demander'

En Belgique, les concepteurs et constructeurs ont été les premiers à embrayer sur le BIM. Ailleurs, cela va dans l'autre sens. En créant un Comité Technique «BIM&ICT», le CSTC entend y sensibiliser les entrepreneurs en même temps que leurs clients. Car l'efficacité et la productivité peuvent encore beaucoup progresser dans notre monde de la construction. Combien de saisies d'une même information ne sont-elles pas demandées à toutes les étapes du processus' Autant de sources possibles d'erreur et d'incohérence. L'intégration digitale des processus n'est pas tellement le fait des outils - ils existent déjà! - mais passe surtout par une gestion intégrée de l'information.

Le "Lean management", déjà adopté aussi par certaines entreprises, veut de même améliorer la qualité, la performance, la flexibilité et l'utilisation des compétences tout en réduisant les gaspis et en définitive les coûts! Entre le BIM et le «Lean», il y a des convergences et des apports réciproques possibles. Comme lors de ce moment-clef où tous les acteurs se mettent autour de la table pour définir les processus de sorte que l'un ne bloque pas l'autre et que chacun reçoive des autres ce qu'il lui faut au moment où il le lui faut. Quand on a dûment planifié un chantier, tout le monde se réjouit que «la première fois soit la bonne», sans ces surprises à pallier qui mangent le temps et génèrent des surcoûts. Pour cela, il faut accepter que le chantier démarre plus tard, la planification ayant pris le temps qu'il faut. Mais, in fine, c'est de l'argent et du temps gagné!

Les grandes tendances sous-jacentes

Ces délais raccourcis sont entre autres dû à l'urbanisation croissante qui fait que les chantiers sont encombrants dans les villes et source de problèmes logistiques pour les entrepreneurs. Le «superfast building» attendu nous pousse vers la préfabrication, l'automatisation et la robotisation. Et pour nourrir les robots, il faut de l'information' qui doit être bien gérée: retour au BIM!

Il y a aussi l'apparition de technologies nouvelles, ICT, impression 3D et autres. Un drone piloté numériquement peut, par exemple, être programmé pour faire de la maçonnerie en montant dans les airs des blocs (jusqu'à 35 kilos) dont le design les fait s'emboîter au millimètre près les uns sur les autres avec pour le drone, une tolérance de 5 cm dans son lâcher! Un drone peut aussi servir à pulvériser des façades et toitures en vue de démoussage, protection hydrofuge, ...

Les systèmes domotiques intégrés sont une autre tendance. Le soleil peut commander la ventilation de la maison et la fermeture des rideaux. Les télécommandes et télésurveillances permettent de gérer un bâtiment à distance. Les objets se mettent à parler entre eux et il faut qu'ils se communiquent la bonne information. L'ampoule qui s'allume peut, par exemple, dire au rideau «Ferme-toi!» selon un protocole BIM qui comprendra aussi la durée de vie et la consommation énergétique de cette ampoule. C'est ce genre de valeur ajoutée qui va permettre de justifier nos coûts et de survivre face à un environnement mondial de plus en plus compétitif, tout en préservant l'emploi et, bien souvent, en améliorant la sécurité.

Un Comité Technique au sens large

Le nouveau CT créé au CSTC est transversal, multi-métiers. Il comprend 70 membres, répartis en cinq groupes de travail très hétérogènes, pour représenter tous les acteurs de la filière: universités, entrepreneurs généraux, producteurs et distributeurs de matériaux, architectes, bureaux d'études, ' Donneurs d'ordre et promoteurs ont également été invités! Car c'est toute la filière qui est appelée à se digitaliser.

Le président Thomas Vandenbergh suggère que ces groupes de travail se réunissent une dizaine de fois par an pour définir les grands sujets à développer, en s'inspirant des «best practices» observées chez nos voisins, pour ne pas devoir réinventer la roue! Par exemple, il ne demandera pas au groupe de travail qui va plancher sur la «classification et codification des objets» d'inventer un nouveau système, mais plutôt de comparer ceux qu'ils connaissent et, s'il y a une opportunité de développement dans un sens ou l'autre, de se faire alors chapeauter par le CSTC, avec toute son expertise en la matière. Les groupes de travail fonctionneront un an ou deux sur tel ou tel aspect, pour être ensuite remplacés par d'autres.

L'information rassemblée sera accessible via le nouveau portail www.bimportal.be créé par le CSTC. Le BIM est d'ailleurs susceptible d'avoir bientôt ses propres normes officielles. Diverses publications du CSTC tenteront de supprimer certaines réticences existant encore à l'égard du BIM, particulièrement chez les plus petites et même les moyennes entreprises. Pourtant, même un tout petit artisan, s'il entre dans la démarche BIM, peut «créer un BIM à sa mesure!». Il ne doit surtout pas changer de métier, mais peut par exemple tenter d'identifier l'un ou l'autre problème récurrent dans sa pratique quotidienne. À partir de là, il intègre cela dans une maquette numérique pertinente et résout son problème, par exemple, par l'adoption de nouvelles pratiques ICT. Un artisan crée des pièces uniques qui, comme prototypes, peuvent être imprimées en 3D et modélisées. Mais il faut d'abord savoir que cela existe. Le CSTC et son nouveau CT seront là pour l'en informer et l'y sensibiliser!

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