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Projet Biolix: la Wallonie produisait des métaux, désormais elle les recycle

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Projet Biolix: la Wallonie produisait des métaux, désormais elle les recycle

Avec le procédé Biolix, les résidus issus du broyage de véhicules hors d’usage, de déchets d’équipements électriques et électroniques et de ferrailles peuvent être valorisés sous formes de cathodes pures à 99,99%! (© Groupe Comet)

Jusqu’à aujourd’hui, les technologies de recyclage traditionnelles ne permettaient pas à Comet Traitements (l’unité de valorisation des résidus de broyage de métaux ferreux du groupe Comet) de récupérer tout le cuivre présent dans les déchets électriques et électroniques, ainsi que dans les véhicules hors d’usage que la société recycle. Mais grâce à la concrétisation du projet Biolix, c’est désormais possible.

La valorisation des résidus de broyage des déchets métalliques fait, de longue date, partie des objectifs du groupe Comet. C’est dans ce but qu’en 2002 déjà, a été créée la filiale Comet Traitements avec pour objectif de réduire le pourcentage de résidus de broyage de métaux ferreux échouant en centre d’enfouissement technique.

 Pour ce faire, Comet Traitements a développé et industrialisé des procédés de traitements innovants lui permettant de mettre sur le marché des matières premières issues du recyclage des métaux ferreux et non-ferreux, des matières plastiques pouvant réintégrer le secteur automobile, des oxydes de fer, du sable de substitution, etc.

Ces technologies satisfont largement les objectifs européens en termes de taux de valorisation et ont permis de positionner le groupe à la pointe du secteur.

Avec le procédé Biolix, Comet va pouvoir aller encore un pas plus loin.

Biolix, par Toutatis!

La technologie Biolix, soutenue par le Plan Marshall (pôle de compétitivité MécaTech) et l’Union européenne (ECO-Innovation), a nécessité rien moins que 6 ans de recherche et de développement.

Bon, mais de quoi s’agit-il?

En l’occurrence, des résidus issus du broyage de véhicules hors d’usage (VHU), de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) et de ferrailles sont plongés dans un bain d’acide aux propriétés spécifiques qui ont fait l’objet d’études intensives de la part du consortium de recherche. Seuls certains métaux dont le cuivre sont sélectivement dissous (principe de lixiviation). Après extraction des impuretés et purification du liquide riche en cuivre, ce dernier est déposé électriquement sous forme de plaques – des cathodes – d’une pureté exceptionnelle de 99,99%! Ces cathodes pourront trouver leur place, en substitution du cuivre primaire, dans des applications classiques pour divers secteurs d’activité tels que l’industrie de la construction ou de l’équipement électrique et électronique (câbles, circuits imprimés,…).

Désormais totalement au point, le procédé Biolix, validé au laboratoire GeMME de l’ULg, va franchir le cap de l’industrialisation. Le Conseil d’administration de Comet Traitements vient, en effet, de donner son feu vert pour la construction d’une unité de démonstration à Obourg, en Province du Hainaut. Coût de l’opération: 10,2 millions d’euros qui permettront, dès le premier semestre 2019, de produire 750 tonnes de cuivre pur à 99.99% par an et, incidemment, de recruter 14 nouveaux collaborateurs. En cas de succès, il est d’ores et déjà envisagé que cette unité fasse l’objet d’investissements complémentaires lui permettant d’adapter sa production au marché.

La Wallonie, une «Recycling Valley» au cœur de l’Europe

La Wallonie, qui se veut à la pointe dans le domaine du recyclage, est largement partie prenante dans ce projet dont le financement a été réalisé dans le cadre du programme «Reverse Metallurgy» de la Région wallonne, avec le soutien de la Sriw (Société Régionale d'Investissement de Wallonie), de la Sfpi (Société fédérale de participations et d'investissements) et de l’IMBC (Invest Mons-Borinage-Centre). En effet, outre Biolix, la Wallonie accueille plusieurs projets de recherches technologiques dédiés au recyclage de métaux. Ils sont basés sur un partenariat public-privé au sein du Pôle wallon Mecatech et doté d’un budget global de 65 millions d’euros et visent à positionner la Wallonie comme une «Recycling Valley» au cœur de l’Europe.

Reverse Metallurgy se profile également comme une communauté de la connaissance (KIC – Knowledge Innovation Community) qui permet à la Wallonie de jouer un rôle proactif au sein du réseau européen EIT Raw Materials, lequel rassemble 120 acteurs de la recherche, de l’industrie et de l’éducation en Europe.

Source: http://www.wallonia.be/fr

 

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