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Nouveau tracé de la E420-N5 au sud de Charleroi

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Nouveau tracé de la E420-N5  au sud de Charleroi

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Le Gouvernement wallon a décidé de réviser le plan de secteur en vue d'inscrire un périmètre de réservation et un projet de tracé de la E420-N5 au sud de Charleroi. Ce périmètre et ce tracé vont à présent être soumis à une étude d'incidences environnementales. Cette première étape obligatoire sera effectuée par un bureau d'études indépendant sous le contrôle de l'Administration. Les conclusions de cette étude permettront au Gouvernement wallon de réévaluer et d'adapter le projet de tracé, avant le lancement de la consultation populaire et la sollicitation des avis requis.

Pour ce projet de tracé, les autorités wallonnes ont adopté une nouvelle stratégie abandonnant la vision d'une autoroute et de ses contraintes au profit de Voies Rapides urbaines. Le but est de faire de la N5 un véritable boulevard urbain, serpentant entre les zones d'habitat afin d'éviter une déchirure du paysage et des villages concernés. La mobilité de l'actuelle N5 sera maintenue pendant la durée des travaux.

Plus concrètement, la solution proposée par le ministre de la Mobilité, Carlo Di Antonio, inclut:

- une nouvelle liaison régionale à 2 voies de circulation par sens, entre le sud de Somzée (Walcourt) et le Bultia (Gerpinnes);

- un échangeur comprenant une voie par sens en relation avec le R3 côté Est, pour garantir la continuité de l'axe européen,

- une voie par sens en relation avec l'A503 côté Ouest, pour irriguer l'agglomération de Charleroi;

- un contournement de Somzée en 2 voies de circulation par sens;

-  un contournement du Bultia en 2 voies de circulation par sens;

-  la N5 réaménagée en boulevard urbain entre Somzée et Charleroi.

Intégration paysagère

 

Afin de limiter au maximum les impacts sonores et visuels de ce tracé, un soin particulier sera apporté à son intégration dans le paysage, notamment via un parcours semi-enterré et intégré. Ce tracé répond aussi à la nécessité d'une liaison efficace au sud de Charleroi qui constitue actuellement un véritable goulot d'étranglement vers la Ville, Bruxelles, Mons et Namur et d'inscrire la Wallonie dans le Réseau transeuropéen des transports (RTE-T).

L'objectif poursuivi est donc de désengorger durablement la N5 de Somzée à Couillet et son réseau parallèle afin de redonner une qualité de vie aux riverains et de garantir le développement économique du sud de Charleroi, d'autant plus que cette région ne peut être raccordée à la voie d'eau et que le réseau ferroviaire existant est et restera faible aux échelles régionale et suprarégionale. La verdurisation y occupera également une place centrale.

Historique

En Wallonie, les années 2000 à 2014 ont vu l'achèvement de plusieurs chantiers s'inscrivant dans le Réseau transeuropéen des transports (RTE) comme l'A8 reliant Bruxelles au Hainaut occidental, la liaison E25-E40 ou encore la réhabilitation des E411 et E25. L'E420 constitue un axe particulièrement important de ce RTE en termes d'infrastructures de grand gabarit sur l'axe central nord-sud. Au nord, cet axe comprend plusieurs liaisons autoroutières qui mettent en communication des villes comme Rotterdam, Amsterdam, Bruxelles et Charleroi. Au sud, des infrastructures du même type unissent Charleville-Mézières à Reims et Paris, Troyes à Dijon, à Lyon et à Marseille. Cet axe étant en construction du coté français, il est indispensable d'en finaliser le chaînon manquant.

'Faire aboutir un dossier vieux de plus de 30 ans.'

Aujourd'hui, l'autoroute A34, côté français, et le contournement de Couvin, côté belge, sont en voie de finalisation. L'absence de liaison efficace au sud de Charleroi, principalement entre Laneffe et le Grand Ring de Charleroi (R3) constitue un véritable goulot d'étranglement.

Cette liaison est à l'étude depuis plus de 30 ans sans avoir pu aboutir à ce jour. Dès la fin des années 80, il était question de construire une nouvelle autoroute à partir de Walcourt. D'année en année, l'urbanisation a rendu ce scénario impossible. En 2001, le Gouvernement wallon a décidé de mettre en révision les plans secteur de Charleroi et de Philippeville-Couvin en vue de l'inscription d'un projet de tracé d'une voie rapide à grand gabarit au sud de Charleroi sur le tronçon entre Charleroi et Somzée (E420). La décision du Gouvernement wallon portait alors sur l'inscription aux plans de secteur concernés de trois projets de tracés: un tracé «ouest», un tracé «central» et un tracé «est» et de leurs périmètres respectifs de réservation.

Les conclusions des études menées ont néanmoins démontré que le choix d'un tracé «ouest» ou «est» entraînait de facto une absence de solution pour la partie de l'agglomération non desservie et ne résolvait pas les problèmes de circulation.

Dans la Déclaration de Politique régionale 2009-2014, le Gouvernement wallon a ensuite adopté de nouvelles priorités pour ce dossier en prévoyant de mener à bien le projet de la sortie sud de Charleroi, au travers d'une liaison entre le rond-point «Ma campagne» et la sortie de la Blanche borne sur le R3 (deux fois une bande) et d'un complément d'étude d'incidences sur une trémie (deux fois une bande) sous le Bultia. Le trafic local et vers le centre de l'agglomération devrait, quant à lui, être amélioré par la création d'une nouvelle ligne de tram en site propre entre Nalinnes Bultia et Charleroi.

L'étude réalisée en 2013 pour concrétiser ce projet a abouti à la conclusion que la capacité de la N5 entre Somzée et le R3, principalement au niveau de la trémie sous le Bultia, ne permettrait pas, en l'état, d'écouler des flux correspondant aux capacités dégagées au sud. De plus, la réalisation de la trémie aurait eu de graves conséquences économiques. D'où la décision récente du Gouvernement wallon qui souhaite faire aboutir ce dossier vieux de plus de 30 ans avec une solution crédible et concertée.

 

 

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