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Réhabilitons les labels

«A chaque chose malheur est bon», dit le proverbe. Bien vu. Ainsi en va-t-il du scandale Volkswagen qui a vu la firme allemande équiper certains de ses véhicules d'un logiciel diminuant frauduleusement les émissions polluantes des moteurs diesel lors des contrôles d'homologation. Depuis, un lourd climat de suspicion frappe l'ensemble du secteur automobile. Et si Volkswagen n'était finalement que l'arbre qui cache la forêt' Seulement voilà, le secteur automobile n'est pas le seul à charrier des intérêts économiques tellement colossaux qu'ils finissent pas prendre le pas sur l'éthique la plus élémentaire. Et, après le scandale du logiciel tricheur de VW, c'est la consommation énergétique des téléviseurs Samsung qui a été mise en cause. Un article récent du journal The Guardian laisse ainsi entendre que des études indépendantes en laboratoire auraient mis en lumière une manipulation délibérée via le paramètre écologique du «motion lighting». Et même si, une fois n'est pas coutume, le magazine Test-Achats affirme n'avoir pas trouvé la moindre preuve de falsification dans le chef de Samsung lors de ses tests, il n'y a pas de fumée sans feu' Un autre adage bien connu.

D'ailleurs, désormais, tous les labels énergétiques des produits électroménagers sont sur la sellette. Et ce, d'autant plus que ce sont les fabricants eux-mêmes qui attribuent ces labels à leurs appareils. Selon Het Laatste Nieuws, six tests belges sur 10 ne seraient pas fiables... Quand ils ont lieu! Ainsi, en cinq ans, une centaine d'appareils seulement auraient été testés. Et quand ils sont menés, les contrôles du SPF Economie démontreraient qu'à peine 41% des écolabels mis à l'épreuve sont conformes à la réalité! Or, il est avéré que les labels constituent un véritable argument de vente et certains vendeurs les mettent en avant pour vendre des appareils plus coûteux.

Tout ça alors que, le 26 septembre dernier, la nouvelle réglementation sur l'étiquetage énergétique est entrée en vigueur pour l'ensemble des produits consommateurs d'énergie (générateurs de chaleur, préparateurs d'eau chaude et systèmes de chauffage) de puissance inférieure à 70 kW. Cette directive a pour objet d'apporter aux consommateurs plus de clarté sur la performance énergétique des appareils afin de guider leur choix vers les moins énergivores. Mais quelle crédibilité accorder à ces étiquetages dans le contexte actuel' Les labels et certifications n'ont d'autre importance que celle que leur accordent les consommateurs. Saper cette confiance revient à scier la branche sur laquelle les acteurs industriels sont assis. C'est éthiquement condamnable et économiquement suicidaire. Mais «à chaque chose malheur est bon». Et maintenant que le pot aux roses a été découvert, on peut songer à réhabiliter les labels.

Adie Frydman

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