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RAVeL en Wallonie: 20 ans et 10 millions d'euros supplémentaires

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RAVeL en Wallonie: 20 ans et  10 millions d'euros supplémentaires

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A l'occasion des 20 ans du RAVeL, le ministre wallon des Travaux 'publics et de la Santé, Maxime Prévot, a présenté son Plan RAVeL.

Ce dernier vise à améliorer la qualité de ce réseau de voies lentes (balisage, entretien, asphaltage,') et prévoit la réalisation des 300 km de chaînons manquants prioritaires. D'où une enveloppe supplémentaire de 10 millions d'euros, soit 2,5 millions par an d'ici 2019, qui viennent porter le budget global à 32 millions. L'objectif est d'atteindre 1.700 km de RAVeL à cette date.

'Aujourd'hui, les RAVeLs comptent 1.400 km, dont 700 km d'anciennes lignes de chemin de fer désaffectées, 675 km de chemins de halage et 25 km de chemins forestiers.'

Au-delà de mettre en valeur le patrimoine ferroviaire et hydraulique, ce réseau de voies lentes est tout d'abord un réseau de modes doux, créateur de liens, accessible à tous et qui permet de (re)découvrir les bienfaits de la marche et du vélo.

Grâce à ce budget complémentaire, on aménagera de courts tronçons manquants, souvent inférieurs à 2 km sur des sections existantes. Les chaînons manquants à aménager permettront quant à eux de développer des itinéraires cyclables de longue distance, particulièrement sur les trois itinéraires internationaux qui traversent la Wallonie (la Meuse à Vélo, l'EuroVélo 3 - Saint Jacques de Compostelle - Trondheim (Norvège) et l'EuroVélo 5 - Londres ' Brindisi en Italie).

Les améliorations qualitatives consisteront en l'asphaltage de pré-RAVeLs existants, l'entretien extraordinaire du réseau existant, dont ses ouvrages d'art, la pose de signalisations ad hoc et de bornage kilométrique.

Economico-bucolique

Mais les réseaux RAVeL ont également de retombées économiques que le nouveau Plan entend stimuler. Aux Pays-Bas par exemple, en 2011, 289 millions d'euros ont été dépensés par les touristes à vélos en 2011. En France, le vélotourisme représente 2 milliards d'euros de chiffres d'affaires et 16.500 emplois. En Allemagne, près de 2,5 millions d'Allemands prennent chaque année 15 jours de vacances à vélo, ce qui représente 9,2 milliards d'euros de chiffres d'affaires, 186.000 emplois et 22 millions de nuitées.

Avec un réseau de voies lentes que d'autres pays nous envient et qui est traversé par trois itinéraires internationaux, la Wallonie possède donc les atouts nécessaires pour un développement économique local grâce au vélotourisme. La Communauté germanophone par exemple a déjà fait part de retours très positifs de la Vennbahn, le tronçon du RAVeL qui traverse l'Est de la Belgique sur 125 km entre Aix-la-Chapelle et Troisvierges au Luxembourg.

Par ailleurs, à l'instar de ce qui s'envisage pour les routes, le ministre Prévot souhaite également développer les «liaisons de l'emploi». Il s'agira de RAVeLs donnant accès à des pôles pourvoyeurs d'emplois (zonings, hôpitaux,'). Les usagers pourront dès lors les utiliser pour se rendre à leur travail en toute sécurité et convivialité.

20 ans festifs

A l'occasion des 20 ans du RAVeL, plusieurs actions de promotion ont été mises en place afin de valoriser ce réseau de voies lentes. Elles concernent par exemple la diffusion, sur les télés locales, des émissions «Les Chemins du RAVeL» qui évoquent l'histoire de l'infrastructure du RAVeL, la mise en valeur du patrimoine ferroviaire,' De même, la fameuse émission radio et TV «le Beau Vélo de RAVeL» qui rassemble chaque samedi entre 2.000 et 15.000 cyclistes met l'accent sur ces 20 années d'existence, un concours photos organisé par le Spw vise à immortaliser de bons moments passés sur le RAVeL (plus d'infos à ce sujet sur http://ravel.wallonie.be). Enfin, le ministre Prévot organisera un colloque sur les 20 ans du RAVeL les 16 et 17 octobre prochains à Namur. Il s'emploiera à baliser les perspectives d'avenir du réseau et de fêter dignement son anniversaire. Tous les acteurs des voies lentes de Wallonie seront invités tant en matière d'aménagement de l'infrastructure que de sa promotion.

Etat des lieux et un peu d'histoire

Le mot RAVeL est l'acronyme de Réseau Autonome de Voies Lentes. Il compte 1.400 km, dont 700 km d'anciennes lignes de chemin de fer désaffectées, 675 km de chemins de halage et 25 km de chemins forestiers.

Aujourd'hui, le RAVeL est une infrastructure de mobilité douce destinée aux usagers non motorisés, accessible à un très large public, qui favorise les déplacements quotidiens, qui encourage les déplacements de loisirs, vecteur du vélo-tourisme. Mais aussi la préservation de couloirs écologiques, la redécouverte du patrimoine wallon, la convivialité et le partage de l'espace public, la pratique d'une activité physique.

Les infrastructures utilisées sont les lignes de chemin de fer désaffectées, les lignes de tramways vicinaux désaffectées, les chemins de halage et de service le long des voies d'eau et des lacs de retenues et les itinéraires de liaisons (chemins agricoles, forestiers, de remembrement, voiries communales à faible trafic).

C'est en octobre 1995 que Michel Lebrun, alors ministre de l'Aménagement du Territoire et des Travaux publics, lance officiellement le programme RAVeL en Wallonie. Ce programme s'inscrit dans un mouvement européen de création de voies lentes dont la Wallonie fut pionnière. Ainsi, en mai 1997, s'est tenue à l'Abbaye de Val-Dieu à Aubel les «Premières Rencontres européennes du Trafic lent et des Chemins du Rail». C'est à cette occasion qu'il a été décidé de fonder l'Association européenne des Voies vertes (Aevv) dont l'assemblée constituante s'est tenue à Namur le 8 janvier 1998. Les statuts ont été signés par 17 représentants d'institutions, dont la Région wallonne, et d'associations de plusieurs pays européens.

En septembre 2000, l'Aevv a lancé la Déclaration de Lille dont le souhait est la création d'un «Réseau vert européen» réservé aux usagers non motorisés, combinant majoritairement des voies vertes permettant des itinéraires continus de grande distance et un maillage local pour le déplacement et les loisirs.

A cette occasion, la définition internationale des Voies vertes a été arrêtée: Voies de communication autonomes réservées aux déplacements non motorisés, développées dans un souci d'aménagement intégré valorisant l'environnement et la qualité de la vie, et réunissant des conditions suffisantes de largeur, de déclivité et de revêtement pour garantir une utilisation conviviale et sécurisée à tous les usagers de toute capacité. Un beau chemin parcouru en 20 ans'

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