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Pas de sécurité sans stabilité

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Pas de sécurité sans stabilité

Privé du soutien naturel que lui procurait le bâtiment contigu, cet immeuble devra, tant que nécessaire, être soutenu par des étançons métalliques qui, sur toute la hauteur, lui procureront un soutien équivalent.

© Nicolas Oldenhove

Lorsqu'on transforme ou rénove un édifice, il est souvent indispensable de mettre en place certains dispositifs provisoires de stabilisation pour garantir leur parfaite sécurité aux hommes - et femmes - appelés à travailler sur ce chantier. Étançons et étais sont là pour maintenir le bâtiment bien stable tandis que les garde-corps, échafaudages et autres dispositifs de protection sont destinés à empêcher les chutes de personnes. Le CSTC nous conseille ici quant à la mise en œuvre de ces dispositifs sécurisants.

Comment soutenir un mur ou un plancher?
Soutenir un mur ou un plancher par des étais à certains endroits permet de le soulager provisoirement de charges pouvant le déformer et provoquer une flèche excessive. Ces charges nouvelles peuvent provenir d'une démolition contiguë, de travaux en cours, du stockage de matériaux de chantier, ...
 

Instabilité potentielle d'une façade lors de la suppression d'un plancher de refend. Des profilés métalliques ancrés dans la façade mise à nu peuvent empêcher sa déformation.
Il existe sur le marché des étais télescopiques réglables en acier dont la capacité portante individuelle est définie en fonction, notamment, de leur longueur d'extension maximale. Par exemple, pour une dalle en béton de 20 cm d'épaisseur coulée in situ, on pourra prévoir des rangées d'étais de classe A40, espacées d'environ 1,5 m. L'écart entre les étais sera d'un mètre au sein de chaque rangée. Le support des étais doit lui-même être stable: s'il est, par exemple, constitué de pièces en bois superposées, celles-ci doivent être de plus en plus larges du sommet à la base et former entre elles une structure stable, non susceptible d'éclater à la première sollicitation...
 
Les charges véhiculées par les étais doivent être transférées vers les supports prévus (sous-structure spécifique, sol indéformable, fondations, …). Les étais doivent dès lors se superposer d'étage en étage pour éviter de solliciter des planchers ou dalles intermédiaires. 
 
Tous les étais doivent être mis en place avant le début des travaux. En fin de compte, quand l'ouvrage a une capacité portante avérée, on les retire de haut en bas. Les démolitions et transformations d'immeubles requièrent un étançonnement des structures à maintenir, comme les maçonneries. Les façades et murs mitoyens peuvent se retrouver isolés et instables vu la disparition des éléments de refend.
 
La hauteur libre d'un mur (hauteur entre deux planchers successifs) est doublée par la démolition d'un plancher intermédiaire. Le mur en devient quatre fois plus sensible au flambage et environ seize fois plus déformable par le vent. Il faut alors étançonner avec des profilés métalliques (poutrelles UPN, épingles, …) ancrés dans les murs transversaux ou les planchers existants s'ils sont suffisamment rigides. Sinon, d'autres solutions sont possibles: structure triangulée externe (éventuellement lestée), tripodes métalliques, tours d'étaiement, …
 
Stabilité des échafaudages et garde-corps
Après avoir stabilisé les murs et planchers, toutes les précautions de sécurité ne sont pas encore prises. Les travailleurs eux-mêmes doivent être prémunis contre tout risque de chute. Il existe des équipements de protection adéquats.
 
De plus, les attaches reliant le parement en briques à la maçonnerie portante sont sensibles au flambage, comme l'a prouvé le CSTC. Dès lors, les échafaudages et garde-corps peuvent déstabiliser ce parement en venant s'y accrocher. Il vaut donc mieux les ancrer dans les parois porteuses - bétonnées ou autres - en respectant les conseils du fabricant. Enfin, les conditions de prise du mortier (température, humidité, durée) influencent de façon non négligeable la stabilité de la maçonnerie.

Un échafaudage attaché au seul parement peut déstabiliser ce dernier. Pour assurer une meilleure stabilité à l'échafaudage, mieux vaut le relier au mur porteur (© photo: Nicolas Oldenhove).
Références:
Article «Veillez à la sécurité sur vos chantiers» publié dans le CSTC-Contact, janvier-février 2022 et consultable via ce lien. Seul ce texte original - écrit par J.-F. Rondeaux, chef de projet au laboratoire «Structures et systèmes de construction» du CSTC - peut être cité en référence.
 
Victor Vicour
 

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