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Prix Pritzker 2018: Balkrishna Doshi honoré

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Prix Pritzker 2018: Balkrishna Doshi honoré

Balkrishna Doshi, un jeune homme de 91 ans. (© Courtesy of The Pritzker Architecture Prize/Vastushilpa Foundation)

«La valeur n’attend pas le nombre des années». «Mieux vaut tard que jamais», etc. En décernant, le 7 mars 2018, son prestigieux prix à l’architecte indien, Balkrishna Doshi, le jury du Prix Pritzker à non seulement honoré ce premier architecte indien, mais aussi le plus vieux professionnel en service puisque Balkrishna Doshi est âgé aujourd’hui de 91 ans!

Créé en 1979 par  Jay Pritzker, un homme d’affaires américain (c’est à lui qu’on doit la création de  la chaîne d'hôtel Hyatt en 1957) et sa femme Cindy Pritzker, le prix qui porte son nom est aujourd’hui communément considéré comme le «Nobel» de l’architecture.

Présidé, cette année, par l’Australien Glenn Murcutt, lui-même lauréat en 2002, le jury du Prix a donc récompensé pour la première fois un architecte indien, lequel est aussi devenu le doyen des lauréats. Balkrishna Doshi, outre qu’il a lui-même participé aux jurys des Prix Pritzker de 2005 à 2009, ce qui constitue en soi une certaine consécration, a déjà remporté plusieurs récompenses prestigieuses dont l’Aga Khan for Architecture, en 1996, et le Global Award for Lifetime Achievement for Sustainable Architecture en 2007. En 2011, il s’est également vu épingler la médaille d’officier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le consul de France à Bombay.

Alors, pourquoi seulement maintenant, sachant que Balkrishna Doshi est actif depuis les années 1950 et que son œuvre est connue et saluée par les professionnels du monde entier depuis des lustres?

Le Corbusier, un gourou au sens indien du terme

Balkrishna Doshi est né le 26 août 1927 à Pune, en Inde. En 1947, année de l’indépendance de l’Inde, il entre à l’école d’architecture Sir J.J. de Bombay puis intègre l’École Polytechnique de Londres avant de travailler durant trois ans dans l’atelier de Le Corbusier dont il fut à la fois l’un des plus grands admirateurs et le dernier collaborateur.

Pas d’architecture durable si elle ne répond pas à des impératifs sociaux et environnementaux.

En 1962, il fonde l’école d’architecture d’Ahmedabad, qu’il considère comme un «sanctuaire de la culture», puis, 10 ans plus tard, il ouvre le Centre for Environmental Planning and Technology dont il conçoit les plans. Ce dernier projet est symbolique de la démarche de Balkrishna Doshi qui a, dès le départ, fait de l’environnement et de la construction «durable» (un concept qu’il a mis en œuvre bien avant que le terme soit mis à toutes les sauces) le fil rouge de son œuvre architecturale.

Il a apporté sa contribution à la crise du logement en Inde

Très engagé socialement, il a également voulu apporter sa contribution à la crise du logement en Inde avec, notamment, l’impressionnant complexe de logements Aranya à Indore, dans l’État du Madhya Pradesh, dont les 6.500 habitations abritent aujourd’hui pas loin de 80.000 personnes.

Pour lui, comme il l’a d’ailleurs rappelé le 7 mars dernier, «l'architecte peut transformer les abris en maisons, l'habitat en communautés, et les villes en un aimant à opportunités». Une ligne dont il n’a jamais dévié. Sans oublier le lien à la nature qui lui vient, d'après le communiqué de presse diffusé par la Fondation Pritzker, d'impression d'enfance. «Tous les éléments autour de nous, et la nature elle-même – les lumières, le ciel, l'eau et la tempête – tout est comme une symphonie. Et cette symphonie représente tout ce qu'est l'architecture. Mon travail est l'histoire de ma vie, évoluant continuellement, changeante, occupée à chercher... Chercher pour faire oublier le rôle de l'architecture et se concentrer uniquement sur la vie.»

Le Jury du Pritzker 2018 n’a pas seulement récompensé un formidable architecte, il a aussi honoré un très grand Monsieur.

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